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mardi, septembre 07, 2010

Petits pois et bacon de baleine II - le verdict !

Le couperet est tombé : le tribunal régional d'Aomori a rendu son verdict quant au procès des deux activistes de Greenpeace Japan accusés d'avoir volé un colis contenant de la viande de baleine dans un centre de tri de la compagnie Seinô. Ils ont été reconnus coupables et condamnés à un an de prison avec sursis pour une période de trois ans. C'est à mon avis une très bonne nouvelle. Il est juste dommage que Sato et Suzuki n'aient pas écopé de peines de prison ferme étant donnée leur absence totale de remords.

Greenpeace défendait l'action de ses deux activistes en prétextant qu'ils avaient cherché à obtenir la preuve d'un soi-disant détournement de viande de baleine par des membres d'équipage du Nisshinmaru, le bateau-mère de la flotte de recherche japonaise sur les cétacés. Pourtant, comme je l'ai évoqué précédemment, le parquet de Tokyo avait abandonné les charges qui pesaient sur les marins japonais faute de preuves concluantes, et cette décision avait été confirmé par un comité d'enquête composé de civils indépendants et chargé d'examiner l'enquête du procureur suite à un appel fait par Greenpeace Japan.

Autrement dit, toute l'argumentation de Greenpeace reposait sur une soi-disant affaire de détournement de viande de baleine qui, à défaut d'avoir été démontrée, n'existe vraisemblablement pas. L'ONG pseudo-écologiste prétend que les deux activistes japonais ont agi dans l'intérêt du public en cherchant à dévoiler des pratiques illégales, mais il est clair que l'effraction et le vol qui ont été commis dans ce but ne pourraient être tolérés et justifiés. Autrement, n'importe qui pourrait entrer chez autrui et subtiliser des biens dans le but de faire "justice".

Il s'agit d'ailleurs d'un problème de ce qu'est la justice dans cette histoire. Greenpeace, une ONG clairement opposée à la chasse à la baleine (sans aucune raison scientifique valable, par ailleurs), pouvait-elle vraiment être neutre et objective dans cette histoire ? Dès le début, la soi-disant affaire de détournement de viande de baleine a été exploitée comme un moyen de diffamer les programmes de recherche scientifique conduits par le Japon sur les cétacés. Greenpeace a d'ailleurs monté une importante campagne médiatique à ce sujet, à commencer par la conférence de presse qu'elle avait organisé le jour même où elle avait porté plainte au parquet de Tokyo, en mai 2008.

Il est d'ailleurs intéressant de constatéer que les informations diffusées en anglais par l'ONG était souvent abrégées telles que dans le pamphlet qui avait été préparé le jour où tout a commencé et dans lequel la référence faite par leur informateur au sujet des cadeaux reçus par les membres d'équipages japonais avait tout simplement été omise (voir ici). De la même manière, Greenpeace n'a jamais annoncé la décision du comité d'enquête de confirmer celle du procureur de Tokyo dans les médias de langues européennes. On peut penser que toute cette mascarade avait été orchestrée afin de mobiliser les dons des sympathisants occidentaux plutôt que de convaincre l'opinion publique japonaise de la nécessité de stopper la chasse à la baleine. D'ailleurs, je ne vois pas comment ils osent se plaindre que le procès et le traitement de leurs activistes aient pu nuire à leur liberté d'expression au vu de tout le charivari qu'ils ont fait.

Sato et Suzuki ont d'ores et déjà annoncé qu'ils feront appel de la décision du tribunal d'Aomori. Greenpeace, qui avait déjà préparé des banderolles avant même avoir connaissance du verdict, a d'ailleurs réclamé que le gouvernement japonais lance un enquête indépendante sur le soi-disant détournement de viande de baleine... mais c'est vite oublier qu'un comité indépendant a déjà statué à ce sujet. Autrement dit, le cirque médiatique de cette ONG continue aux frais des contribuables japonais.
J'espère que la Cour d'appel confirmera la décision du tribunal d'Aomori, et qui sait, lèvera le sursis pour envoyer ces deux fanfarons arrogants derrière les barreaux.

Moi, je vais fêter ça dignement avec du bacon de baleine :)
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lundi, avril 26, 2010

Petits pois et bacon de baleine II - le retour !

Loin de moi l'idée de faire une série sur l'affaire du soit-disant détournement de viande baleine par des membres d'équipage du Nisshinmaru, mais il y a eu du nouveau ces dernières semaines. Je vais donc faire un résumé des événements récents. Si vous avez raté le début du film, vous trouverez un résumé ici et .

Après de longs préparatifs, le procés des deux activistes de Greenpeace Japan accusés de vol et d'intrusion, Jun.ichi Satô et Tohru Suzuki, a commencé le 15 février dernier. Etrangement (quoique ?), c'est également le jour qu'a choisi un membre de l'organisation rivale Sea Shepherd pour abordé illégalement un navire de la flotte de recherche japonaise. Les deux activistes de Greenpeace, communément appelé "Tokyo Two" dans les communiqués de presse de leur organisation avait été arrêtés le 20 juin 2008, après que le parquet de Tokyo a annoncé le même jour avoir annulé les plaintes contre les 12 membres d'équipage du Nisshin-maru en l'absence d'éléments à charge.

Cinq jours avant le procès, le 10 février 2010, Greenpeace Japan avait fait appel de la décision du parquet de Tokyo en demandant à un comité d'enquête de la revoir. Il s'agit-là d'une procédure de droit japonais lors de laquelle un comité composé de onze citoyens japonais de se pencher sur l'enquête du parquet sur une affaire et de statuer si la décision de ce dernier est valable ou non. Si la décision du parquet est rejetée, l'enquête doit être refaite et de nouveau présentée au comité. Cela doit permettre à la Justice de fonctionner correctement.

D'après divers quotidiens nippons tels que le Sankei Shinbun, le 1er comité d'enquête de Tokyo aurait confirmé la décision du parquet de Tokyo sur l'affaire de détournement de viande de baleine par 12 membres d'équipage du Nisshinmaru. La raison étant que la viande que ces derniers auraient emportée chez eux en rentrant au Japon était soit offerte en cadeau (omiyage), soit des morceaux ne pouvant être traîtés, soit des restes de ce qui était utilisé pour l'alimentation de l'équipage pendant la durée du programme de recherche. La société maritime Kyôdô Senpaku ayant offert cette viande à son équipage, elle ne pouvait être "détournée".

Greenpeace qui continue d'affirmer qu'il y a eu un détournement de viande de baleine, se voit une fois de plus contredit, cette fois par un comité populaire. L'ONG n'a donc normalement plus d'arguments pour justifier les actes (vol et intrusion) qu'ont commis leurs activistes. Le secrétaire général de Greenpeace Japan a toutefois déclaré dans un commentaire aujourd'hui :

仮に判断の背後に捕鯨問題についての誤った理解や偏見があるとすれば言語道断である
Ce serait scandaleux si jamais la décision [du comité] devait se baser sur mauvaise compréhension ou des aprioris quant à la question de la chasse à la baleine.
Autrement dit, du moment que ça ne correspond pas à leurs idées, ça ne peut pas être fondé ou juste. Ce respect des lois et des institutions me rappelle un peu la façon de penser de Sea Shepherd. Paul Watson avait commencé en tant que membre de Greenpeace, après tout.

Le procès des deux activistes de Greenpeace continuera le 14 mai prochain...lire la suite>>

jeudi, mai 28, 2009

Le point sur l'actualité baleinière avant la 61e réunion de la CBI

La 61e réunion plénière de la Commission baleinière internationale (CBI) se tiendra dans moins d'un mois, du 22 au 26 juin 2009 à Madeira (Portugal). Comme tous les ans, c'est durant cette période que l'actualité baleinière se fait plus riche. Je vous propose donc d'en faire le point, à commencer par le rapport du groupe de travail sur l'avenir de la CBI.

Comme évoqué précédemment, l'actuel président de la Commission baleinière internationale, l'Américain William Hogarth a lancé un processus de dialogue entre les pays membres de la CBI pour la sortir de la situation de blocage dans laquelle elle se trouve depuis plusieurs années. A cet effet, un groupe de travail avait été créé lors de la 60e réunion plénière pour discuter des diverses questions problématiques dans les débats de la Commission. De même, une réunion intersessionnelle a été organisée en mars dernier à Rome. Un document présentant les suggestions du président de la CBI et du groupe de travail y avait été discuté. A l'issue des discussions, William Hogarth avait demandé au groupe de travail de préparer un rapport pour le 18 mai 2009 afin de le présenter ensuite à la réunion plénière.

Comme on pouvait s'y attendre, obtenir un consensus entre les pays membres de la CBI était une mission quasiment impossible. Aussi le rapport du groupe de travail sur l'avenir de la CBI préconise de poursuivre les discussions pendant encore au moins un an. Ce qui a posé problème dans les discussions, ce sont les questions que le groupe de travail a déterminé comme étant "critiques et devant être traitées sur le court terme". Il s'agit de (1) la chasse côtière aux petits cétacés (rorqual de Minke commun) au Japon, de (2) la recherche scientifique sur les baleines dans le cadre de permis spéciaux, des (3) sanctuaires et du (4) tourisme baleinier / utilisation non létale des cétacés. Les opposants à la chasse ont été prompts à dénoncer le Japon comme responsable de l'échec des pourparlers, expliquant que Tokyo n'avait pas suffisament cédé sur ses quotas de chasse scientifique en Antarctique.

Cet article de Richard Black de La BBC explique que le Japon avait offert de réduire le nombre de rorqual de Minke antarctique capturés dans le cadre de son programme JARPA2 à 650 animaux par an. Cela représente 200 baleines de moins que le quota actuel (850), mais étrangement, le journaliste britannique compare ce nombre à celui des rorquals de Minke antarctiques (balaenoptera bonaerensis) que la flotte de recherche japonaise a réussit à capturer (679) malgré l'obstruction violente de l'ONG Sea Shepherd. En échange, le Japon demande un quota de 150 rorquals de Minke communs (balaenoptera acutorostrata) pour 4 de ses communautés baleinières. Si on fait le calcul (150 - 200 = -50), ça fait 50 baleines de moins chassées tous les ans, mais on peut facilement imaginer que cela reste inacceptable pour les pays farouchement anti-baleiniers comme l'Australie.

