Loin de moi l'idée de faire une série sur l'affaire du soit-disant détournement de viande baleine par des membres d'équipage du Nisshinmaru, mais il y a eu du nouveau ces dernières semaines. Je vais donc faire un résumé des événements récents. Si vous avez raté le début du film, vous trouverez un résumé ici et là.
Après de longs préparatifs, le procés des deux activistes de Greenpeace Japan accusés de vol et d'intrusion, Jun.ichi Satô et Tohru Suzuki, a commencé le 15 février dernier. Etrangement (quoique ?), c'est également le jour qu'a choisi un membre de l'organisation rivale Sea Shepherd pour abordé illégalement un navire de la flotte de recherche japonaise. Les deux activistes de Greenpeace, communément appelé "Tokyo Two" dans les communiqués de presse de leur organisation avait été arrêtés le 20 juin 2008, après que le parquet de Tokyo a annoncé le même jour avoir annulé les plaintes contre les 12 membres d'équipage du Nisshin-maru en l'absence d'éléments à charge.
Cinq jours avant le procès, le 10 février 2010, Greenpeace Japan avait fait appel de la décision du parquet de Tokyo en demandant à un comité d'enquête de la revoir. Il s'agit-là d'une procédure de droit japonais lors de laquelle un comité composé de onze citoyens japonais de se pencher sur l'enquête du parquet sur une affaire et de statuer si la décision de ce dernier est valable ou non. Si la décision du parquet est rejetée, l'enquête doit être refaite et de nouveau présentée au comité. Cela doit permettre à la Justice de fonctionner correctement.
D'après divers quotidiens nippons tels que le Sankei Shinbun, le 1er comité d'enquête de Tokyo aurait confirmé la décision du parquet de Tokyo sur l'affaire de détournement de viande de baleine par 12 membres d'équipage du Nisshinmaru. La raison étant que la viande que ces derniers auraient emportée chez eux en rentrant au Japon était soit offerte en cadeau (omiyage), soit des morceaux ne pouvant être traîtés, soit des restes de ce qui était utilisé pour l'alimentation de l'équipage pendant la durée du programme de recherche. La société maritime Kyôdô Senpaku ayant offert cette viande à son équipage, elle ne pouvait être "détournée".
Greenpeace qui continue d'affirmer qu'il y a eu un détournement de viande de baleine, se voit une fois de plus contredit, cette fois par un comité populaire. L'ONG n'a donc normalement plus d'arguments pour justifier les actes (vol et intrusion) qu'ont commis leurs activistes. Le secrétaire général de Greenpeace Japan a toutefois déclaré dans un commentaire aujourd'hui :仮に判断の背後に捕鯨問題についての誤った理解や偏見があるとすれば言語道断である
Autrement dit, du moment que ça ne correspond pas à leurs idées, ça ne peut pas être fondé ou juste. Ce respect des lois et des institutions me rappelle un peu la façon de penser de Sea Shepherd. Paul Watson avait commencé en tant que membre de Greenpeace, après tout.
Ce serait scandaleux si jamais la décision [du comité] devait se baser sur mauvaise compréhension ou des aprioris quant à la question de la chasse à la baleine.
Le procès des deux activistes de Greenpeace continuera le 14 mai prochain...lire la suite>>
lundi, avril 26, 2010
Petits pois et bacon de baleine II - le retour !
jeudi, mai 07, 2009
Culture baleinière à Osaka
Hier, mercredi 6 mai 2009, je me suis rendu à Osaka pour visiter deux endroits relatifs à la chasse à la baleine. Le premier est un pont dont les parapets sont constitués d'os de baleine situé dans l'enceinte d'un temple bouddhique. Le second est un restaurant de spécialités baleinières dont la patronne est un fervent défenseur de la tradition culinaire baleinière japonaise.
Le pont dit setsugeikyô 雪鯨橋 se situe dans l'enceinte du temple Tennenzan Zuikôji 天然山瑞光寺, dans l'arrondissement Higashi-Yodogawa à Osaka. Il a la particularité d'avoir des parapets faits d'os de baleines. Son origine remonterait à l'an 1756 durant lequel le maître zen Danjû Chinin du temple Zuikôji serait passé par le village de Taiji où la pêche était alors mauvaise. Les pêcheurs lui aurait donc demandé de faire des prières pour que la pêche soit bonne. Malgré son refus initial du fait de l'interdit bouddhique sur la mise à mort d'animaux, Chinin aurait finalement accepté de répondre au souhait des pêcheur de Taiji. Les prières du maître zen aurait porté leurs fruits et en remerciement, les pêcheurs du petit village décidèrent d'offrir au temple Zuikôji des os de baleines qui servirent pour la construction du pont setsugeikyô.
Le pont symboliserait les prières pour le repos des âmes des baleines et serait l'expression du vœu de Danjû Chinin de prendre soin de toutes les formes de vie. Notons qu'une tablette funéraire est également conservée au temple Zuikôji. On retrouve en fait ici la même philosophie bouddhique qu'à Kayoi où est érigée une tombe pour les baleines, démontrant un lien spirituel fort entre les chasseurs et leurs proies qui va au-delà du simple aspect économique. Le seitsugeikyô, appelé populairement "kujira-bashi" (le pont baleine), aurait été reconstruit pour la sixième fois en 2006 à l'aide d'os (omoplates et mâchoires inférieures) de rorquals de Minke antarctiques et de rorquals boréaux offerts par l'Institut japonais de recherche sur les cétacés (ICR). Les os avaient été préalablement enterrés en 2004 pour les dégraisser. A cette occasion, une cérémonie funéraire avait été tenue par le prêtre du temple.Situé dans un quartier commerçant de l'arrondissement central d'Osaka, le restaurant Tokuya, ouvert en 1967 par Ohnishi Mutsuko, propose un large éventail de plat à base de baleine. Parmi eux se trouve le hari hari nabe ハリハリ鍋, une sorte de potée où l'on fait cuire de la viande de baleine (akami), des mizuna (Brassica rapa nipposinica) et du tofu dans un bouillon. Il s'agit d'un plat populaire d'Osaka. De même, les gens d'Osaka mangent le lard de cachalot légèrement bouilli dans un bouillon. Ils appellent ce plat koro-oden コロおでん. Mme Ohnishi m'a expliqué que seul le lard de cachalot est généralement pas consommée par les gens. La viande de cachalot étant considérée de mauvais goût, elle aurait surtout servi à l'alimentation animale.
