Bien que la série "Whale-Love Wagon" de Greenpeace se soit achevée il y a environ deux mois, cette ONG a fait appel à un animateur japonais pour créer un dessin animé contre la chasse à la baleine au Japon. Ce court-métrage d'animation s'intitule "Man & Whale" ("kôchô-sensei to kujira 校長先生とクジラ" en japonais). Il nous raconte l'histoire d'un directeur d'école qui est hanté par la dette qu'il a envers les baleines qui ont fournis des protéines animales au Japonais lors de la période de disette, au sortir de la guerre. Lorsqu'il voit une baleine échouée sur la plage située non loin de son école, il accourt pour sauver l'animal. Le message de Greenpeace est simple : les baleines nous (Japonais) ont aidé autrefois, à notre tour de les aider. (La traduction en anglais (les sous-titres) est au passage plus qu'approximative)
Je doute que les gens de Greenpeace Japan soit ignorants à ce point, mais ce film ferme tout simplement les yeux sur le fait que les Japonais ont organisé et continuent encore aujourd'hui d'organiser des rituels funéraires en l'honneur des baleines capturées. Celui organisé tous les ans à Nagato (département de Yamaguchi) est l'un des plus connus au Japon. De même, comme je l'ai déjà évoqué, on trouve également des monuments érigés à la mémoire des cétacés en divers lieux du Japon tels qu'à Katsuyama. Ces pratiques expriment la gratitude des habitants des régions baleinières japonaises envers les baleines pour les ressources qu'elles leur ont apportées.
Toutefois, si on prolonge le raisonnement du dessin animé de Greenpeace, il faudrait arrêter de pêcher de nombreuses espèces de poissons car ils nous ont rendu un sacré service depuis des centaines, voire des milliers d'années. En bref, on a là un bel exemple de la réthorique de Greenpeace qui consiste à désinformer les gens, si ce n'est pas à leur laver la cervelle...lire la suite>>
mercredi, juin 06, 2007
"L'amour des baleines" de Greenpeace - 11
Libellés : désinformation, Whale-Love Wagon
samedi, mars 31, 2007
"L'amour des baleines" de Greenpeace - 9 et 10
La série de Greenpeace s'est conclue jeudi dernier (le 29 mars). Les deux derniers épisodes emmènent les reporters de Greenpeace, Ivan Rigual et Koinuma Yuki à Zamami (département d'Okinawa). Là, ils rencontrent un pêcheur à la retraite, M. Miyahira Hideaki qui leur explique que les baleines avaient quasiment disparu des eaux au large de cette île dans les années 1950. Depuis, les baleines ont recommencé à augmenter et une industrie de tourisme baleinier (whale-watching) s'est développée à Zamami.
L'objectif principal d'Ivan et de Yuki, c'est d'aller voir des baleines, chose qu'ils font dans le 10e et dernier épisode. Après ça, ils font le point sur ce que les rencontres et découvertes qu'ils ont faites durant ces 10 semaines leur ont apporté. Ce qu'ils retiennent, c'est que les Japonais n'ont pas tous la même relation avec les baleines : certains les mangent, d'autres préfèrent les regarder. Il faut noter qu'ils évitent de porter un jugement sur la premiere catégorie. C'est une bonne chose. Toutefois, on peut regretter que de nombreux aspects socioculturels de la chasse à la baleine au Japon aient été ignorés ou abordés de façon très superficielle.
Le site devrait continuer d'exister, malgré la fin de la série.
P.S. :
Suite de l'affaire concernant la venue au Japon d'un navire de Greenpeace, l'Esperanza. Il semble que le syndicat des marins japonais ait reussi à faire pression sur l'agent que Greenpeace avait mandaté pour remplir les procédures d'entrée dans le port de Tôkyô. Résultat, l'Esperanza reste au large du Japon et l'événement "portes ouvertes" que Greenpeace prévoyait d'y organiser a été annulé. La porte-parole de l'ONG, Sara Holden aurait critiqué les autorités japonaises, dénonçant ce qu'elle appelle une "atteinte à la liberté d'expression".