Un article du quotidien australien The Age rapporte que le porte-parole de l'Institut japonais de recherche sur les cétacés (ICR) a annoncé lors d'une interview radiophonique que le Japon avait proposé de réduire son quota de chasse en Antarctique de 200 baleines, de ne pas étendre son programme de recherche dans le Pacifique nord-ouest et de ne pas s'opposer à l'adoption d'un sanctuaire baleinier dans l'Atlantique sud. Dans le même temps, l'administration Obama aurait annoncé sa résolution à lutter contre la chasse à la baleine. Les États-Unis, qui étaient à l'origine de cette initiative pour sortir la CBI de l'impasse, semblent désormais vouloir faire marche arrière. Certains quotidiens japonais comme le Nishi-Nippon shinbun considère que le processus engagé a au moins le mérite de permettre un dialogue entre les deux camps en opposition à la CBI et que le Japon devrait en profiter pour poursuivre les négociations jusqu'à trouver une solution convenable à tous.

La composante côtière du programme de recherche japonais sur les cétacés dans le Pacifique nord-ouest (JARPN2) vient de se terminer le 26 mai dernier avec l'annonce par l'ICR des premiers résultats. La recherche a inclu la capture de 60 rorquals de minke communs dans la baie de Sendai (département de Miyagi). La majorité des animaux prélevés seraient des juvéniles (moins de 6 mètres) et compteraient 27 mâles et 33 femelles. Un grand nombre de lançons du Pacifique (Ammodytes personatus) immatures auraient été retrouvés dans les estomacs de 45 de ces baleinoptères, ce qui confirmerait une préférence pour ces proies chez les rorquals de Minke juvéniles. De même, 35 baleines à bosse auraient été observées dans la zones de recherche.

La saison de chasse à la baleine a commencé en Islande. Cette année les pêcheurs islandais ont un quota de 100 rorquals de Minke communs. Cela a naturellement provoqué des manifestations des ONG anti-chasse tels que l'IFAW à Londres, devant l'ambassade d'Islande et Greenpeace qui a appelé le gouvernement islandais à se réveiller. Cette dernière ONG a notamment souligné que sept (sic !) pays "avaient protesté en vain en février contre la décision islandaise d'accroître les quotas". Il est peut-être bon de rappelé qu'un sondage rendu public en février dernier donnait deux tiers des Islandais en faveur de la chasse à la baleine. Les rorquals de minke communs sont classés comme "préoccupation mineure" dans la Liste Rouge de l'UICN. La chasse islandaise ne pose donc pas de problèmes écologiques.

En Australie, le ministre de l'environnement Peter Garrett semble être la cible des critiques après l'annulation du budget de l'envoyé spécial qu'il avait nommé pour discuter des questions baleinières auprès des autorités nipponnes. Le gouverment Rudd semble ne pas pouvoir tenir les promesses électorales qu'il avait faites en automne 2007. La pression subie par les pays anti-chasse de la part d'ONG devrait aller croissante à l'approche de la réunion plénière de la CBI. On verra si l'atmosphère y sera toujours au dialogue.
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lundi, avril 27, 2009

La viande de baleine plus écologique que celle de bœuf

L'année dernière, l'association pro-baleinière norvégienne High North Alliance (HNA) avait présenté une étude démontrant que la viande de baleine était plus écologique que d'autres viandes sur la base des quantités de gaz à effet de serre émis lors de leur production. Cette fois-ci c'est au tour de l'Agence japonaise de recherche pour la pêche (FRA) de présenter des résultats similaires. Voici la traduction d'un article à ce sujet publié récemment par le quotidien Sankei shinbun.

La viande de baleine plus écologique que celle de bœuf ? Moins de 1/10 de CO2 émis
Sankei shinbun, le 24 avril 2009

Une étude conduite par l'Agence japonaise de recherche pour la pêche a révélé que la quantité de gaz à effet de serre tels que le dioxyde de carbone (CO2) émis lors de la production de viande de baleine était inférieure à un dizième de celle libérée pour produire de la viande de bœuf. Cela permettrait d'affirmer que la viande de baleine est comparativement plus respectueuse de l'environnement que la viande de bœuf. L'Agence japonaise pour la pêche (FAJ) porte beaucoup d'intérêt à ce genre données, considérant qu'elles "offrent un nouvel argument pour convaincre les pays anti-baleiniers lors des négociations internationales sur la reprise de la chasse commerciale à la baleine."

La viande de baleine est un sous-produit des programmes de recherche conduits entre autres en Antarctique, obtenu après que divers prélèvements ont été faits sur les cétacés capturés par la flotte baleinière, et est vendue sur le marché japonais. La FRA a basé son estimation des émissions de CO2 sur la quantité de carburant utilisé par la flotte de recherche lors d'expéditions d'il y a quelques années. Elle a ensuite calculé la quantité de CO2 émis pour 1 kilogramme de viande de baleine produit/vendu.

Les résultats donnent 2,5 kg de CO2 pour 1 kg de viande de baleine dans le cas du programme de recherche conduit à environ 1000 kilomètres des côtes du Japon, dans le Pacifique nord. Dans le cas de programme conduit dans l'Océan austral, soit à 10.000 kilomètres de Japon, la quantité de CO2 est certes plus importante, mais reste à environ 3 kg pour 1 kg de viande de baleine.

En comparaison, la quantité de gaz à effet de serre (dont CO2) libérés pour produire 1 kg de viande de bœuf est estimé à 36,4 kg, soient plus de 10 fois plus que pour la viande de baleine.

La production de viande de bœuf nécessite beaucoup d'énergie pour l'élevage du bétail et la production et le transport du fourrage, alors que dans le cas de la viande de baleine, il n'y a que le carburant des navires baleiniers qui entre en jeu, rendant ainsi l'émission de gaz à effet de serre comparativement peu importante.

Outre le fait que de nombreux pays membres de la CBI opposés à la chasse à la baleine tels que l'Australie portent une attention particulière à la protection de l'environnement, l'ONG américaine Sea Shepherd qui s'oppose de façon violente à la chasse à la baleine se présente également comme écologiste.

L'Agence japonaise pour la pêche considère que présenter les avantage de la chasse à la baleine dans le contexte "écoligique" de la réduction des émissions de gaz à effet de serre devrait permettre de mieux faire comprendre la position du camp pro-chasse. Les données de cette nouvelle étude devrait donc servir lors des négociations internationales à venir.

(Crédit photo : ICR)
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dimanche, novembre 16, 2008

Pourquoi Greenpeace ne va pas en Antarctique cette année ?

Après avoir évoqué Sea Shepherd et leur nouvelle campagne de pub sur la chaîne câble/satellite Animal Planet, passons à l'autre ONG qui envoie régulièrement un ou des navires dans l'Océan austral pour "sauver" les baleines : Greenpeace. La célèbre organisation écologique a récemment déclaré qu'elle n'enverrai pas de bateau pour s'opposer à la flotte de recherche japonaise. À vrai dire, cela ne m'étonne pas que Greenpeace se désiste. Je vais vous expliquer pourquoi.

Cette ONG est sans doute celle qui est la plus engagée contre la chasse à la baleine. Elle interpose ses zodiacs entre les baleines et les navires baleiniers depuis les années 1970. Elle a envoyé un ou deux de ses bateaux en Antarctique à 9 reprises depuis le début de la chasse scientifique conduite par le Japon dans cette partie du monde. Libre à chacun de croire qu'ils ont réussi à sauver la moindre baleine en prenant des photos d'eux devant les baleiniers nippons, mais force est de reconnaître que c'était la seule ONG pseudo-écologique à faire ça jusqu'en 2005, l'année où Sea Shepherd a envoyé l'un de ses navires dans l'Océan austral pour la première fois.

Paul Watson, le fondateur de cette dernière, est d'ailleurs un ancien membre de Greenpeace. Il en a été chassé à cause d'une divergence d'opinion quant aux méthodes à utiliser. Il trouvait Greenpeace trop "peace" à son goût. Sea Shepherd qu'il a fondé en 1977 est plus agressi... euh, violente. Greenpeace ne voulant pas entacher son image de pacifisme - ce qui n'est pas forcément la réalité -, ils ont refusé de coopérer avec Sea Shepherd dans leur traque des navires de recherche japonais en Antarctique. (Disons que c'est la position officielle.)

Comme il m'arrive de poster des commentaires sur les blogs de Greenpeace, j'ai eu l'occasion de remarquer que beaucoup de leurs sympathisants ne sont pas vraiment satisfaits que les "petits pois" refusent ne serait-ce que de donner à Sea Shepherd les coordonnées des navires japonais quand ils les ont. Certains ont même annoncé qu'ils arrêteraient de faire des dons à Greenpeace. Bien sûr, il est impossible de vérifier dans quelle mesure cela a affecté les finances de Greenpeace. On toutefois dire que l'entrée en scène de ce concurrent, déloyal puisqu'il n'hésite pas à utiliser des tactiques plus dangereuses et donc plus sensationnelles, gêne assurément Greenpeace.

En janvier dernier, lorsque deux activistes de Sea Shepherd ont abordé illégalement l'un des baleiniers japonais, le Yûshin-maru No.2, les médias occidentaux relataient ce fait quasiment tous les jours sans évoquer Greenpeace qui poursuivait le navire-usine Nisshin-maru. La présence empêchant les baleiniers de continuer leurs opérations, les activistes de Greenpeace n'ont pas pu prendre de photos d'eux-mêmes en train de "sauver" des baleines. Sea Shepherd a donc bouté Greenpeace hors de l'Antarctique.