Mme Ohnishi est par ailleurs très active pour promouvoir la cuisine baleinière japonaise dans le monde. Elle a à cet effet publié en 1995 un livre recensant de nombreuses recettes illustrées de photos, qu'elle m'a fait l'honneur de m'offrir et de me dédicacer. Elle a également assisté à de nombreuses réunions plénières de la Commission baleinière internationale en tant qu'observateur (NGO). Bien que la chasse à la baleine n'y ait jamais été pratiquée, Osaka est en quelque sorte la capitale gastronomique du Japon de la cuisine baleinière.
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lundi, avril 27, 2009
La viande de baleine plus écologique que celle de bœuf
L'année dernière, l'association pro-baleinière norvégienne High North Alliance (HNA) avait présenté une étude démontrant que la viande de baleine était plus écologique que d'autres viandes sur la base des quantités de gaz à effet de serre émis lors de leur production. Cette fois-ci c'est au tour de l'Agence japonaise de recherche pour la pêche (FRA) de présenter des résultats similaires. Voici la traduction d'un article à ce sujet publié récemment par le quotidien Sankei shinbun.
La viande de baleine plus écologique que celle de bœuf ? Moins de 1/10 de CO2 émis
Sankei shinbun, le 24 avril 2009
Une étude conduite par l'Agence japonaise de recherche pour la pêche a révélé que la quantité de gaz à effet de serre tels que le dioxyde de carbone (CO2) émis lors de la production de viande de baleine était inférieure à un dizième de celle libérée pour produire de la viande de bœuf. Cela permettrait d'affirmer que la viande de baleine est comparativement plus respectueuse de l'environnement que la viande de bœuf. L'Agence japonaise pour la pêche (FAJ) porte beaucoup d'intérêt à ce genre données, considérant qu'elles "offrent un nouvel argument pour convaincre les pays anti-baleiniers lors des négociations internationales sur la reprise de la chasse commerciale à la baleine."
La viande de baleine est un sous-produit des programmes de recherche conduits entre autres en Antarctique, obtenu après que divers prélèvements ont été faits sur les cétacés capturés par la flotte baleinière, et est vendue sur le marché japonais. La FRA a basé son estimation des émissions de CO2 sur la quantité de carburant utilisé par la flotte de recherche lors d'expéditions d'il y a quelques années. Elle a ensuite calculé la quantité de CO2 émis pour 1 kilogramme de viande de baleine produit/vendu.
Les résultats donnent 2,5 kg de CO2 pour 1 kg de viande de baleine dans le cas du programme de recherche conduit à environ 1000 kilomètres des côtes du Japon, dans le Pacifique nord. Dans le cas de programme conduit dans l'Océan austral, soit à 10.000 kilomètres de Japon, la quantité de CO2 est certes plus importante, mais reste à environ 3 kg pour 1 kg de viande de baleine.
En comparaison, la quantité de gaz à effet de serre (dont CO2) libérés pour produire 1 kg de viande de bœuf est estimé à 36,4 kg, soient plus de 10 fois plus que pour la viande de baleine.
La production de viande de bœuf nécessite beaucoup d'énergie pour l'élevage du bétail et la production et le transport du fourrage, alors que dans le cas de la viande de baleine, il n'y a que le carburant des navires baleiniers qui entre en jeu, rendant ainsi l'émission de gaz à effet de serre comparativement peu importante.
Outre le fait que de nombreux pays membres de la CBI opposés à la chasse à la baleine tels que l'Australie portent une attention particulière à la protection de l'environnement, l'ONG américaine Sea Shepherd qui s'oppose de façon violente à la chasse à la baleine se présente également comme écologiste.
L'Agence japonaise pour la pêche considère que présenter les avantage de la chasse à la baleine dans le contexte "écoligique" de la réduction des émissions de gaz à effet de serre devrait permettre de mieux faire comprendre la position du camp pro-chasse. Les données de cette nouvelle étude devrait donc servir lors des négociations internationales à venir.
(Crédit photo : ICR)
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mercredi, février 11, 2009
Journalisme et chasse à la baleine - 3
En avril et mai 2007, j'écrivais respectivement au sujet d'un reportage de Reuters signé Olivier Fabre et de deux articles de Libération signés de Michel Temman. Je soulignais à quel point certains journalistes pouvaient faire preuve de manque de professionnalisme lorsqu'il s'agit de la chasse à la baleine. Hé bien, jamais deux sans trois, comme on dit ! Cette fois-ci, c'est au tour de leur confrère Olivier Michel du Figaro magazine.
Le titre de l'article de M. Michel donne tout de suite la couleur : "Baleines : pendant le massacre, la dégustation continue". Le mot massacre laisse déjà comprendre que le journaliste a plutôt un à priori négatif sur la chasse à la baleine. D'ailleurs, il n'y a aucun doute sur la qualité des programmes de recherche nippons, puisque "c'est en réalité la gastronomie et le commerce qui motivent la poursuite de campagnes massives et sanglantes." Donc l'auteur de l'article ne semble pas s'être donné la peine de se renseigner sur les résultats des recherches sur les cétacés que le Japon conduit depuis plus de 20 ans maintenant, mais il s'en donne à cœur-joie avec des mots comme "sanglant".
Pour illustrer ses dires, M. Michel a probablement dû se rendre au restaurant-magasin Yûshin dans le quartier d'Asakusa où, nous explique-t'il, on "propose de façon parfaitement explicite des centaines de conserves ou emballages sous vide contenant les meilleurs morceaux de baleine, crus ou séchés." Un peu plus loin, on apprends que "les acheteurs se pressent devant les réfrigérateurs, les vendeuses proposent aux plus fortunés le bacon, meilleure partie du mammifère, au prix de 2 500 euros le kilo." Étant un habitué du Yûshin, je dois vous avouer que le chiffre de 2500 euros m'a d'autant plus laissé perplexe que j'ai déjà acheté du bacon de baleine là-bas. Si vous jetez un coup d'œil à la photo ci-dessus, vous constaterez que les 200 grammes de bacon sont vendus 5.500 yen. Un rapide calcul (5.500 x 5 / 117) me donne le kilo à environ 235 euros, soit environ dix fois moins que ce que Olivier Michel nous annonce. Sagit-il là une simple erreur de sa part, ou y a-t'il une volonté de donner une fausse image de la valeur de la viande baleine au Japon ?