Pourtant, il semble que plusieurs membres de leur équipage, notamment la chef d'expédition Karli Thomas et le capitaine Frank Kamp, soient présents sur le territoire nippon où ils ont tenu une conférence de presse. Ils organisent également une intervention de deux de leurs membres demain (le 1er avril), dans un restaurant de Yokohama. La liberté d'expression de Greenpeace au Japon ne semble donc pas particulièrement menacée...lire la suite>>
Libellés : désinformation, Whale-Love Wagon
mercredi, mars 21, 2007
"L'amour des baleines" de Greenpeace - 7 et 8
La série de Greenpeace intitulée "Whale-Love Wagon" continue et deux nouveaux épisodes ont été mis sur le site les 8 et 15 mars derniers. Cette fois, Ivan et Yuki, les deux reporters "indépendants" de Greenpeace se rendent à l'Université de Science et de Technologie marine de Tôkyô. Là, ils rencontrent le Professeur Katô Hidehiro qui est un expert en cétologie.
M. Katô les guide vers une gallerie où est exposée le squelette d'une baleine franche de 17,1 mètres, le plus grand au monde. Ce que Greenpeace a oublié de préciser dans cette vidéo, c'est que la baleine franche en question a été capturée au large de l'Alaska en aout 1961 dans le cadre d'un programme de chasse scientifique conduit par le gouvernement japonais entre 1956 et 1968 en accord avec l'article VIII de la Convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine. Précisons également que bien que les baleines franches soient protégées depuis 1937, elles restent dans un état critique, notamment à cause des filets de pêches, des collisions avec des navires et de la pollution.
Près ce squelette de baleine, M. Katô explique donc grossièrement l'évolution et la biologie des baleines à Yuki et Ivan. Vu leur ignorance des cétacés en général (à Muroto, ils n'avaient pas été capables de reconnaître la statue d'une baleine à bosse), il me semble qu'il aurait sans doute été préférable de commencer cette série par ce 7e épisode.
Lors de l'épisode 8, M. Katô continue son explication en évoquant le rôle des régions polaires pour les baleines et les cycles migratoires des cétacés. Bizarrement, Greenpeace préfère se concentrer sur l'Antarctique alors que les baleines de l'hémisphere nord ne s'y rendent jamais. Cela s'explique sans doute par la présence de propagande très généraliste en-dessous des vidéos, sur le site de "Whale-Love Wagon". Comme d'habitude, le but n'est pas tant d'informer que de désinformer. D'ailleurs, l'encart publicitaire faisant appel aux dons en page d'accueil du site (en bas à droite) n'est pas là pour rien non plus.
J'ai également constaté quelque chose d'étrange en regardant la vidéo de l'épisode 7. En entrant dans la gallerie où se trouve le squelette de la baleine, Ivan et Yuki disent exactement la même chose, mot pour mot, que lorsqu'ils ont vu la statue de la baleine à bosse à Muroto. Est-ce que le son a été édité à cet endroit ? Mystère...
P.S. :
Il semble que l'un des navire de Greenpeace, l'Esperanza, soit en route pour le Japon où il devrait arriver fin mars. Le syndicat des marins japonais aurait demandé aux autorités d'interdire l'accès de ce navire aux ports nippons. Greenpeace a declaré vouloir inviter les dirigeants de l'Agence aux pêches et de l'Institut de recherche sur les cétacés à bord de l'Esperanza. Affaire à suivre...lire la suite>>
Libellés : Whale-Love Wagon
samedi, mars 03, 2007
"L'amour des baleines" de Greenpeace - 5 et 6
Les 22 février et 1 mars derniers, Greenpeace a diffusé deux nouveaux épisodes de son feuilleton internet intitulé "Whale-Love Wagon". Cette fois-ci, Yuki et Ivan nous emmènent à Muroto et rendent visite à un ancien canonnier (celui qui tire les harpons sur les baleines à bord d'un baleinier) qui s'est reconverti en opérateur de tourisme baleinier (whale-watching).
En arrivant à Muroto, les deux protagonistes "indépendants" de Greenpeace passent à côté du petit musée local dédié à l'histoire de la chasse à la baleine (Kiramesse Muroto - kujirakan isanogô) où se trouve un monument représentant une baleine à bosse. Pourtant, malgré tout l'intérêt qu'ils semblent avoir pour les baleines, Yuki et Ivan sont incapables de reconnaître de quelle espèce il s'agit. D'ailleurs, ils n'ont apparemment pas visité ce petit musée qui leur aurait permis de mieux connaître la relation des gens de Muroto avec les baleines.