Pour justifier leur future absence dans l'Océan austral, les porte-parole de Greenpeace expliquent qu'ils vont désormais concentrer leurs efforts sur leur campagne de sensibilisation de l'opinion publique japonaise. Je leur souhaite bien du courage. Ils partent avec un gros handicap : ils sont réussi à faire arrêter deux de leurs activistes nippons pour vol en essayant d'exposer un soi-disant trafic de viande de baleine. Je ne reviens pas sur les détails de cette affaire, vous pouvez lire mon opinion ici, ici et .

Malgré l'évidence des délits commis (effraction et vol), Greenpeace continue de se présenter en victime d'un complot de "l'etablishment baleinier japonais" visé à les faire taire... Mais bien sûr ! Au Japon, on n'arrête pas les voleurs, sauf s'ils sont contre la chasse à la baleine ! Greenpeace va même jusqu'à citer un rapport du Comité des Nations Unies pour les Droits de l'homme. Le droit de voler des colis contenant de la viande de baleine est un droit inaliénable, qu'on se le dise ! Enfin, bref...

Greenpeace se vante donc de pouvoir influencer l'opinion publique japonaise pour lui faire comprendre le bien fondé de leur lutte contre la chasse à la baleine. Malheureusement, ici au Japon, la plupart des journaux ne se soucie pas d'eux. La seule exception est peut être le quotidien Asahi qui semble entretenir des relations étroites avec l'ONG, mais on est en droit de se demander de quelle source l'un de ses journalistes, Oyamada Kenji a tiré l'information selon laquelle le Japon réduirait son quota de chasse scientifique à 700 rorquals de Minke et 50 rorquals communs. Des porte-parole de l'Agence japonaise pour la pêche a d'ailleurs démenti cette info. Le quota sera comme prévu de 850 (+/-10%) rorquals de Minke antarctiques et 50 rorquals communs, comme prévu.

En fait, et pour résumer tout ce qui touche à cette ONG, Greenpeace n'a pas le moindre argument écologique valable contre les programmes de recherche japonais et la chasse à la baleine. Au lieu de ça ils déforment les traités et conventions internationaux en sachant éperdument que leurs sympathisants n'iront pas les lire, fabriquent des histoires et sont prêts à commettre des délits.
Le secrétaire général de Greenpeace Japan a publié un livre sur la chasse à la baleine l'année dernière. Il y écrit qu'il est grand temps pour l'ONG d'en finir avec ce sujet et de passer à autre chose. Je suis on ne peut plus d'accord avec lui et j'espère que la décision de ne pas envoyer l'Esperanza en Antarctique cette hiver en est un signe précurseur.
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vendredi, novembre 07, 2008

Quand la chasse à la baleine devient TV réalité

Après plusieurs mois assez calmes en actualités autour de la chasse à la baleine, le prochain départ de la flotte japonaise de recherche sur les cétacés pour l'Océan austral est l'occasion pour les opposants à la chasse à la baleine de préparer leurs campagnes médiatiques. L'ONG qui a fait le plus fait parler d'elle l'hiver dernier à ce sujet et qui va probablement encore faire du bruit cette année par ses actions dangereuses est la Sea Shepherd Conservation Society (SSCS).

Vous vous souvenez sans doute de l'abordage illégal par deux activistes de SSCS d'un baleinier nippon, le Yûshin-maru N°2 ou de la soi-disante tentitative d'assassinat du président de cette ONG, Paul Watson. Et bien sachez qu'une équipe de télévision était à bord du navire de Sea Shepherd, le Steve Irwin, pour le compte de la chaîne par satellite/cable Animal Planet, lors de cet hiver 2007-2008. Les images que cette équipe à prises vont servir pour une série de TV réalité intitulée "Whale Wars" et dont la diffusion doit commencer à 9 heures du soir (heure américaine). Cette série est prévue pour 7 semaines.

Cette initiative d'Animal Planet, chaîne appartenant au groupe Discovery, n'est pas sans controverses. Tout comme le souligne Mary McNamara dans cet article du Los Angeles Times, les activités de chasse scientifique que l'Institut japonais de recherches sur les cétacés sous mandat du gouvernement nippon sont parfaitement légales selon les termes de la Convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine, texte fondateur de la CBI. En outre, les actions de Sea Shepherd sont dangereuses et mettent en péril la vie de leurs propres membres d'équipage et de ceux de la flotte japonaise. L'Océan austral est un endroit isolé et extrêmement hostile. En cas d'accident en mer, il faudrait facilement une semaine à des secours pour atteindre cette zone.

La mode de la TV réalité dure depuis quelques années dans les pays occidentaux, mais je pense que nombre de personnes savent que le comportement des protagonistes de ce type de programme n'a rien de réel ou de naturel. En effet, l'attitude des gens est indubitablement influencée par la présence de caméras de télévision. Et l'objectif de ce genre d'émission étant de fournir du sensationnel pour scotcher le téléspectateur devant son téléviseur, il ne fait aucun doute que les réalisateurs de TV réalité ont plutôt tendance à provoquer, si ce n'est pas carrément à mettre en scène certaines situations dans ce but.

Eu égard aux actions dangereuses des membres de Sea Shepherd lors de leur dernière opération contre les navires de recherche japonais en Antarctique et la production de cette série-reportage, on est d'ailleurs en droit de se demander dans quel limite Animal Planet n'est pas aussi responsable que l'ONG. De même, est-ce que la série aurait été programmée si un accident grave avait eu lieu lors du tournage ?
La chaîne de TV et l'ONG y trouvent d'ailleurs chacune leur compte puisque la diffusion de cette série inédite permettra également à Sea Shepherd de se faire de la publicité et ainsi d'obtenir des dons auprès de téléspectateurs crédules.

L'Institut japonais de recherche sur les cétacés a récemment publié deux communiqués de presse critiquant Animal Planet. Vous les trouverez ici et . Pour ceux que ça intéresse, le site de la chaîne câblée offre une petite présentation de "Whale Wars". Il y a aussi quelques vidéos sur le compte youtube de la chaîne.
Précisons enfin que la série ne semble pas être prévue au Japon où Animal Planet est également diffusée.
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mardi, septembre 02, 2008

Tour d'horizon de l'actualité baleinière de l'été 2008

Après un break d'un mois, je vous propose de reprendre ce blog en faisant un petit point sur ce qui s'est passé dernièrement autour de la question de la chasse à la baleine. Il y a notamment eu deux informations qui ont attiré mon attention : la reclassification de certaines espèces de baleines dans la Liste Rouge de l'IUCN (Union internationale pour la conservation de la nature) et la publication dans la revue scientifique Polar Biology d'une étude japonaise issue du programme de recherche sur les cétacés en Antarctique (JARPA).

Comme l'indique cet article de la BBC, l'IUCN, une organisation internationale regroupant de nombreux experts a annoncé au mois d'août qu'elle reclassait plusieurs espèces de cétacés dans sa Red List des espèces en dangers de disparition. L'attention s'est particulièrement portée sur les baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) et les baleines franches australes (Eubalaena australis) qui sont passées de "Vulnérable" à "Moindre risque". Il ne fait aucun doute qu'il s'agit du résultat de longues années de protection de ces deux espèces qui ont été intensivement chassée dans le passé. Notons que les baleines franches sont protégées depuis 1937 et les baleines à bosse depuis 1965, soit bien avant le moratoire adopté en 1982 par la Commission baleinière internationale.
Toutefois, il faut déplorer que d'autres espèces de cétacés telles que la baleine franche de l'Atlantique nord (Eubalaena glacialis) ou diverses sortes d'odontocètes comme le vaquita (Phocoena sinus) continuent d'être en danger critique, notamment à cause de la destruction de leur habitat naturel par les activités humaines.

En juillet dernier, la revue scientifique Polar Biology a publié une étude japonaise expliquant que la couche de graisse des rorquals de Minke (balaenoptera bonaerensis) avait diminué en moyenne de 9%, soit 18 kilos, en près de vingt ans. Intitulé "Decline in energy storage in the Antarctic minke whale (Balaenoptera bonaerensis) in the Southern Ocean" vient des résultats du programme de recherche (JARPA) conduit par l'Institut japonais de recherche sur les cétacés (ICR) entre 1987 et 2005. Selon les auteurs, il est possible que l'augmentation du nombre de baleines à bosse qui se nourrissent également de krill antarctique soit à l'origine de cet amaigrissement des rorquals de Minke qui se verraient forcés à chercher leurs proies plus près du continent antarctique, dans la banquise (pack ice).
Malgré l'intérêt scientifique de cette étude, les détracteurs des programmes de recherche japonais semblent se lamenter sur le fait qu'une revue scientifique à comité de lecture l'ait publiée. Un certain John Hocevar de Greenpeace déclare même que "il n'est pas nécessaire de tuer des baleines pour les étudier", des méthodes plus modernes pouvant permettre de comptabiliser les baleines et mesurer leur épaisseur de graisse sans les tuer. Et bien, il ne reste plus à Greenpeace qu'à nous démontrer ça...

Outre ces deux informations, on peut noter que les autorités japonaises ont demander des mandats d'arrêt internationaux à l'encontre de trois activistes de Sea Shepherd qu'ells accusent d'avoir attaqué un navire de recherche nippon dans la mer de Ross en février 2007.
Concernant la viande exportée par l'Islande et la Norvège vers le Japon, Greenpeace semble se soucier de l'état de fraîcheur de celle-ci... mais les gens de cette ONG ne paraissent pas connaître l'existence de congélateurs.
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lundi, juin 23, 2008

60e réunion plénière de la Commission baleinière internationale - introduction

La 60e réunion plénière de la Commission baleinière internationale (CBI) organisée à Santiago du Chili doit débuter aujourd'hui à 10 heures, heure locale (16h en France, 23h au Japon). Les débats seront intégralement diffusé (en anglais, français, espagnol ou japonais en fonction de la langue de l'intervenant) sur internet grâce au site Kujira Portal (cliquer ici pour accéder directement à la vidéo). Si la question de la chasse à la baleine vous intéresse, je vous invite à suivre les discussions de la CBI.

