mercredi, juin 14, 2006

Drawing Restraint 9

Je suis récemment allé voir le film Drawing Restraint 9 de l'artiste Matthew Barney, compagnon de la chanteuse islandaise Björk qui en a composé la bande originale. N'étant ni particulièrement fan de Barney ou de cinéma expérimental, mon intérêt pour ce film résidait principalement dans le fait qu'il a été tourné sur le navire-usine baleinier japonais Nisshin-maru.

Grossièrement, l'histoire évoque la rencontre et le mariage à la japonaise de deux invités occidentaux sur le navire-usine. Plusieurs éléments de la tradition japonaise sont évoqués au cours du film : l'emballage traditionnel de présents, une procession de danseurs tirant un camion citerne vers le port où est amarré le navire-usine, des pêcheuses de perles dites ama, une cérémonie du thé à bord du Nisshin-maru, etc.
De même, Björk a fait appel à des artistes japonais pour la bande-son tels que l'interprète de shô (orgue de bouche), Mayumi Miyata.

La chasse à la baleine japonaise, passée ou contemporaine, est également évoquée à plusieurs reprises. Ainsi, on trouve un paravent représentant une scène de chasse à la baleine d'un kujiragumi à la période d'Edo dans l'une des salles du navire-usine. Un peu plus tard, les marins japonais s'adonnent à un jeu consistant à lancer un harpon sur une maquette en forme de baleine (ce qui rappelle de nombreuses fêtes matsuri pratiquée encore de nos jours au Japon). Et lorsqu'une immense colonne d'ambre gris est tiré un peu à la façon d'une baleine sur le pont du Nisshin-maru, les marins japonais ouvrent un tonneau de saké pour célébrer la capture, là encore en référence aux kujiragumi d'Edo.
On peut également observer la façon dont est pratiquée la chasse scientifique à la baleine, de la traque et du harponnage jusqu'à la mesure et au dépeçage.

Il est également fait mention de l'actualité lors de l'unique scène de dialogue du film : le maître de thé présente à ses hôtes le navire-usine et explique que celui-ci a été percuté en 1999 par un ancien bateau de chasse au phoque nommé Arctic Sunrise. Bien sûr, la plupart des spectateurs ne savent pas qu'il s'agit là d'un incident au cours duquel un bateau de Greenpeace (l'Arctic Sunrise) a harcelé et légèrement endommagé le flanc du Nisshin-maru. Etrangement, le même incident s'est reproduit au début de cette année, lors de la campagne de chasse scientifique japonaise en Antarctique.

Pour anecdote, le maître de thé explique que le Nisshin-maru est en fait le 4ème navire-usine baleinier japonais portant ce nom. A l'origine, il s'agissait du nom donné aux navires-usines de la compagnie Taiyô Gyogyô. Le navire actuel, qui est affrété par Kyôdô Senpaku, devrait se nommer Daishi nisshin-maru, mais le chiffre "quatre" (shi) étant de mauvaise augure, car homophone du mot "mort" (shi) en japonais, on l'appelle simplement Nisshin-maru.

Bien qu'il s'agisse d'un film atypique et assez déroutant, je recommande d'aller le voir, ne serait-ce que par curiosité.

1 commentaire:

Jorge Gajardo Rojas a dit…

I am against whales dead by japonese ships.We the chilean care our whales because the lives in our seas.Is not as civilized issue this bussines.The Whales are also chileans.