Ils se rendent donc au domicile de M. Nagaoka Tomohisa (75 ans) qui a pris part aux campagnes de chasse à la baleine en Antarctique pendant 20 ans dont 16 en tant que canonnier. Après avoir montré diverses photos de cette époque, M. Nagaoka explique à Yuki et Ivan dans quelles conditions on chassait les baleines alors. Il mentionne notamment les systèmes de Whaling Olympics (Olympiades baleinières) et de Blue Whale Unit (Unité baleine bleue). Ces mesures mises en place par la Commission baleinière dès la fin de la Seconde Guerre Mondiale établissaient un quota global (16.000-15.000 BWU jusqu'en 1962-63) pour toutes les nations calculé en fonction des équivalences de la quantité moyenne d'huile pouvant être extraite des différentes espèces de grands cétacés (sauf le cachalot). Il va sans dire que ces mesures qui n'ont été abolies respectivement qu'en 1962 et 1972, ont eu un effet désastreux sur les populations de grandes baleines.
Dans son entretien avec les deux jeunes gens, M. Nagaoka exprime son regret quant aux massacres qui ont eu lieu dans le passé. C'est un sentiment partagé par la plupart des gens qui ont pris part aux campagnes de chasse à la baleine à cette époque (années 1950-60). Selon certains témoignages, la concurrence entre les différentes flottes baleinières était telle que les baleiniers utilisaient parfois les cadavres des baleines comme "pare-chocs" pour gagner du temps et les carcasses ne pouvant être complètement dépecées étaient rejetées à l'eau. Heureusement, ce genre de chose ne peut plus se produire aujourd'hui.
M. Nagaoka profite désormais de l'excellente connaissance des cétacés qu'il a acquise durant sa carrière pour organiser des excursions de tourisme baleinier. C'est ce que les opposants à la chasse à la baleine promeuvent comme substitut à la chasse à la baleine. Il n'est donc pas étonnant que Greenpeace souligne le cas de M. Nagaoka. Mais outre le fait que le tourisme baleinier pose également des problèmes, il n'est pas forcément incompatible avec la chasse à la baleine comme l'indique Segi Shio dans un article publié en 2003 dans le bulletin de la CPS. En fait, il aurait été intéressant de savoir si M. Nagaoka mange de la viande de baleine...lire la suite>>
Libellés : Whale-Love Wagon
jeudi, février 15, 2007
"L'amour des baleines" de Greenpeace - 3 et 4
Pendant que Sea Shepherd joue aux auto-tamponneuses contre les navires de la flotte baleinière japonaise en Antarctique, Greenpeace continue son approche "soft" de la question avec son feuilleton "Whale-Love Wagon". Lors du 3e épisode qui a été rendu publique jeudi dernier (8 février 2007), Ivan et Yuki sont conviés par deux grand-mères qu'ils ont rencontrées à Kyonan, à goûter des plats à base de viande de baleine. Avant de manger de la baleine frite, Ivan ne peut s'empêcher de dire que ça lui fait un peu peur car c'est la première fois qu'il y goûte. L'une des deux grand-mères le rassure en lui disant que c'est bon. Après avoir vaincu ses craintes, il répond à la dame que c'est effectivement bon...
Et c'est là que le problème se pose pour Greenpeace parce qu'apparemment, certains supporters de l'ONG ne sont pas d'accord avec le fait qu'un membre de Greenpeace mange de la baleine et dise que c'est bon. Greenpeace précise que Yuki et Ivan sont indépendants de l'ONG. Ben oui, mais "Whale-Love Wagon" est quand-même orchestré par eux non ?
Toujours est-il que sur le blog de "Whale-Love Wagon", Ivan a précisé qu'il n'aimait pas la viande de baleine. Pourtant il a dit qu'il avait trouvé ça bon aux deux dames, non ? C'était sans doute par politesse, alors...
De toute manière, la conclusion d'Ivan et Yuki devant les tombes dédiées aux baleines que les gens du kujiragumi de Katsuyama ont érigées autrefois, c'est que "la viande de baleine est consommée par des personnes âgées nostalgiques". Comme quoi on continue notre ballade dans les généralisations. Mais attendez, le quatrième épisode vaut le coup d'œil aussi.
Cette quatrième partie de "Whale-Love Wagon" emmène Ivan Rigual et Yuki Koinuma dans le port de Ônishi (ville d'Imabari, département d'Ehime). Là, des habitants ont sauvé un baleineau qui s'était échoué sur la plage trois ans auparavant. Un pêcheur ayant pris part au sauvetage explique donc à nos deux touristes comment ils s'y sont pris pour retourner l'animal à la mer. Et là, on a le droit à une question super-pertinente d'Ivan : "Lorsque vous avez découvert la baleine sur la plage, personne n'a proposé de la manger ?". Le pêcheur a répondu que non.