Cette 60e réunion est placée sous le signe de la réconciliation entre les deux blocs qui s'opposent au sein de la CBI. L'actuel président de la commission, l'Américain William Hogarth s'est donné pour mission durant son mandat qui prendra fin à l'issue de la 61e réunion, de remettre la CBI dans le droit chemin, la division actuelle l'empêchant d'adopter la moindre mesure de gestion du fait qu'aucun des deux camps en présence n'est capable d'obtenir la majorité des trois quarts nécessaire à cela.

Pour ce faire, une réunion intermédiaire avait été organisée au mois de mars dernier pour trouver des moyens de rétablir le dialogue. A cet effet, des spécialistes en négociations internationales tels que le Professeur Calestous Juma de la Harvard Kennedy School avaient été invités en tant que conseillers. A l'issue de cette réunion intermédiaire, une série de suggestions avaient été faites pour permettre de rétablir le dialogue telles que faire des efforts pour prendre des décisions par consensus, réduire l'usage du vote, créer de petits groupes de négociations, etc.

La situation actuelle de la CBI qui dure depuis l'adoption du moratoire sur la chasse commerciale à la baleine en 1982, n'est en aucun cas favorable aux deux camps. La chasse à la baleine continue d'être pratiquée en dehors du contrôle de la CBI. En outre, le Japon menace de quitter la commission si cette dernière ne peut pas remplir son mandat qu'est la conservation des espèces de baleines et la gestion de la chasse. Selon Kyodo News (et Bloomberg), a la différence des années précédentes, il a désormais fixé un ultimatum, n'écartant pas la possibilité de quitter la CBI ou de reprendre unilatéralement la chasse commerciale si aucun progrès ne devait être fait d'ici la fin de la 61 réunion qui doit se tenir à Madeira au Portugal. Cela dépendrait de la création d'un groupe de travail sur la chasse côtière au Japon.

Toutefois, les récentes déclarations de pays opposés à la chasse à la baleine tels que l'Australie, la Nouvelle Zélande ou l'EU laissent plutôt penser qu'aucune avancée ne sera faite lors des discussions de la CBI cette année. En fait, le Brésil, l'Argentine et d'autres pays sud-américains semblent préparer une proposition de sanctuaire baleinier dans l'Atlantique sud. Cette proposition inutile (aucune chasse à la baleine n'est pratiquée dans cette partie du monde) devrait à coup sûr démontrer la volonté des pays anti-baleiniers de continuer de détourner la CBI de son mandat et donc nuire aux efforts du président Hogarth.

A ce sujet, je vous invite à lire la tribune d'Eugène Lapointe, ancien secrétaire général de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction) et actuel président de l'IWMC World Conservation Trust. Son analyse me semble pertinente. Ce documentaire donne aussi un bon aperçu de la situation de la Commission baleinière internationale. Vous pouvez également consulter les documents de la CBI, dont l'agenda de la réunion, ici.
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vendredi, juin 20, 2008

Petits pois et bacon de baleine - épilogue

Le scoop de la journée, c'est l'arrestation ce matin de deux membres de Greenpeace Japan par la police japonaise pour suspicion de vol. Cette information est reprise en boucle à la télévision depuis ce matin. Les deux activistes de Greenpeace arrêté sont Jun.ichi Satô et Tohru Suzuki. La police conduit des perquisitions aux domiciles des deux suspects et dans les bureaux de Greenpeace Japan depuis la matinée.

Ces arrestations ont été effectuées dans le cadre de l'enquête menée par la police du département d'Aomori sur le vol d'un colis dans un dépôt de la compagnie de transport Seinô le 16 avril 2008. Ce colis a été subtilisé par des membres de Greenpeace Japan pour obtenir une preuvre à conviction quant à un soi-disant détournement et traffic de viande de baleine organisés par des membres d'équipage du Nisshin-maru, le navire-usine appartenant à la flotte ayant pris part au programme japonais de recherche sur les cétacés en Antarctique.

Greenpeace Japan a porté plainte contre 12 membres d'équipage du Nisshin-maru pour ce qu'il considère être un détournement et traffic de viande de baleine auprès du parquet de Tokyo, après avoir tenu une conférence de presse le 15 mai dernier lors de laquelle ils ont présenté le colis subtilisé et contenant 23,5 kilos de bacon de baleine (unesu). Le parquet de Tokyo a reçu la plainte de Greenpeace et commencé l'enquête le 20 mai. Dans le même temps, les médias japonais ont vivement critiqué la manière de laquelle des membres de Greenpeace Japan ont obtenu leur preuve, cela s'apparentant à du vol. L'ONG a rétorqué qu'il s'agissait là du seul moyen d'obtenir une preuve et qu'il ne s'agit donc pas de vol. Le même jour, la compagnie de transport Seinô a porté plainte auprès de la police d'Aomori pour le vol du colis.

A l'occasion de sa conférence de presse du 15 mai, Greenpeace a émis un rapport (en japonais et anglais) dénonçant le soi-disant détournement-traffic de viande de baleine. Selon ce rapport, un informateur, anciennement employé de la compagnie Kyôdô Sempaku à laquelle le Nisshin-maru appartient, donne le détail de ce traffic. Il me semble intéressant de se pencher un peu sur ce rapport.

Tout d'abord, il y a une différence entre les versions japonaise et anglaise, cette dernière étant plus courte de deux pages. Il pourraît s'agir d'un problème de langue (l'anglais prenant moins de place que le japonais), mais après examen détaillé du rapport, j'ai constaté que l'interview de l'ancien employé de Kyôdô Senpaku avait été abbrégée en anglais. On compte en effet 79 séries de questions-réponses en japonais, contre seulement 29 en anglais. J'ai demandé à un membre de Greenpeace s'il y avait une raison à cette omission. Il m'a répondu que non, qu'il s'agissait d'un choix des personnes ayant préparé le rapport.

L'information manquante en anglais est pourtant intéressante. En effet, face aux accusations de Greenpeace, la compagnie maritime Kyôdô Senpaku a déclaré qu'il était de coutume d'offrir de la viande de baleine à l'ensemble des membres d'équipage qui passent cinq mois en mer, dans un environnement hostile et loin de leurs familles. Ce fait est confirmé par l'informateur de Greenpeace. Voici le passage correspondant, suivi d'une traduction personnelle français :

調:先ほどその、個人で持ち帰られるっていう肉があるっておっしゃいましたけど、その中に「お土産」もあるということを聞いたことがあるんですけども。
Q: Vous avez dit tout à l'heure qu'il y avait de la chair [de baleine] que chacun ramène chez soi, mais j'ai également entendu dire qu'il y avait également des "cadeaux".
情:はい。あの、船側である程度お土産はくれますね。それは、赤肉1キロブロックが6個くらい、あと畝須の塩漬けが5キロくらいですね。それはお土産でくれますね。あと、個人で買うものもあります。だいたい1人最低4キロ、1キロブロック4個くらいは買いますね。
R: Oui. La compagnie maritime (NDT: Kyôdô Senpaku) nous offre des cadeaux dans une certaine mesure. C'est environ 6 blocs d'un kilo de viande rouge et aussi environ 5 kilos de bacon de baleine. Ensuite, on peut aussi en acheter personnellement. On achète environ 4 kilos par personnes au moins, soit 4 blocs d'un kilo.

調:それは、具体的に買うというのはどういう風に?現金で払って買う?
Q: Vous achetez ça comment exactement ? En payant en liquide ?
情:いえ。給料引きですね。
R: Non. C'est déduit du salaire.

調:後々、給料から…ですか?
Q: Déduit ensuite du salaire ?
情:そうですね。給料から引かれます。
R: Oui. C'est déduit du salaire.

調:それらはどのようにして個人宅に配達されるんでしょうか?
Comment tout ceci est-il envoyé au domicile de chacun ?
情:そのお土産品ですか?
R: Les cadeaux?

調:はい。
Q: Oui.
情:冷凍品はみんな宅急便ですね。
R: Les produits congelés sont tous envoyés par colis express.

調:クール宅急便?
Q: Par colis express réfrigérés ?
情:クール宅急便ですね。冷凍品は。
R: Oui, par colis express réfrigéré, pour les produits congelés.


Ce que je déduis de ce passage, c'est que la compagnie Kyôdô Senpaku offre effectivement de la viande de baleine congelée et du bacon de baleine (conservé dans le sel) à ses employés en remerciement de leurs efforts comme elle l'a annoncé dans un de ses communiqués de presse. Il se trouve que Greenpeace a découvert 23,5 kilos de bacon de baleine conservé dans le sel dans le colis qu'il a dérobé dans le dépôt d'Aomori. Les aliments conservé dans le sel ne nécessitant pas forcément d'être congelé. En outre, l'employé qui a envoyé ce colis à destination de son domicile à Hokkaidô a expliqué avoir reçu les parts de trois de ses collègues. J'ai demandé aujourd'hui, lors d'une conférence de presse, au secrétaire général de Greenpeace Japan, Jun Hoshikawa si le colis qui a été subtilisé par les deux activistes arrêtés ne pouvait pas correspondre aux "cadeaux" dont il est fait mention dans le rapport de Greenpeace. Il m'a répondu que non.

Une autre chose qui m'interpelle dans le rapport de Greenpeace, c'est la quantité de viande de baleine qui serait détournée. D'après leur informateur, entre 120 à 130 membres d'équipage du Nisshin-maru emporteraient chacun de 200 à 300 kilos de viande de baleine. Ca fait entre 24 et 39 tonnes en tout! Je ne sais pas où ils mettent tout ça, mais les chambres du Nisshin-maru ne permettent certainement pas de cacher 200 kilos de chair de baleine. En outre, si on considère qu'un colis contient en moyenne 25 kilos, Greenpeace aurait dû observer entre 960 et 1.560 colis. Seuls 47 colis ont été constatés lors du retour du Nisshin-maru au port de Tokyo, le 15 avril 2008.