Le journaliste nous raconte ensuite que "dans les restaurants chics de l'archipel, les morceaux de choix multiplient souvent les additions par dix et sont à l'origine d'un trafic dénoncé par deux membres japonais de Greenpeace qui font la une des quotidiens." Bon, on sait déjà qui multiplie les prix par dix... c'est lui ! Quant au trafic dénoncé par Greenpeace, il reste à prouver puisque l'enquête conduite par le procureur de Tokyo n'a rien trouvé pour confirmer les accusations de l'ONG à l'encontre de 12 membres d'équipage du Nisshinmaru.
Le paragraphe suivant est toutefois celui que je préfère dans son article :
"Les autorités japonaises font, aux dires des spécialistes, un très mauvais calcul. Tout d'abord, parce que la chasse à la baleine n'est plus ce qu'elle était. En pleine crise économique, les longues campagnes coûtent beaucoup d'argent et n'en rapportent pas assez (les consommateurs ont d'autres priorités)."
Ça démontre à quel point le journaliste n'a aucune connaissance du sujet qu'il traite. Tout d'abord, les programmes de recherche japonais sur les cétacés ne sont pas des campagnes commerciales et les fonds issus de la vente de la viande de baleine ne servent qu'à couvrir les frais occasionnés par la recherche, pas à faire des profits. Quant à la question de savoir quelle est la priorité des consommateurs nippons, je me demande ce qu'il en sait.
Olivier Michel revient rapidement sur le bien fondé de la recherche japonaise en citant une source inconnue : "Tous les scientifiques du monde publient une abondante littérature sur l'objet de leurs travaux, expliquent les opposants. Or les Japonais ne publient rien." Tiens, c'est bizarre. L'année dernière, il y a eu tout un tintamarre en septembre 2008 au sujet d'un article publié dans le numéro de juillet de la revue Polar Biology. Les Japonais ne publieraient donc pas rien !? Il n'était pas difficile de se renseigner pourtant.
L'auteur de l'article conclut sur une note positive. On nous apprends que le fabricant d'appareils photo japonais Canon se serait "positionnée clairement contre la chasse avec le slogan « On ne doit shooter les baleines qu'avec un appareil photographique »." Ben oui, mais non... Ça, c'est la campagne de Greenpeace qui cherche à forcer Canon à prendre position contre la chasse baleinière, mais jusqu'à preuve du contraire, elle n'a toujours pas réussi.
Donc, M. Michel est lui aussi recalé pour ce qui est des compétences nécessaires au journalisme : impartialité, travail de recherche, etc.
PS :
Il y a également eu un article de Michel Temman sur les deux activistes de Greenpeace accusés de vol, mais ça ressemble tellement à une vulgaire repompe de la propagande de l'ONG que je ne me donnerai même pas la peine de le commenter...lire la suite>>
vendredi, juillet 18, 2008
Petits pois et bacon de baleine - suite de l'épilogue
Comme je l'expliquais précédemment, Greenpeace avait accusé douze membres d'équipage du Nisshin-maru de détourner illégalement de la viande de baleine pour alimenter un marché parallèle. Pour prouver leurs dires, deux activistes de Greenpeace Japan avaient subtilisé un colis envoyé par l'un de ces marins à destination de son domicile lors de son transfert dans un centre de tri de la compagnie de transport Seinô. Malheureusement pour Greenpeace, le parquet de Tokyo a abandonné l'enquête le 20 juin dernier, ne disposant d'aucun soupçon à l'encontre des douze marins incriminés.
Dans le même temps, la compagnie Seino portait plainte auprès de la police d'Aomori pour le vol du colis. Les deux activistes de Greenpeace, Satô Jun.chi et Suzuki Tohru ont par conséquent été arrêtés le 20 juin, en même temps que la police saisissait leurs domiciles et les locaux de Greenpeace Japan à Tokyo. Après leur transfert vers Aomori, les deux suspects ont été placés en garde à vue sans chef d'accusation pendant 21 jours. Ils ont ensuite été accusés de vol et de violation de propriété privée le 11 juillet. Le tribunal d'Aomori a accepté leur demande de mise en liberté sous caution le 15 juillet. Le montant de la caution est de 8.000.000 Yen (environ 48.000 Euros), payés le jour-même par Greenpeace.
Malgré le fait que le parquet de Tokyo ait abandonné son enquête, faute de soupçons à l'encontre des 12 marins de la compagnie Kyôdô Senpaku, Greenpeace continue de prétendre qu'il y a un trafic de viande de baleine. Ils ont également fait appel à leurs supporters de par le monde pour signer une pétition demandant la libération de leurs deux activistes "injustement" arrêtés. Autrement dit, l'ONG essaye coûte que coûte de sauver la face. Cela se fait au détriment de leurs supporters qui sont désinformés. C'est dans ce contexte que la société maritime Kyôdô Senpaku a aujourd'hui rendues publiques les conclusions de l'enquête qu'elle a menée en interne sur les accusations de détournement et présentées au Ministère japonais de l'Agriculture, de la pêche et des forêts. Il y a un communiqué de presse en anglais et en japonais. Voici une traduction du communiqué japonais :Rapport concernant les questions autour de la viande de baleine
Nous présentons ci-dessous les résultats de l’enquête concernant l’accusation faite par Greenpeace Japan auprès du parquet de Tokyo selon laquelle 12 membres de l’équipage du Nisshin-maru qui a participé au programme de recherche sur les cétacés en Antarctique conduit par l’ICR auraient détourné en grande quantité du bacon de baleine résultant de la recherche.