Conclusion de Yuki et Ivan : les Japonais aussi aiment les baleines et ne pensent pas qu'à les manger. C'est vrai qu'on aurait pu croire que les Japonais étaient des balénivores psychopathes... Heureusement que Greenpeace est là pour nous dire la "vérité".
Ce qui est intéressant sur le site de "Whale-Love Wagon", c'est que les vidéos sont accompagnées de propagande greenpeacienne qui n'a généralement pas grand rapport avec le contenu de ces premières. Cette fois-ci, on nous explique que les stocks de viande de baleine continuent d'augmenter car il n'y aurait pas de demande pour ce produit au Japon. Ca, c'est la nouvelle croisade de Greenpeace. On veut nous faire croire que les Japonais ne veulent plus de la viande de baleine. Pourtant, si l'on en croit les analyses de David @ Tokyo, la consommation de viande de baleine a augmenté d'environ 40% entre décembre 2005 et décembre 2006.
Alors que l'arrivage de viande de baleine est passé de 5832 tonnes en 2005 à 8950 tonnes en 2006 du fait de l'augmentation du quota de chasse en Antarctique (400 +/-10 rorquals de Minke jusqu'en 2005 contre 850 +/-10% rorquals de Minke et 10 rorquals communs à partir de 2006), la quantité de viande stockée à la fin décembre 2006 (3904 tonnes) n'a augmenté que de 393 tonnes par rapport au même mois de l'année précédente (3511 tonnes). Autrement dit, la quantité de viande sortant du stock est passée de 5955 tonnes en 2005 à 8558 tonnes en 2006. Cela signifie que la consommation a augmenté en réponse à l'offre, contrairement à ce que Greenpeace veut nous faire croire.
Mise à jour (17 février 2007) :
L'Affaire "Greenpeace mange de la baleine" continue de faire des vagues au sein des protecteurs des cétacés. Cette fois-ci, Sea Shepherd critique sévèrement Greenpeace après que les deux protagonistes de "Whale-Love Wagon" aient dégusté de la viande de baleine, consiférant que ces derniers "ont trahi les baleines". Rappelons que Paul Watson, fondateur et président de Sea Shepherd, est l'un des co-fondateur de Greenpeace. Il a quitté cette ONG du fait de désaccords quant aux stratégies de Greenpeace qu'il trouvait trop pacifistes.
Emiliano Ezcurra, un activiste de Greenpeace responsable de cette nouvelle campagne, aurait déclaré que Greenpeace "n'avait pas de problème avec la culture japonaise et le fait de manger de la baleine" et précisé que l'ONG ne s'opposait pas à la chasse côtière, mais à celle en Antarctique. Les Norvégiens et les Islandais qui ne chassent les baleines que près de leurs côtes seront rassurés de savoir cela...lire la suite>>
Libellés : désinformation, Whale-Love Wagon
jeudi, février 01, 2007
"L'amour des baleines" de Greenpeace - 2
Suite au premier épisode du nouveau "feuilleton" de Greenpeace, j'étais
plutôt sceptique quant à la suite des tribulations d'Ivan et Yuki au Japon dans leur "Whale-Love Wagon". A ma grande surprise, pour le second épisode qui a été rendu publique aujourd'hui, ils ont décidé d'aller dans la ville de Kyonan, au sud de la péninsule de Bôsô (département de Chiba). Le port de cette ville s'appelait autrefois Katsuyama et avait été le siège à la période d'Edo d'un kujiragumi organisé par le seigneur local, Daigo Shinbê que j'ai évoqué précédemment.
Sur le site de "Whale-Love Wagon", on peut trouver une très brève et simpliste présentation de l'histoire de la chasse à la baleine au Japon. L'intention première, c'est à dire faire connaître la chasse à la baleine au Japon, me semble plutôt bonne, mais je crains que le but ultime ne soit d'appuyer les messages de Greenpeace sur ce sujet, du genre "les Japonais n'ont plus besoin de chasser des baleines de nos jours". Déjà, certaines déductions de Yuki et Ivan vont dans ce sens. Lorsqu'un habitant de Kyonan leur explique qu'autrefois, il achetait de la viande tous les jours parce que c'était bon marché, ils en concluent que les gens de cette ville mangeaient de la baleine parce que c'était pas cher. C'est faire peu de cas des coutumes alimentaires de cette région.
Apparemment, leur voyage à Kyonan se poursuit dans le troisième épisode de "Whale-Love Wagon". Je me demande si Yuki et Ivan vont aller jusqu'à Wada, non loin de là, voire rencontrer le patron de la société baleinière Gaibô Hogei. On saura ça le 8 février.