J'ai fait remarquer cette différence à M. Hoshikawa, mais sa seule explication a été que cette année, la flotte n'ayant pu prélever que 551 rorquals de Minke, il devait y avoir moins de viande de baleine détournée. Certes, mais 551 rorquals de Minke représentant environ la moitié de ce qui était prévu, il y aurait dû y avoir entre 480 et 780 colis contenant la soi-disante viande détournée. On est encore loin du compte.

Selon le quotidien Nikkei Shinbun, le parquet de Tokyo a annoncé aujourd'hui avoir annulé les plaintes contre les 12 membres d'équipage du Nisshin-maru en l'absence d'éléments à charge. Cette annonce vient clore cette affaire en ce qui concerne les baleiniers japonais, mais ce n'est que le début pour Greenpeace. La police japonaise enquête actuellement sur l'organisation du vol commis à l'encontre du dépôt de la compagnie Seinô à Aomori. Greenpeace pourrait aussi se voir accuser de diffamation. Autrement dit, les "petits pois" sont cuits. Il est sans doute temps que cette ONG se détache de la question de la chasse à la baleine et se préoccupe de sujets plus importants sur le plan écologique. En tout cas, ils ont perdu le peu de crédibilité qu'ils avaient au Japon...lire la suite>>

mercredi, juin 04, 2008

Petit point sur l'actualité baleinière avant la 60e réunion de la CBI

La 60e réunion plénière de la Commission baleinière internationale (CBI) aura lieu du 23 au 27 juin prochains à Santiago du Chili. En fait le comité scientifique de la CBI est déjà réuni depuis le 1er juin, et ce jusqu'au 13. C'est généralement durant les semaines qui précèdent la plénière que les pro- et anti-chasse baleinière se lancent dans une confrontation médiatique. Outre les accusations de Greenpeace selon lesquelles des marins du Nisshin-maru détourneraient de la viande de baleine (l'enquête est en cours), voyons quelles ont été les récentes informations relatives à la chasse à la baleine.

Selon le Mainichi shinbun, la composante côtière du programme de recherche japonais sur les cétacés dans le Pacifique nord-ouest (JARPN2) au large du port d'Ishinomaki (département de Miyagi) s'est conclue le 18 mai dernier avec la capture de 60 rorquals de Minke communs (balaenoptera acutorostrata). L'Institut japonais de recherche sur les cétacés (ICR) a rendu public (en japonais) un rapport sur les premiers résultats de ces recherches. Selon le professeur Katô Hidehiro, responsable du programme, la découverte de lançons du Pacifique (Ammodytes personatus) immatures dans les estomacs des rorquals de Minke juvéniles serait une première, ces animaux se nourrissant généralement de lançons adultes.

Le quotidien local Chûgoku shinbun rapporte que le départ de la flotte de recherche du Nisshin-maru pour le Pacifique nord-ouest initialement prévu au 30 mai a été retardé par le suicide d'un membre d'équipage à bord du navire-usine ce jour-là. L'homme aurait à plusieurs reprise fait part à ces collègues d'une maladie chronique qui le faisait souffrir. Les gardes-côtes suivent cette piste.

Le ministère de la pêche islandais a annoncé le 19 mai dernier avoir fixé un quota commercial de 40 rorquals de Minke communs pour ses baleiniers. Ces derniers espéraient un quota de 100 rorquals de Minke ainsi que de quelques rorquals communs, mais le ministère a préféré établir un quota viable économiquement. L'année dernière, l'Islande avait mis un terme à la saison de chasse baleinière de crainte que la viande de baleine ne se vende pas. Cette décision a été critiquée à la fois en Islande, notamment par le ministère de l'Environnement, et à l'étranger par divers pays comme les Etats-Unis qui ont accusé l'Islande de miner les efforts de réconciliation qui sont actuellement faits au sein de la CBI. Etrangement, ces pays n'ont pas critiqué la Norvège lorsqu'elle a établi un quota de plus de 1000 rorquals de Minke plus tôt cette année.

Les deux pays scandinaves mentionnés ci-dessus ont récemment annoncé qu'ils avaient exporté de la viande de baleine à destination du Japon pour la première fois depuis près de 18 ans. Le ministère japonais de l'Agriculture, des pêches et des forêts a déclaré qu'il n'avait pas connaissance de demande d'autorisation d'importation, procédure nécessaire pour importer de la viande de baleine. La cargaison comporterait 60 tonnes de viande de rorquals communs capturés en Islande en 2006. Une fois encore les Etats-Unis ont critiqué la décision des pays baleiniers. Notons également que les journalistes de Reuters ne semblent pas savoir de quoi ils parlent puisqu'ils annoncent que la réunion plénière de la CBI aura lieu en Chine !

Pour finir, la société Kyôdô Senpaku qui affrete les navires baleiniers utilisés lors des programmes de recherche sur les cétacés a rendu public un rapport concernant la consommation annuelle de viande de baleine au Japon. Selon ce rapport, le département de Nagasaki arriverait en tête avec 177,4 grammes par personne, suivi des départements de Miyagi, Saga, Yamaguchi et Fukuoka. La moyenne nationale serait de 50,2 grammes par personne. L'Agence japonaise pour les pêches aurait commenté que ces chiffres démontraient qu'"il existait des régions où la consommation de viande de baleine restait fortement ancrée dans les coutumes." L'ONG Greenpeace déclare de son côté que la consommation est très faible et qu'il n'y a quasiment aucune demande dans l'ensemble du pays.
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vendredi, mai 16, 2008

Petits pois et bacon de baleine

Malgré le titre, il ne s'agit pas d'une recette de cuisine. Le scoop de la semaine c'est Greenpeace Japan portant plainte contre 12 membres d'équipage du Nisshin-maru, navire-usine de la flotte de recherche japonaise sur les cétacés qui est rentrée d'Antarctique le mois dernier, pour traffic de viande de baleine. Pour prouver cela, des membres de l'ONG ont subtilisé un colis dans un entrepôt d'une société de transport à Aomori, dans le nord de l'île principale de Honshû.

L'Agence des pêches japonaise a demandé à la société Kyôdô Senpaku à laquelle appartiennent les 12 membres d'équipage de mener une enquête sur cette affaire. Cette dernière aurait cependant declaré qu'il était de coutume d'offrir aux membres d'équipage de la viande de baleine gratuitement en remerciement de leurs efforts. En fait, cette pratique existe depuis longtemps puisque bien avant la mise en place du moratoire, les employés des sociétés baleinières recevaient de la viande de baleine qu'ils offraient ensuite à des proches ou amis en échange de dons sous forme d'alcool. Cette coutume permettait de lier les baleiniers à leurs communautés.

Toutefois, il est possible que des membres d'équipage aient profité de ce système pour vendre de la viande de baleine au marché noir. Dans ce cas là, les responsables devront être punis. Cela souligne aussi l'effet néfaste du moratoire qui crée une demande plus forte que l'offre. Si la chasse commerciale à la baleine était réautorisée, cela empêcherait les fraudes.

Greenpeace Japan risque d'avoir des ennuis du fait de la façon dont ils se sont emparés de leur "pièce à conviction". Ils sont en effet entrés par effraction dans l'entrepôt de la société de transport Seinô et ont subtilisé l'un des colis après l'avoir ouvert. L'un de leurs responsables aurait même reconnu avoir goûté de la viande de baleine pour vérifier. Ceci s'apparente à du vol et la société Seinô a porté plainte auprès de la police. Greenpeace Japan considère que ce n'est pas du vol car leur but était d'obtenir une preuve, mais plusieurs juristes japonais ont déclarés que cet acte n'était pas légal. Affaire à suivre.

("Greenpeace" et "petits pois" se disent de la même manière en japonais : guriinpiisu グリーンピース)
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mercredi, avril 02, 2008

L'Australie pour la chasse au dugong, mais contre celle à la baleine

L'Australie est sans aucun doute l'un des principaux opposants à la chasse à la baleine. Ceci a notamment été démontré par le gouvernement travailliste de Kevin Rudd lorsque des photos des activités de la flotte de recherche japonaise prises par les douanes australiennes en Antarctique ont été rendues publiques sensationnellement par le ministre de l'Environnement, Peter Garrett au mois de février. On est cependant en droit de se demander quels sont les critères australiens pour s'opposer à la chasse à la baleine.

Le mois dernier, le même gouvernement a annoncé un plan prévoyant l'abattage de 400 kangourous d'une ancienne base militaire près de Canberra, la raison étant que les kangourous sont trop nombreux dans cette zone et y menacent la flore et la faune. Cette fois-ci, Peter Garrett s'est retrouvé dans le siège des accusés du fait de la pression d'organisations de défense des animaux demandant que les kangourous ne soient pas tués mais déplacés vers une autre zone. Résultat, le plan a été suspendu. Jack Waterford, journaliste au Canberra Times, parle de fiasco tant au niveau administratif qu'écologique.

Le sujet a également intéressé les médias japonais, en particulier du fait des récentes déclarations du gouvernement australien quant à la chasse à la baleine. Le Yomiuri souligne ainsi que les opposants au plan d'abattage des kangourous, parmi lesquels figurent entre autres l'ex-Beattles Paul McCartney, ont critiqué l'Australie pour ses critères doubles, déclarant que ce pays "n'avait aucun droit de critiquer le Japon pour sa chasse à la baleine tout en abattant des kangourous".

Désormais c'est au tour de l'Institut japonais de recherche sur les cétacés (ICR) de critiquer l'Australie, cette fois pour sa gestion de la chasse au dugong dans le nord-ouest de ce pays. Le dugong (Dugong dugon) est un mammifère marin de l'ordre des siréniens (Sirenia) auquel appartiennent aussi les lamentins. Cet animal est classé "vulnérable" sur la Liste Rouge de l'IUCN, notamment du fait de la dégradation de son habitat et de collisions avec des bateaux.