Nous présentons également les mesures que nous avons décidé de prendre pour assurer la transparence quant à la distribution de viande de baleine à nos marins.
I. Résultat de l’enquête
1. Le bacon de baleine salé que Greenpeace Japan a emporté en tant que "preuve" du centre de tri de la compagnie de transport Seinô à Aomori a été envoyé à destination de son domicile par un employé de l’usine du Nisshin-maru (52 ans, domicilié à Hakodate). Du bacon de baleine est offert à tous les membres d’équipage’ du Nisshin-maru en tant que cadeau lors de leur débarquement, mais cet envoi comprenait également les parts que des collègues ont cédée à cet employé. (Tous les ans, Kyôdô Senpaku achète de la viande de baleine à l’Institut japonais de recherche sur les cétacés et distribue en tant que cadeau 8 kilos de bacon de baleine salé et 1,6 kilos de viande (rouge) de baleine en morceaux à chacun de ses marins lors du débarquement)
2. Les prix de la viande de baleine étant déterminé par l’ICR après la fin de la recherche (généralement en juin), ils ne sont pas encore fixés lorsque la viande de baleine est distribuée en tant que cadeau aux membres d’équipage et la transaction avec l’ICR se fait sur la base des prix de l’année précédente.
3. Kyôdô Senpaku a conduit une enquête quant aux contenus des colis envoyés par chacun des membres d’équipage ayant pris part à la dernière opération de recherche sur les cétacés en Antarctique. Voici les points que cette enquête a révélés :
(a) La quantité de bacon salé réservé aux cadeaux qui a été débarquée est la même que celle produite à bord du navire et aucun produit n’a été emporté sans autorisation.
(b) Après avoir reçu de la viande de baleine en tant que cadeau, certains membres d’équipage l’ont cédée à des collègues car n’en ayant pas besoin.
(c) Aucun membre d’équipage n’a vendu les cadeaux ayant été distribués à des magasins de viande de baleine ou à des établissements de restauration.
II. Mesures à venir
1. La distribution de viande de baleine aux marins et la détermination des prix de ces cadeaux est effectuée en toute équité et de façon adéquate comme expliqué ci-dessus (I.), mais pour assurer la transparence la façon dont la distribution est réalisée sera désormais rendue publique.
2. Concernant la viande distribuée aux membres d’équipage, Kyôdô Senpaku va tout gérer à bord du navire et se charger de faire directement les envois aux adresses de chacun des marins après le débarquement.
3. Concernant l’achat de la viande de baleine destinée à être distribuée comme cadeaux aux membres d’équipage, on employait jusqu’à présent les prix de l’année précédente, mais désormais, le paiement sera fait une fois les prix pour l’année en cours déterminés.
4. En plus des lettres remises actuellement aux employés, l’interdiction de revendre la viande de baleine distribuée va être introduite dans le réglement interne.
Tout ceci devrait conclure l'affaire...sauf probablement pour Greenpeace...lire la suite>>
samedi, juin 21, 2008
グリーンシーフ逮捕祝い!
Pour célébrer l'arrestation de deux membres d'ONG pseudo-écologique pour vol, je me suis préparé un plat de bacon de baleine et de petits pois. Voilà ce que ça donnait en japonais :
Et dans la langue de Shakespeare :
Je tiens à préciser que tous les aliments ont été consommés et qu'il n'y a pas eu de gâchis. De même, le bacon de baleine a été acheté et pas volé. :)..lire la suite>>
vendredi, juin 20, 2008
Petits pois et bacon de baleine - épilogue
Le scoop de la journée, c'est l'arrestation ce matin de deux membres de Greenpeace Japan par la police japonaise pour suspicion de vol. Cette information est reprise en boucle à la télévision depuis ce matin. Les deux activistes de Greenpeace arrêté sont Jun.ichi Satô et Tohru Suzuki. La police conduit des perquisitions aux domiciles des deux suspects et dans les bureaux de Greenpeace Japan depuis la matinée.
Ces arrestations ont été effectuées dans le cadre de l'enquête menée par la police du département d'Aomori sur le vol d'un colis dans un dépôt de la compagnie de transport Seinô le 16 avril 2008. Ce colis a été subtilisé par des membres de Greenpeace Japan pour obtenir une preuvre à conviction quant à un soi-disant détournement et traffic de viande de baleine organisés par des membres d'équipage du Nisshin-maru, le navire-usine appartenant à la flotte ayant pris part au programme japonais de recherche sur les cétacés en Antarctique.
Greenpeace Japan a porté plainte contre 12 membres d'équipage du Nisshin-maru pour ce qu'il considère être un détournement et traffic de viande de baleine auprès du parquet de Tokyo, après avoir tenu une conférence de presse le 15 mai dernier lors de laquelle ils ont présenté le colis subtilisé et contenant 23,5 kilos de bacon de baleine (unesu). Le parquet de Tokyo a reçu la plainte de Greenpeace et commencé l'enquête le 20 mai. Dans le même temps, les médias japonais ont vivement critiqué la manière de laquelle des membres de Greenpeace Japan ont obtenu leur preuve, cela s'apparentant à du vol. L'ONG a rétorqué qu'il s'agissait là du seul moyen d'obtenir une preuve et qu'il ne s'agit donc pas de vol. Le même jour, la compagnie de transport Seinô a porté plainte auprès de la police d'Aomori pour le vol du colis.
A l'occasion de sa conférence de presse du 15 mai, Greenpeace a émis un rapport (en japonais et anglais) dénonçant le soi-disant détournement-traffic de viande de baleine. Selon ce rapport, un informateur, anciennement employé de la compagnie Kyôdô Sempaku à laquelle le Nisshin-maru appartient, donne le détail de ce traffic. Il me semble intéressant de se pencher un peu sur ce rapport.
Tout d'abord, il y a une différence entre les versions japonaise et anglaise, cette dernière étant plus courte de deux pages. Il pourraît s'agir d'un problème de langue (l'anglais prenant moins de place que le japonais), mais après examen détaillé du rapport, j'ai constaté que l'interview de l'ancien employé de Kyôdô Senpaku avait été abbrégée en anglais. On compte en effet 79 séries de questions-réponses en japonais, contre seulement 29 en anglais. J'ai demandé à un membre de Greenpeace s'il y avait une raison à cette omission. Il m'a répondu que non, qu'il s'agissait d'un choix des personnes ayant préparé le rapport.