Mise à jour :
En re-regardant la vidéo, j'ai constaté quelque chose de révélateur de la mentalité des opposants à la chasse à la baleine. Lorsque Ivan et Yuki se trouve près de la tombe de Daigo Shinbê Sadaaki, sur le mont Daikoku, ce premier pose une question à M. Saso Hiroki quant à la consommation de viande de baleine dans cette région. Ivan dit "les Espagnols, les Européens, en bref, les étrangers ("gaijin", non-Japonais), ne mangent pas de baleine". Il me semble que les Norvégiens et les Islandais qui mangent de la baleine, sont eux aussi des Européens. De même, il existe de nombreux autres peuples en dehors du Japon qui chassent les baleines et se nourrissent de leur chair.
En outre, lorsque les Basques ont commencé à chasser les baleines franches dans la baie de Biscaye au 9e siècle, ils consommaient également la viande des cétacés, et avaient même une préférence pour la langue. Cette coutume a disparu du fait de la raréfaction des baleines franches près des côtes, obligeant les baleiniers basques à naviguer de plus en plus loin, durant de longs voyages en mer. La conservation de la viande de baleine étant difficile en ces temps-là, l'objectif de la chasse s'est alors concentré sur la production de l'huile.
..lire la suite>>
Libellés : désinformation, Whale-Love Wagon
jeudi, janvier 25, 2007
"L'amour des baleines" de Greenpeace
Aujourd'hui, 25 janvier 2007 marque le début d'une nouvelle campagne de Greenpeace pour "convaincre" les Japonais d'arrêter de chasser les baleines. Leur stratégie : un jeune aikidoka espagnol et une jeune illustratrice japonaise qui vont parcourir l'archipel a bord d'un van appelé "Whale-Love Wagon" (en anglais) et "くじラブ・ワゴン" (en japonais) et poser des questions aux Japonais. Autrement dit, Greenpeace surfe sur la vague "trendy" en reprenant plus ou moins le concept d'une émission de TV-réalité japonaise populaire ("Ainori あいのり").
Bien que le site soit ouvert depuis quelques jours, ce n'est qu'aujourd'hui que la première vidéo des pérégrinations d'Ivan Rigual et Yuki Koinuma a été rendue publique. Le site est en japonais et en anglais, mais on peut trouver quelques différences (et aussi erreurs de traduction, probablement) entre les deux versions. Par exemple, dans le message de Greenpeace à l'ouverture du site, on nous dit en anglais que "quasiment toutes les nations ont changé leur perception quant à la valeur des baleines, ne les considérant plus comme des proies mais telles des ressources marines à protéger", alors qu'en japonais le même message explique que "l'ensemble de l'humanité a changé sa perception quant à la valeur des baleines, ne les considérant plus comme des proies mais telles des ressources marines a protéger". N'en deplaise à Greenpeace, il y a grande différence de sens entre ces deux passages...sans parler du fait que les pays opposés à la chasse à la baleine doivent être au maximum une trentaine au sein de la CBI, ce qui ne constitue certainement pas "l'ensemble de l'humanité" ou "la plupart des nations du monde".
Lors de ce premier épisode de "Whale-Love Wagon", Ivan et Yuki questionnent des gens au hasard à Shibuya, l'un des quartiers à la mode de Tokyo. La majorité des gens interrogés ont moins de 30 ans, si ce n'est pas moins de 25. Les questions sont du genre "qu'évoque pour vous le mot baleine ?" ou "saviez-vous que le Japon conduit des campagnes de chasse scientifique ?". Les conclusions de ce micro-trottoir : les Japonais (de Shibuya) savent que les baleines sont de grands mammifères (sans en connaître précisément les dimensions), mais ignorent pour la plupart que leur pays conduit une chasse à la baleine ayant pour but de recueillir des informations sur les populations de cétacés. Honnêtement, il n'y avait pas besoin d'aller poser ces questions aux djeuns' de Shibuya pour deviner ces faits.
J'imagine que la seconde partie de cette campagne de Greenpeace sera de "désinformer" le public japonais. Ils n'ont rien de plus constructif à faire, j'imagine. Personnellement, je leur conseillerais d'aller dans des lieux comme Wada ou Ayukawa...mais les conclusions risquent de ne pas être celles qu'ils souhaitent...lire la suite>>
Libellés : désinformation, Whale-Love Wagon