Un porte-parole de l'ICR, Glenn Inwood a dénoncé "l'hypocrisie de l'Australie en autorisant la capture de dugongs par des chasseurs aborigènes, tout en rejetant l'utilisation durable des baleines". Il a également rappelé que "le Japon soutenait le principe international d'utilisation durable" des ressources. Peter Garrett a répondu qu'il n'y avait aucune analogie entre la chasse à la baleine japonaise et la chasse au dugong, précisant que "le gouvernement australien était activement engagé dans des programmes de protection des dugongs".

On peut déduire de la déclaration de Peter Garrett que l'Australie reconnaît que l'on peut protéger une espèce animale tout en autorisant sa capture. Il est toutefois difficile de comprendre pourquoi les baleines sont mises à l'écart de ce principe.

Mise à jour (3 avril 2008) :
Le quotidien The Australian fait part de nouvelles estimations du nombre de rorquals de Minke (Balaenoptera bonaerensis) vivant dans l'hémisphère sud. Les chiffres qui devraient être discutés par le comité scientifique de la CBI seraient de 200.000 à 680.000 rorquals de Minke. Cela constitue une revue à la baisse des estimations adoptés par la CBI en 1990 qui étaient de 510.000 à 1.140.000 individus de cette espèce. Ces chiffres ne représentent pas forcément un déclin des populations de rorquals de Minke, les missions d'observation précédentes ayant probablement surévalué le nombre d'animaux se trouvant dans les zones de banquise (pack ice) inaccessibles aux navires. Tout ceci sera probablement confirmé durant la prochaine réunion de la Commission baleinière internationale qui doit se tenir à Santiago du Chili du 23 au 27 juin de cette année.
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dimanche, mars 09, 2008

Vers une CBI fonctionnelle ?

La réunion intersessionnelle sur l'avenir de la CBI s'est terminée hier, samedi 8 mars 2008. Les discussions s'étant tenues à huis-clos, il n'est pas possible d'en connaître le détail, mais le président de la Commission baleinière internationale, le Dr. William Hogarth a fait un communiqué de presse à ce sujet. Richard Black de la BBC explique que les pays membres de la CBI sont tombé d'accord pour améliorer le dialogue et chercher le consensus, notamment sous la forme d'un plan d'action en 9 points.

Le quotidien britannique The Independent parle d'un accord secret qui autoriserait au Japon de reprendre la chasse à la baleine commerciale au large de ses côtes en échange d'un arrêt de ses programmes de recherches dans les eaux internationales. Il faudra toutefois attendre le mois de juin et la tenue de la 60e réunion plénière de la CBI pour savoir si les pays favorables à l'utilisation durable des cétacés et les opposants à la chasse à la baleine peuvent trouver un terrain d'entente et sortir la Commission de l'impasse dans laquelle elle se trouve.

Les récentes actions violentes de l'ONG Sea Shepherd à l'encontre des navires japonais ont également été évoquées et une déclaration les condamnant a été adoptée par les pays membres participant aux discussions. En voici une traduction libre.

Déclaration sur la sécurité en mer

La réunion a rappelé la résolutions 2007-2 intitulée "Résolution sur la sécurité en mer et la protection de l’environnement" ainsi que la résolution 2006-2 intitulée "Résolution sur la sécurité des navires engagé dans des activités de chasse à la baleine et de recherche sur les cétacés", chacune ayant été adoptée par la Commission par consensus. Elle a pris note de comptes-rendus d’actions dangereuses menées par la Sea Shepherd Conservation Society dans l’océan Austral à l’encontre de navires japonais ces derniers mois.

Elle a appelé la Sea Shepherd Conservation Society de s’abstenir de toutes actions dangereuses qui pourrait mettre en péril la sécurité en mer, et aux navires et aux équipages concernés de pratiquer la modération. La réunion a réitéré que la Commission et ses gouvernements contractants n’approuvaient pas et en fait condamnaient toutes actions qui sont un risque pour la vie humaine et la propriété lors d'activités en mer. Elle a recommandé avec insistance aux gouvernements contractants d’agir, en accord avec les règles de loi internationale pertinentes et leurs lois et réglementations nationales respectives, pour coopérer à la prévention et la suppression des actions mettant en péril la vie humaine et la propriété en mer et vis-à-vis des contrevenants présumés. La réunion a rappelé que l’accréditation de la Sea Shepherd Conservation Society en tant qu’observateur à la Commission avait été refusée depuis 1987 du fait d’un comportement et de tactiques inacceptables.


Il paraît cependant peu probable que Paul Watson écoute cet appel de la CBI. Il a d'ailleurs récemment déclaré sur le site de l'ONG que le Steve Irwin se distançait du navire-usine Nisshin-maru et se dirigeait désormais vers les baleiniers (catcher boats). Il reste à espérer que les gouvernements des Pays-Bas et d'Australie prennent leurs responsabilités et agissent avant qu'un accident grave n'ait lieu au large de l'Antarctique...lire la suite>>

vendredi, février 08, 2008

Sondage Asahi : 56% pour, 26% contre la consommation de baleine

Le quotidien japonais Asahi a publié aujourd'hui les résultats d'un sondage qu'il a réalisé sur la population japonaise (échantillon de 2082 personnes) quant à la chasse à la baleine et la consommation de viande de baleine. Ces résultats infirment les propos récemment tenus par une ONG opposée à la chasse baleinière faisant état d'un dédain des Japonais pour la viande de baleine. Une majorité de Japonais (65%) sont favorables à la chasse scientifique.

Ci-dessous une traduction de l'article. Le graphique (réponses à la question sur la consommation de viande de baleine) est en japonais, en bleu les avis favorables (賛成), en rose les avis défavorables (反対). Les réponses sont présentées pour l'ensemble des personnes ayant répondu (全体), puis pour les hommes (男) et les femmes (女) par tranches d'âge. Les personnes n'ayant pas répondu ou sans avis ne sont pas indiquées.

Sondage Asahi : 56% pour, 26% contre la consommation de baleine
Asahi, 8 février 2008

Un sondage realisé les 2 et 3 février derniers sur l’ensemble du territoire par le quotidien Asahi a révélé que 56% des personnes interrogées étaient favorables à l’utilisation des baleines pour l’alimentation contre 26% opposées. 65% ont répondu soutenir la poursuite de la chasse scientifique conduite par le Japon. La proportion des personnes des classes d’âge moyen ayant exprimé un avis positif aux deux questions est particulièrement importante. De même, les réponses négatives se dénotent chez les femmes par rapports à celles des hommes. Les avis défavorables à la question de la consommation de viande de baleine sont plus nombreux que ceux favorables chez les femmes âgées de 20 à 39 ans.

A la question “êtes-vous favorable ou opposé à l’utilisation des baleines pour l’alimentation ?”, 70% des hommes interrogés ont exprimé leur soutien. Cette proportion est proche de 80% chez les hommes âgés de 40 à 69 ans. En contraste, seuls 44% des femmes se sont dites favorables et près de 34% opposées.

Par ailleurs, après avoir précisé que “le Japon poursuivait actuellement la chasse à la baleine en Antarctique dans un but scientifique, et que la critique par rapport à cette activité se renforçait à l’étranger”, 65% des personnes interrogées ont répondu favorablement contre 21% défavorablement à la question “êtes vous pour ou contre la poursuite de la chasse scientifique”, révélant un soutien plus marqué qu’à la question sur l’utilisation alimentaire. Les avis favorables sont de 75% des hommes et 56% chez les femmes.
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mardi, janvier 15, 2008

Sea Shepherd aborde illégalement un navire japonais

Depuis quelques jours, le navire de Greenpeace, l'Esperanza poursuit le navire-usine japonais, le Nisshin-maru. Bien que l'ONG se félicite d'avoir "chassé" le navire japonais hors de la zone de recherche, il semble que la poursuite menée à toute allure depuis trois jours coûte beaucoup en carburant à l'Esperanza et que ce dernier risque d'être forcé de se diriger vers le port le plus proche pour ravitailler.

Aujourd'hui, la Cour fédérale australienne a émis une injonction ordonnant aux navires de la compagnie japonaise Kyôdô Senpaku de cesser immédiatement ces activités dans le sanctuaire baleinier australien. Cette action a été initiée par l'ONG Human Society International (HSI). Le sanctuaire australien dont il est question a été créé en 2000 et certains pensent qu'il s'étend aux eaux se trouvant à 200 miles nautiques du territoire en Antarctique que l'Australie revendique.
Toutefois, le Traité pour l'Antarctique (1961), signé par l'Australie et le Japon entre autres, gêle les revendications territoriales sur cette partie de la planète. Le Japon ne reconnaissant pas les revendications australiennes, ils n'est pas touché par ce sanctuaire.
Par conséquent, cette injonction n'a aucune validité hors du territoire australien et n'est donc que symbolique. En fait, elle met plutôt le gouvernement australien sous pression, puisqu'il ne peut en aucun cas la mettre en pratique.
(Concernant le sanctuaire de l'océan Austral adopté par la CBI en 1994, le Japon a déposé une objection à l'encontre de cette mesure et n'est donc pas touché par celle-ci)

Il y a quelques heures, l'ONG extrémiste Sea Shepherd, déjà responsable d'actions dangereuses l'année dernière, a annoncé avoir découvert les autres navires de la flotte de recherche japonaise. Des zodiacs ont visiblement été lancé depuis le Steve Irwin, le bateau de Sea Shepherd, pour endommager l'hélice de l'un des baleiniers japonais, le Yûshin-maru No.2.
A ce moment, deux activistes de cette ONG, un Britannique et un Australien sont apparemment monté illégalement sur le navire japonais, et ont par conséquent été arrêté par les marins du Yûshin-maru No.2.
La version du président de Sea Shepherd, le Canadien Paul Watson, fait état de deux de ses membres d'équipage étant retenus en otages par les Japonais, mais de toute évidence, la responsabilité incombe aux gens de cette ONG.