L'information manquante en anglais est pourtant intéressante. En effet, face aux accusations de Greenpeace, la compagnie maritime Kyôdô Senpaku a déclaré qu'il était de coutume d'offrir de la viande de baleine à l'ensemble des membres d'équipage qui passent cinq mois en mer, dans un environnement hostile et loin de leurs familles. Ce fait est confirmé par l'informateur de Greenpeace. Voici le passage correspondant, suivi d'une traduction personnelle français :調:先ほどその、個人で持ち帰られるっていう肉があるっておっしゃいましたけど、その中に「お土産」もあるということを聞いたことがあるんですけども。
Q: Vous avez dit tout à l'heure qu'il y avait de la chair [de baleine] que chacun ramène chez soi, mais j'ai également entendu dire qu'il y avait également des "cadeaux".
情:はい。あの、船側である程度お土産はくれますね。それは、赤肉1キロブロックが6個くらい、あと畝須の塩漬けが5キロくらいですね。それはお土産でくれますね。あと、個人で買うものもあります。だいたい1人最低4キロ、1キロブロック4個くらいは買いますね。
R: Oui. La compagnie maritime (NDT: Kyôdô Senpaku) nous offre des cadeaux dans une certaine mesure. C'est environ 6 blocs d'un kilo de viande rouge et aussi environ 5 kilos de bacon de baleine. Ensuite, on peut aussi en acheter personnellement. On achète environ 4 kilos par personnes au moins, soit 4 blocs d'un kilo.
調:それは、具体的に買うというのはどういう風に?現金で払って買う?
Q: Vous achetez ça comment exactement ? En payant en liquide ?
情:いえ。給料引きですね。
R: Non. C'est déduit du salaire.
調:後々、給料から…ですか?
Q: Déduit ensuite du salaire ?
情:そうですね。給料から引かれます。
R: Oui. C'est déduit du salaire.
調:それらはどのようにして個人宅に配達されるんでしょうか?
Comment tout ceci est-il envoyé au domicile de chacun ?
情:そのお土産品ですか?
R: Les cadeaux?
調:はい。
Q: Oui.
情:冷凍品はみんな宅急便ですね。
R: Les produits congelés sont tous envoyés par colis express.
調:クール宅急便?
Q: Par colis express réfrigérés ?
情:クール宅急便ですね。冷凍品は。
R: Oui, par colis express réfrigéré, pour les produits congelés.Ce que je déduis de ce passage, c'est que la compagnie Kyôdô Senpaku offre effectivement de la viande de baleine congelée et du bacon de baleine (conservé dans le sel) à ses employés en remerciement de leurs efforts comme elle l'a annoncé dans un de ses communiqués de presse. Il se trouve que Greenpeace a découvert 23,5 kilos de bacon de baleine conservé dans le sel dans le colis qu'il a dérobé dans le dépôt d'Aomori. Les aliments conservé dans le sel ne nécessitant pas forcément d'être congelé. En outre, l'employé qui a envoyé ce colis à destination de son domicile à Hokkaidô a expliqué avoir reçu les parts de trois de ses collègues. J'ai demandé aujourd'hui, lors d'une conférence de presse, au secrétaire général de Greenpeace Japan, Jun Hoshikawa si le colis qui a été subtilisé par les deux activistes arrêtés ne pouvait pas correspondre aux "cadeaux" dont il est fait mention dans le rapport de Greenpeace. Il m'a répondu que non.
Une autre chose qui m'interpelle dans le rapport de Greenpeace, c'est la quantité de viande de baleine qui serait détournée. D'après leur informateur, entre 120 à 130 membres d'équipage du Nisshin-maru emporteraient chacun de 200 à 300 kilos de viande de baleine. Ca fait entre 24 et 39 tonnes en tout! Je ne sais pas où ils mettent tout ça, mais les chambres du Nisshin-maru ne permettent certainement pas de cacher 200 kilos de chair de baleine. En outre, si on considère qu'un colis contient en moyenne 25 kilos, Greenpeace aurait dû observer entre 960 et 1.560 colis. Seuls 47 colis ont été constatés lors du retour du Nisshin-maru au port de Tokyo, le 15 avril 2008.
J'ai fait remarquer cette différence à M. Hoshikawa, mais sa seule explication a été que cette année, la flotte n'ayant pu prélever que 551 rorquals de Minke, il devait y avoir moins de viande de baleine détournée. Certes, mais 551 rorquals de Minke représentant environ la moitié de ce qui était prévu, il y aurait dû y avoir entre 480 et 780 colis contenant la soi-disante viande détournée. On est encore loin du compte.
Selon le quotidien Nikkei Shinbun, le parquet de Tokyo a annoncé aujourd'hui avoir annulé les plaintes contre les 12 membres d'équipage du Nisshin-maru en l'absence d'éléments à charge. Cette annonce vient clore cette affaire en ce qui concerne les baleiniers japonais, mais ce n'est que le début pour Greenpeace. La police japonaise enquête actuellement sur l'organisation du vol commis à l'encontre du dépôt de la compagnie Seinô à Aomori. Greenpeace pourrait aussi se voir accuser de diffamation. Autrement dit, les "petits pois" sont cuits. Il est sans doute temps que cette ONG se détache de la question de la chasse à la baleine et se préoccupe de sujets plus importants sur le plan écologique. En tout cas, ils ont perdu le peu de crédibilité qu'ils avaient au Japon...lire la suite>>
jeudi, juin 19, 2008
La tradition religieuse des « chrétiens cachés » préservée sur l’île d’Ikitsuki
J'avais déjà évoqué les chrétiens cachés (kakure kirishitan 隠れ切支丹) d'Ikitsuki lorsque j'avais présenté la traduction d'un article sur l'œuvre "Kujiragami". Le site FujiSankei a récemment publié un article sur un office religieux tenu par des descendants des chrétiens cachés et lors duquel il était de coutume d'offrir de la viande de baleine bouillie. Cela permet d'envisager un peu mieux la relation entre les chrétiens cachés et le kujiragumi du clan Masutomi. Voici une traduction de cet article.