Je tiendrai cette article à jour au fur et à mesure que les conséquences de cet abordage s'éclaircissent.

Mise à jour (15 janvier 2008, 22h30 heure japonaise) :
L'Institut japonais de recherche sur les cétacés (ICR) qui conduit le programme de recherche scientifique dans l'Antarctique (JARPA2) vient juste de publier un communiqué de presse et des photos de l'incident sur son site. Il y est également expliqué que les deux activistes de Sea Shepherd ont lancé des bouteilles de verre contenant de l'acide butyrique ainsi qu'une autre substance non encore identifiée.
Contrairement à ce que Paul Watson a déclaré, les deux hommes sont gardés à vue dans un bureau du Yûshin-maru No.2, et non ligoté au mât du navire japonais.

Mise à jour 2 (17 janvier 2008, 18h00 heure japonaise) :
Concernant les deux activistes de Sea Shepherd qui sont monté illégalement sur le baleinier japonais Yûshin-maru No.2, il semble que le gouvernement australien a négocié leur libération avec les autorités japonaises. Toutefois, l'Institut japonais de recherche sur les cétacés (ICR) a posé comme condition à Sea Shepherd que ces derniers n'attaquent pas le navire nippon lors du transfert des deux hommes. Le président de l'ONG, Paul Watson ayant refusé cette condition, les deux hommes sont encore gardés à vue sur le Yûshin-maru No.2 et il est fort probable qu'à la demande de l'ICR, un navire australien, sans doute l'Oceanic Viking, viennent récupérer les deux activistes.

Le Professeur Sam Bateman, spécialiste australien en droit maritime, a déclaré que les deux membres de Sea Shepherd avaient commis un acte de piraterie et que les Japonais avaient par conséquent tout à fait le droit de les garder en détention.

Selon l'ICR, les deux hommes sont bien traités et se sont vu servir les mêmes repas que les membres d'équipage japonais, bien qu'ils aient refusé de manger toute nourriture d'origine animale. En outre, les deux activistes de Sea Shepherd avaient des sacs à dos contenant des vêtements de rechange et autres effets lorsqu'ils sont montés illégalement à bord du Yûshin-maru No.2, laissant présumer qu'ils avaient l'intention dès le début de rester à bord du baleinier japonais. Il est donc fort probable que cet abordage a été prémédité par Sea Shepherd pour obtenir l'attention des médias et ainsi se faire de la publicité. (Photo: ICR)

Mise à jour 3 (18 janvier 2008, 9h00 heure japonaise) :
Les deux activistes de l'ONG anti baleinière Sea Shepherd qui étaient montés illégalement à bord du baleinier japonais Yûshin-maru No.2 ont été remis aujourd'hui au navire des douanes australiennes Oceanic Viking.

Mise à jour 4 (18 janvier 2008, 19h15 heure japonaise) :
Les deux membres de Sea Shepherd sont retournés sur le navire de cette ONG, le Steve Irwin. Sea Shepherd a de nouveau attaqué un navire de la flotte japonaise, le Yûshin-maru No.3.
L'Institut japonais de recherche sur les cétacés a aujourd'hui rendu publiques des vidéos montrant l'attaque du Yûshin-maru No.2 par les activistes de Sea Shepherd le 15 janvier dernier. Voici l'une des deux vidéos :



On peut y constater que les hommes à bord du zodiac de Sea Shepherd lancent des objets en direction du baleinier japonais (d'où la scène est filmée). Il s'agit de bouteilles en verre contenant de l'acide butyrique.
D'autres vidéos démontrant les activités illégales de Sea Shepherd et les mensonges de Paul Watson sont disponibles ici.
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samedi, janvier 12, 2008

Greenpeace localise la flotte japonaise en Antarctique

Bien qu'il ne ce soit pas passé grand chose ces derniers jours, il y a eu beaucoup d'articles dans les médias australiens et anglophones à propos du programme de recherche japonaise sur les cétacés en Antarctique.

Tout d'abord, le nouveau gouvernement travailliste australien a été vivement critiqué lorsqu'il s'est avéré que ni le navire des douanes, ni l'avion de reconnaissance n'avaient pris leur départ vers l'Antarctique pour surveiller les activités de la flotte japonaise. Ce n'est finalement que mardi dernier (le 8 janvier) que l'Oceanic Viking a quitté le port de Fremantle. Il lui faudra au moins une semaine pour atteindre la zone où les navires du programme JARPA2 effectuent leurs activités.

Un autre sujet de critique et coup dur pour la crédibilité du gouvernement de Kevin Rudd est l'annonce que le programme de recherche australien sur les cétacés en Antarctique a été annulé pour cette saison. L'objectif était de survoler à basse altitude les eaux au large du continent antarctique avec des avions pour comptabiliser les rorquals de Minke et ainsi démontrer que la recherche sur les cétacés pouvait se faire sans tuer d'animaux. L'annulation est, semble-t'il, due à un retard dans l'obtention de l'autorisation de survoler la zone de recherche.
Cependant, on est en droit de se demander pourquoi les gouvernement australiens n'ont jamais lancé ce genre de programmes de recherche sur les cétacés depuis les quelques vingt ans que le Japon conduit les siens en Antarctique. Les politiciens australiens oublient également de préciser que les programmes japonais comportent également la collecte de données par le biais de de méthodes dites non létales et que deux des six navires de la flotte JARPA2 sont des bateaux d'observation.

Une information est passée complètement inaperçue le mois dernier. C'est le départ depuis le port australien de Fremantle d'un navire affrété pour les programmes de recherche sur les cétacés (IDCR/SOWER) de la Commission baleinière internationale. Ce navire et son équipage sont mis à la disposition de la CBI par le gouvernement du Japon. L'objectif de la recherche entreprise par le Comité scientifique de la CBI et à laquelle participe une équipe de chercheurs internationales (dont des scientifiques japonais) est d'observer les cétacés en Antarctique pour en établir les populations. Quand on considère que, malgré leur proximité de la zone de recherche, les gouvernements australien et néozélandais ne contribue que peu à cette recherche sur les cétacés, on peut se dire qu'il ne se sentent pas très concernés par les travaux de la CBI.

La publication sur Youtube d'une vidéo critiquant l'Australie pour son traitement des dingos et des kangourous d'une part, et de la chasse à la baleine japonaise d'autre part, a fait beaucoup de remous dans ce premier pays. Le gouvernement australien a dénoncé cette vidéo d'environ 10 minutes comme étant une tentative des baleiniers japonais de forcer le gouvernement de Kevin Rudd à changer sa position sur la question de la chasse à la baleine.
C'est beaucoup de bruit pour pas grand chose, mais personnellement, je trouve cette vidéo de mauvais goût et condamne encore plus les messages racistes qui ont été postés à sa suite sur Youtube. La chasse à la baleine est devenue un problème où les émotions prennent le dessus sur la reflexion et le dialogue entre les parties. Le gouvernement de Kevin Rudd a d'ailleurs lui-aussi sa part de responsabilité puisque certains de ses membres ont qualifié la chasse à la baleine de "pratique insensée et brutale". J'imagine que les chasseurs de baleines inuits et tchoukotki apprécieront le commentaire.


Finalement, comme l'indique le titre, le navire que Greenpeace a envoyé en Antarctique, l'Esperanza a réussi à localiser la flotte japonaise dans la nuit du 11 au 12 janvier. On peut donc s'attendre aux même actions de protestation dangereuses qu'il y a deux ans lors desquelles un navire de cette ONG avait provoqué, entre autres, une collision avec le navire-usine japonais Nisshin-maru. Cependant, les actions de Greenpeace ne permettront probablement pas de sauver la moindre baleine comme il le prétendent, mais ont plutôt pour but de recueillir des images pour de futures campagnes médiatiques.
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mardi, janvier 01, 2008

Le Japon suspend la capture des baleines à bosse

Tout d'abord, je tiens à souhaiter une très bonne et heureuse année 2008 à tous mes lecteurs. C'est la troisième année pour ce blog et j'espère pouvoir continuer d'y apporter des informations sur l'histoire de la chasse à la baleine au Japon et sur les coutumes héritées de cette pratique dans l'archipel, tout en commentant l'actualité baleinière.

Pour l'instant, je tiens à faire à le tour des événements qui se sont déroulés récemment quant à la 3e campagne du programme de recherche japonais sur les cétacés en Antarctique (JARPA2).

Le départ des navires s'est fait les 14 et 18 novembre derniers depuis les ports de Shiogama et de Shiminoseki. La flotte est composées de 6 bateaux : un navire-usine (Nisshin-maru), trois baleiniers (Yûshin-maru 1, 2 et 3) et navires d'observation (Kyôshin-maru 2 et Kaikô-maru).
Le programme JARPA2 a pour objectifs (1) le monitorage de l'écosystème de l'Antarctique, (2) la construction d'un modèle de concurrence entre espèces de cétacés (3) l'élucidation des changements spatio-temporels dans la structure des populations et (4) l'amélioration de la procédure de gestion des populations de rorquals de Minke antarctiques (balaenoptera bonaerensis).
Outre la capture de 850 (+/- 10%) rorquals de Minke antarctiques, 50 rorquals communs et 50 baleines à bosse, ce programme prévoit également la collecte de données par le biais de méthodes dites non-létales telles que l'observation des baleines ou les prélévements par biopsie. Le retour de la flotte au Japon est prévu à la mi-avril.

En fait, le Japon a récémment suspendu la capture de 50 baleines à bosse dans le cadre du programme JARPA2. Contrairement à ce qui a pu être annoncé dans les médias occidentaux ou par des ONG opposées à la chasse baleinière, cette décision du Japon n'est pas due aux protestations des pays anti-chasse comme l'Australie, mais le résultats de négociations entre le président actuel de la CBI, l'Américain William Hogarth et l'Agence japonaise pour les pêches. M. Hogarth aurait demandé au Japon de ne pas prélever de baleines à bosse durant les une ou deux années qui viennent et durant lesquelles il va s'efforcer de normaliser la CBI et de la ramener à son mandat qui est "de permettre la conservation des cétacés pour rendre possible le développement ordonné de l'industrie baleinière". Des discussions à ce sujet doivent avoir lieu en mars prochain à Londres.

Le gouvernement australien a envoyé un navire des douanes, l'Oceanic Viking, dans l'océan Austral pour monitorer les activités de la flotte japonaise. De même, un Airbus A319 de la Division de recherche sur l'Antarctique pourrait surveiller les navires nippons depuis le ciel afin de mettre la pression sur le Japon pour qu'il abandonne son programme de recherche sur les cétacés en Antarctique. Le gouvernement australien a cependant refusé de dire si l'Oceanic Viking ou l'A319 étaient entrés en contact avec les bateaux japonais.

Récemment, un écologiste australien renommé, le Professeur Tim Flannery de l'Australian Museum de Sydney aurait déclaré que la capture de 935 rorquals de Minke antarctiques par le Japon ne devrait pas poser de problème pour cette population de cétacés. Tim Flannery, élu Australien de l'année 2007 et scientifique émérite, aurait ajouté qu'il y avait de bien plus importants problèmes que celui de la chasse des rorquals de Minke par les Japonais. Cette déclaration semble faire du remou parmi les opposants à la chasse à la baleine.

Mise à jour (2 janvier 2008) :
J'ai trouvé des informations complémentaires sur Tim Flannery. En 2003, il aurait publié un article intitulé Beautiful Lies - Population and Environment in Australia pour la revue Quaterly Essay. Dans cet article, Flannery critique le mouvement anti-chasse à la baleine, estimant que ce dernier "bloque la développement d'une industrie durable basée sur la chasse des baleines et donc la bonne gestion de ressources marines".
Il ajoute que selon lui, "les Japonais ont raison et qu'ils essayent en fait de créer une industrie baleinière durable".

En avril 2003, lors d'une interview pour la station de radio australienne ABC, il aurait également souligné : "la question d'arrêter la chasse à la baleine n'a plus réellement de fondements écologiques actuellement. Les gens investissent beaucoup de temps et d'énergie à protéger les baleines contre la chasse, ce qui n'a quasiment aucun retour sur le plan de l'environnement."

Mise à jour (4 janvier 2008) :
Il semble que le navire des douanes et l'avion que le gouvernement avait annoncé vouloir envoyer en Antarctique pour surveiller les activités de la flotte baleinière japonaise, ne soient pas encore partis si l'on en croit cette article d'un quotidien australien. Apparemment, l'Airbus A-319 a besoin d'une autorisation de la CASA (Civil Aviation Safety Authority) pour effectuer des vols de surveillance. L'Oceanic Viking ne partira probablement pas tant que la flotte japonaise n'aura pas été localisée par l'avion.
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samedi, novembre 17, 2007

Petit point sur l'actualité baleinière

Alors que malgré un soit disant report, la campagne de chasse scientifique japonaise en Antarctique ne devrait pas tarder à débuter avec le prochain départ de la flotte du Nisshin-maru depuis le port de Shimonoseki, il est intéressant de se pencher sur ce qui a été dit ou écrit ces derniers jours à ce sujet aux quatre coins du monde.

Commencons par le Japon où le programme de recherche relatif aux rorquals de Minke (Balaenoptera acutorostrata) au large du port de Kushiro (département de Hokkaidô) s'est terminé à la fin du mois dernier. Ce programme prévoit la capture annuelle de 60 animaux dans un rayon de 50 miles nautiques autour de Kushiro, notamment pour étudier le régime alimentaire du petit rorqual et sa place dans l'écosysteme nord pacifique.
Selon le quotidien Mainichi, les quatre baleiniers n'ont réussi qu'à capturer 50 rorquals du fait de mauvaises conditions climatiques qui ont obligé les navires à rester au port pendant un tiers de la période de recherche (qui allait du 10 septembre au 31 octobre).
Toutefois, les premiers résultats de ce programme aurait mis en avant le fait que les préférences alimentaires des rorquals de Minke évoluent en fonction de leur âge. Ainsi, les jeunes rorquals n'ayant pas atteint l'âge adulte (moins de 6 mètres) se nourriraient principalement de colin d'Alaska (Theragra chalcogramma), alors que les animaux adultes se nourriraient surtout d'anchois japonais (Engraulis japonica). A ce sujet, le professeur Katô Hidehiro de l'Université de Science et de Technologie marine de Tôkyô, qui dirige ces recherches a émis l'hypothèse selon laquelle les rorquals de Minke pourraient migrer selon des routes différentes en fonction de l'évolution de leurs préferences alimentaires au cours de leur vie.
Les résultats de ce programme seront examinés à l'automne prochain lors d'une réunion de revue de la CBI que le Japon souhaite organiser sur son sol.

Toujours au Japon, de la viande de baleine frite (tatsuta-age) a été servie lors de repas scolaires le 8 novembre dernier dans la ville de Nagato (département de Yamaguchi). Cette région où la chasse à la baleine a connu son essor durant la période d'Edo, conserve encore de nos jours de nombreux patrimoines culturels tels que des stèles funéraires dédiées aux cétacés et des chants baleiniers hérités de cette pratique.
De même, la consommation de viande de baleine y était très répandue jusqu'à ce que le moratoire sur la chasse à la baleine entre en vigueur en 1987. De crainte que cette coutume alimentaire ne disparaisse, l'Association pour la transmission de la culture culinaire baleinière de Nagato - Ôtsu a été créée en 2002 à l'occasion de la tenue de la réunion plénière de la CBI à Shimonoseki, dans le même département.
Le Mainichi explique que les collectivites locales telles que Nagato peuvent acheter de la viande de baleine à l'Institut japonais de recherche sur les cétacés (ICR) pour un tiers du prix habituel. Selon le même institut, la quanité de viande utilisée pour les repas scolaires aurait été de 160 tonnes l'année dernière, marquant une progression annuelle de 20 pourcents.
La viande de baleine a la qualité d'offrir une importante source de proteines animales pour une faible teneur en graisses et cholestérol comparée aux autres viandes (bœuf, porc, poulet).

En Australie, à quelques jours des élections législatives qui doivent se tenir le 24 novembre prochain, la question de la chasse à la baleine est devenue l'un des enjeux de la bataille électorale entre le parti conservateur au pouvoir et les travaillistes. Ceci s'explique par le fait que ce pays est un ardent opposant de la chasse baleinière et que l'industrie du tourisme baleinier (whale-watching) est y est très lucrative.
Le leader du parti travailliste, Kevin Rudd aurait déclaré son intention d'envoyer un navire de la marine pour surveiller, voire stopper les opérations de la flotte baleinière japonaise en Antarctique. Bien que les conservateurs soient également farouchement opposés à la chasse à la baleine, ils sont contre la proposition de M. Rudd.
Outre le fait que le Japon est un important partenaire économique de l'Australie, l'envoi de navires de l'armée dans la zone du Traité pour l'Antarctique serait une infraction à ce même traité. L'Australie violerait donc ainsi le droit international alors que les opérations de chasse scientifique japonaises sont tout à fait en accord avec la Convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine.
Par ailleurs, le Traite pour l'Antarctique gèle les revendications territoriales, ce qui fait que le Japon ne reconnaît pas celles de l'Australie sur une partie du continent antarctique. Le sanctuaire baleinier que les Australiens ont mis en place dans leurs zone d'exclusivité économique en 1999 n'est donc pas valable dans cette partie du monde.

Le groupe de presse australien ABC a récemment publié un article dans lequel il est dit que les chercheurs de ce pays ont développé ou seraient sur le point de mettre au point une technique permettant de déterminer l'âge des baleines à l'aide de bouts de peau qu'elles laissent en faisant des bonds (breaching) hors de l'eau. L'article est en fait assez vague et laisse plutôt comprendre que cette technique ne permet pour l'instant que de savoir si l'on a affaire à un jeune ou à un adulte. Le Professeur Peter Harrison de l'Université de Southern Cross déclare qu' "il est préférable de savoir approximativement l'âge d'une baleine vivante plutôt que l'âge exact d'une baleine morte". A cela, le directeur général de l'ICR (Institut japonais de recherche sur les cétacés), Morimoto Minoru répond qu' "il est de la plus grande importance d'obtenir les meilleures données scientifiques possibles pour assurer un régime de gestion robuste et durable de la chasse baleinière commerciale".
En fait, les deux parties s'opposent sur la finalité des recherches conduites. D'un côté, l'Australie s'oppose à la chasse baleinière et donc à la collecte de données par le biais de méthodes dites létales. De l'autre, le Japon cherche à obtenir des informations précises à l'aide de techniques létales et non-létales afin de permettre la reprise d'une chasse à la baleine commerciale de manière réglementée et durable.

Dans le même article, Mick McIntyre de l'IFAW (Fond international pour les animaux) déclare que "les baleiniers vont se concentrer sur les plus grosses baleines, qui dans le cas des baleines à bosse sont les femelles en âge de se reproduire". Ceci est on ne peut plus faux. Les animaux capturés dans le cadre des programmes de recherche scientifique japonais sont déterminés de manière aléatoire de façon à obtenir les données les plus fiables statistiquement. C'est pour cela que des rorquals de Minke de moins de 6 mètres (n'ayant pas atteint l'âge adulte) ont été capturés dans le cadre des recherches menées au large de Kushiro (voir plus haut)
Ce responsable de l'IFAW fait donc sciemment de la désinformation pour provoquer une réaction de dégoût chez les gens.

L'opposition devrait devenir de plus en plus forte dans les semaines qui viennent. L'ONG Greenpeace a d'ores et déjà déclaré qu'elle traquerait la flotte japonaise depuis les côtes nipponnes avec l'un de ses navires, l'Esperanza.
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