La tradition religieuse des « chrétiens cachés » préservée sur l’île d’Ikitsuki
FujiSankei, le 18 juin 2008
Dans une petite et sombre pièce à plancher de bois, cinq hommes vêtus de kimonos entonnent une sorte d’incantation en joignant les mains. "Gururiyôza dômino." Les voix graves résonnent avec la mélodie du chant grégorien hérité des liturgies de l’Eglise catholique romaine. Il s’agit de l’ "oratio", des prières où se mèlent le latin et le portuguais au japonais.
Sur le mur de la pièce voisine est accroché une peinture représentant une femme pure vêtue d’un kimono. Bien qu’elle ressemble avant tout à une Japonaise, il s’agit d’une image de la Vierge que ces hommes appellent une "relique sacrée". Devant sont posés du saké dans une petite coupe et de la viande de baleine bouillie dans une assiette. Ces offrandes flottent dans la lumières des bougies.
Malgré l’interdiction durant la période d’Edo, les "chrétiens cachés" n’ont pas renoncé à leur foi. Sur l’île d’Ikitsuki (commune de Hirado, département de Nagasaki), quelques 500 croyants ayant hérité de ces traditions continuent ces offices environ dix fois par an, plus de 130 ans après la levée de l’interdiction au début de l’ère Meiji.
De la sériole et de la seiche
"Autrefois, il était coutumier de consommer les offrandes après avoir executé l’oratio, mais cette pratique a quasiment disparu," explique avec tristesse Kawasaki Masaichi dont la famille se transmet le rôle d’ "oyaji" chargé de préserver la relique sacrée de génération en génération.
Avec la succession de jours fériés du mois de mai, des touristes sont également venu assister à l’office ce jour-là et l’offrande traditionnelle de viande de baleine bouillie a été faite pour ainsi dire de manière exceptionnelle. "Ces dernières années, il est difficile et coûteux de se procurer de la viande de baleine. Nous utilisons donc souvent du sashimi de poisson comme la sériole ou encore de la seiche pour les offrandes," précise M. Kawasaki.
Le saké et la nourriture des offrandes sont des substituts au vin et au pain qui sont utilisés lors des offices chrétiens comme symboles du sang et du corps de Jésus. Autrefois, on utilisait principalement de la viande de baleine en lieu du pain parce qu’on en trouvait facilement.
La technique de chasse consistant à capturer des baleines à l’aide de filets et de harpons s’est établie sur l’île d’Ikitsuki à partir du deuxième tiers de la période d’Edo. Le clan Masutomi qui y dirigeait un "kujiragumi", une organisation de chasse à la baleine, a prospéré durant 140 ans et bâti son immense fortune en extrayant l’huile de baleine selon une méthode qu’il lui aurait été transmise par les Hollandais.
Les baleines étaient également utilisées efficacement pour la nourriture. La viande était salée et envoyée à Fukuoka, le blanc à Saga, le couteux lard des sillons à Nagasaki où le commerce avec l’étranger était florissant, ... De récentes données indiquent que Nagasaki est encore de nos jours la région où la consommation annuelle de viande de baleine est la plus élevée, mais elle ne dépasse pas 170 grammes par habitant. La quantité de viande de baleine en distribution est a ce point rare.
Accrochages
Le navire de protestation de l’organisation écologiste américaine Sea Shepherd se déplace parallèlement, tout près du Nisshin-maru, le navire usine de la flotte de recherche japonaise. Il se rapproche, ignorant les avertissements répétés en anglais par l’équipage japonais lui ordonnant de garder ses distances.
"Distance cinq mètres. Des bouteilles contenant ce qui semble être de l’acide butyrique viennent d’être lancées. Il y a des blessés." Un garde-côte japonais hausse la voix sur le pont du navire pour faire un rapport de la situation. Il s’agit des accrochages qui se sont produits en Antarctique autour de la chasse à la baleine et dont les images ont été diffusées plusieurs fois lors des journaux télévisés au début de cette année.
La Commission baleinière internationale (CBI) a adopté une interdiction de la chasse commerciale à la baleine en 1982. Bien que la chasse scientifique dont le but est d’éclaircir les paramètres biologiques des baleines ait été approuvée à partir de 1987, l’opposition entre les pays baleiniers comme le Japon et la Norvège et les ONG et nations opposées à la chasse à la baleine tels que les Etats-Unis et le Royaume-Uni ne disparaît pas.
"Ce qui pose problème, c’est que les baleiniers capturent des baleines d’espèces menacées d’extinction sans en connaître le nombre exact. Cette pratique n’a de scientifique que le nom et est en réalité commerciale," commente un responsable des relations publiques de Greenpeace Japan.
De son côté, Okada Hideaki de l’Agence pour la pêche rétorque que, de même que pour les poissons, il est nécessaire de prélever des baleines des espèces dont les populations augmentent. "Il existe au Japon une tradition de manger de la baleine depuis les temps anciens et contrairement aux pays occidentaux, on utilise tout dans la baleine," souligne-t’il.
Produit de la rechercheLes pays qui s’opposent actuellement à la chasse à la baleine la pratiquaient autrefois, rejetant la carcasse après en avoir extrait l’huile. Au Japon, l’utilisation alimentaire était centrale et on pense que les habitants de l’archipel consommaient déjà de la viande de baleine à la période Jômon. A l’époque où la chasse commerciale était la plus active après la Seconde Guerre Mondiale, plus ou moins 200.000 tonnes de viande de baleine circulaient annuellement et on en servait même lors des repas scolaires.
La quantité actuelle de viande de baleine est actuellement d’environ 4000 tonnes (données 2007). La viande de baleine est vendue en tant que "produit" de la chasse scientifique que l’Institut japonais de recherche sur les cétacés (Tokyo) conduit sous mandat de l’Agence japonaise pour la pêche et le volume total distribué ne représente qu’un pourcent de celui du thon. Les recettes servant à couvrir les frais de recherche de l’année suivante, un kilogramme de viande de baleine coûte près de 2000 Yen, soit plus du double du prix du thon obèse (Thunnus obesus).
Le nombre de baleines diffère en fonction des espèces. Bien qu’il y ait des craintes que les baleines bleues disparaissent, la CBI a certifié qu’il y avait près d’un million de rorquals de Minke. Malgré cela, les pays baleiniers et ceux opposés à la chasse à la baleine n’arrivent pas à trouver un terrain d’entente.
Tenace est l’opinion observant la valeur de la baleine comme source de nourriture qui pourrait remplacer les poissons tels que le thon dont les ressources ne suffisent pas du fait de la forte demande internationale due au succès des sushi et sashimi. "Je souhaite que les frictions émotionelles et les actions contre la chasse scientifique cessent et qu’un débat puisse avoir lieu dans le calme." Telle est la prière de M. Kawasaki, héritier des croyances de chrétiens cachés à Ikitsuki...lire la suite>>
mercredi, juin 04, 2008
Petit point sur l'actualité baleinière avant la 60e réunion de la CBI
La 60e réunion plénière de la Commission baleinière internationale (CBI) aura lieu du 23 au 27 juin prochains à Santiago du Chili. En fait le comité scientifique de la CBI est déjà réuni depuis le 1er juin, et ce jusqu'au 13. C'est généralement durant les semaines qui précèdent la plénière que les pro- et anti-chasse baleinière se lancent dans une confrontation médiatique. Outre les accusations de Greenpeace selon lesquelles des marins du Nisshin-maru détourneraient de la viande de baleine (l'enquête est en cours), voyons quelles ont été les récentes informations relatives à la chasse à la baleine.
Selon le Mainichi shinbun, la composante côtière du programme de recherche japonais sur les cétacés dans le Pacifique nord-ouest (JARPN2) au large du port d'Ishinomaki (département de Miyagi) s'est conclue le 18 mai dernier avec la capture de 60 rorquals de Minke communs (balaenoptera acutorostrata). L'Institut japonais de recherche sur les cétacés (ICR) a rendu public (en japonais) un rapport sur les premiers résultats de ces recherches. Selon le professeur Katô Hidehiro, responsable du programme, la découverte de lançons du Pacifique (Ammodytes personatus) immatures dans les estomacs des rorquals de Minke juvéniles serait une première, ces animaux se nourrissant généralement de lançons adultes.
Le quotidien local Chûgoku shinbun rapporte que le départ de la flotte de recherche du Nisshin-maru pour le Pacifique nord-ouest initialement prévu au 30 mai a été retardé par le suicide d'un membre d'équipage à bord du navire-usine ce jour-là. L'homme aurait à plusieurs reprise fait part à ces collègues d'une maladie chronique qui le faisait souffrir. Les gardes-côtes suivent cette piste.
Le ministère de la pêche islandais a annoncé le 19 mai dernier avoir fixé un quota commercial de 40 rorquals de Minke communs pour ses baleiniers. Ces derniers espéraient un quota de 100 rorquals de Minke ainsi que de quelques rorquals communs, mais le ministère a préféré établir un quota viable économiquement. L'année dernière, l'Islande avait mis un terme à la saison de chasse baleinière de crainte que la viande de baleine ne se vende pas. Cette décision a été critiquée à la fois en Islande, notamment par le ministère de l'Environnement, et à l'étranger par divers pays comme les Etats-Unis qui ont accusé l'Islande de miner les efforts de réconciliation qui sont actuellement faits au sein de la CBI. Etrangement, ces pays n'ont pas critiqué la Norvège lorsqu'elle a établi un quota de plus de 1000 rorquals de Minke plus tôt cette année.
Les deux pays scandinaves mentionnés ci-dessus ont récemment annoncé qu'ils avaient exporté de la viande de baleine à destination du Japon pour la première fois depuis près de 18 ans. Le ministère japonais de l'Agriculture, des pêches et des forêts a déclaré qu'il n'avait pas connaissance de demande d'autorisation d'importation, procédure nécessaire pour importer de la viande de baleine. La cargaison comporterait 60 tonnes de viande de rorquals communs capturés en Islande en 2006. Une fois encore les Etats-Unis ont critiqué la décision des pays baleiniers. Notons également que les journalistes de Reuters ne semblent pas savoir de quoi ils parlent puisqu'ils annoncent que la réunion plénière de la CBI aura lieu en Chine !
Pour finir, la société Kyôdô Senpaku qui affrete les navires baleiniers utilisés lors des programmes de recherche sur les cétacés a rendu public un rapport concernant la consommation annuelle de viande de baleine au Japon. Selon ce rapport, le département de Nagasaki arriverait en tête avec 177,4 grammes par personne, suivi des départements de Miyagi, Saga, Yamaguchi et Fukuoka. La moyenne nationale serait de 50,2 grammes par personne. L'Agence japonaise pour les pêches aurait commenté que ces chiffres démontraient qu'"il existait des régions où la consommation de viande de baleine restait fortement ancrée dans les coutumes." L'ONG Greenpeace déclare de son côté que la consommation est très faible et qu'il n'y a quasiment aucune demande dans l'ensemble du pays...lire la suite>>
vendredi, mai 16, 2008
Petits pois et bacon de baleine
Malgré le titre, il ne s'agit pas d'une recette de cuisine. Le scoop de la semaine c'est Greenpeace Japan portant plainte contre 12 membres d'équipage du Nisshin-maru, navire-usine de la flotte de recherche japonaise sur les cétacés qui est rentrée d'Antarctique le mois dernier, pour traffic de viande de baleine. Pour prouver cela, des membres de l'ONG ont subtilisé un colis dans un entrepôt d'une société de transport à Aomori, dans le nord de l'île principale de Honshû.
L'Agence des pêches japonaise a demandé à la société Kyôdô Senpaku à laquelle appartiennent les 12 membres d'équipage de mener une enquête sur cette affaire. Cette dernière aurait cependant declaré qu'il était de coutume d'offrir aux membres d'équipage de la viande de baleine gratuitement en remerciement de leurs efforts. En fait, cette pratique existe depuis longtemps puisque bien avant la mise en place du moratoire, les employés des sociétés baleinières recevaient de la viande de baleine qu'ils offraient ensuite à des proches ou amis en échange de dons sous forme d'alcool. Cette coutume permettait de lier les baleiniers à leurs communautés.
Toutefois, il est possible que des membres d'équipage aient profité de ce système pour vendre de la viande de baleine au marché noir. Dans ce cas là, les responsables devront être punis. Cela souligne aussi l'effet néfaste du moratoire qui crée une demande plus forte que l'offre. Si la chasse commerciale à la baleine était réautorisée, cela empêcherait les fraudes.
Greenpeace Japan risque d'avoir des ennuis du fait de la façon dont ils se sont emparés de leur "pièce à conviction". Ils sont en effet entrés par effraction dans l'entrepôt de la société de transport Seinô et ont subtilisé l'un des colis après l'avoir ouvert. L'un de leurs responsables aurait même reconnu avoir goûté de la viande de baleine pour vérifier. Ceci s'apparente à du vol et la société Seinô a porté plainte auprès de la police. Greenpeace Japan considère que ce n'est pas du vol car leur but était d'obtenir une preuve, mais plusieurs juristes japonais ont déclarés que cet acte n'était pas légal. Affaire à suivre.
("Greenpeace" et "petits pois" se disent de la même manière en japonais : guriinpiisu グリーンピース)..lire la suite>>
mercredi, mars 12, 2008
Gastronomie baleinière
Ayant évoqué la consommation de viande de baleine obtenue lors des programmes de recherche japonais sur les cétacés, je voudrais cette fois présenter de façon simple et non exhaustive la cuisine baleinière japonaise. Cette cuisine est très diversifiée, non seulement du fait des diffèrentes espèces de cétacés capturés (pour la recherche ou commercialement), mais aussi du fait des différentes parties de leur anatomie qui sont quasiment toutes consommées. Sauf précision, les descriptions concernent les baleinoptères, en particulier le rorqual de Minke (balaenoptera acutorostrata/bonaerensis), l’espèce la plus chassée.
La cuisine baleinière japonaise utilise quasiment la plupart des parties du corps des baleines, lesquelles portent souvent des noms particuliers hérités de la période d’Edo. En voici quelques-uns (voir également image).
akaniku 赤肉 - chair présente dans la plupart du corps
honkawa 本皮 - lard sous-cutané
koro コロ - lard de l’aileron dorsal
kanoko 鹿の子 - chair marbré de gras située à la base de la mâchoire
abura-sunoko 脂須の子 - chair située à la base des nageoires pectorales
onomi 尾の身 - chair de la queue
unesu 畝須 - lard et chair des sillons longitudinaux
saezuri さえずり - langue
oba 尾羽 - lard de la nageoire caudale
hyakuhiro 百尋 - petit intestin
hyakujô 百畳 - panse
mamewata 豆腸 - reins
takeri たけり - pénis
suji 筋 - tendons
kabura-bone かぶら骨 - cartilage du crâne
Toutes ces parties du corps des baleines peuvent être préparées de diverses façons, avec souvent des spécialités locales telles que le tare タレ, spécialité du sud de la péninsule de Bôsô (département de Chiba) préparée en faisant sécher au soleil de la viande de baleine à bec de baird. Voici quelques exemples de plats (voir également vidéo).
sashimi 刺身 - viande ou lard servis crus ; le onomi est la partie la plus appréciée en sashimi.
bacon ベーコン - unesu transformé et coupé en tranches fines, facilement reconnaissable à ses couleurs blanc et rouge.
obake 尾羽毛 / sarashi kujira さらし鯨 - gras de la nageoire caudale tranché finement et bouilli.
hyakuhiro no nanbanzuke 百尋の南蛮漬け - intestin de baleine frit avec légumes marinés.
saezuri no fukume-ni さえずりの含め煮 - langue de baleine bouillie avec des légumes.
kujira-jiru くじら汁 - consommé de légumes avec lard de baleine finement tranché.
harihari nabe ハリハリ鍋 - plat de viande de baleine frite et de légumes mijotés ; spécialité d'Ôsaka
kujira motsu nabe 鯨もつ鍋 - plat de trippes (intestin, panse, langue, tendons, lard) de baleines et de légumes mijotés.
kujira tatsuta-age 鯨竜田揚げ - viande de baleine marinée et panée à la fécule puis frite.
kujira kushi-katsu 鯨串カツ - brochettes de viande de baleine panée.
kujira katsu-karê 鯨カツカレー - curry de baleine avec viande baleine et riz blanc.
matsuura-zuke 松浦漬け - cartilage du crâne (katsura-bone) conservé dans la lie de saké (sake-kasu 酒粕) ; spécialité de Yobuko (département de Saga).
Il existe bien sûr de nombreuses autres recettes telles que les sushi ou les hamburgers de baleine, mais les recenser et les énumérer toutes est une tâche assez hardue. Les photos de la vidéo ont été généreusement mises à disposition par le patron du restaurant Yûshin où a été initiée la recette du motsu nabe. Une autre vidéo est également disponible sur Youtube :
Pour ceux d'entre vous que ça intéresse, le site kujira portal site a une liste de restaurants servant de la baleine classés par régions.
Pour conclure, je voudrais revenir sur les déclarations faites par les opposants à la chasse baleinière quant aux risques de santé que constituent la consommation de viande de baleine. Une enquête menée en 2003 par le ministère japonais du Travail et de la Santé démontre que certains produits issus des cétacés contenaient des proportions de métaux lourds (mercure) et de produits chimiques (PCB, etc.) supérieurs aux seuils de sécurité. C’est particulièrement le cas pour le gras et les organes (particulièrement le foie) des odontocètes (cétacés à dents : dauphins, globicéphales, etc.). Toutefois, aucun problème n’est à relever pour les rorquals de Minke, notamment ceux chassés dans l’Antarctique qui constituent la majorité de la viande disponible sur le marché.
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Libellés : consommation de viande de baleine, vidéo
mercredi, mars 05, 2008
La viande de baleine, un aliment écologique
L'association pro-baleinière norvégienne High North Alliance (HNA) a démontré dans une étude sur les émission de gaz à effet de serre générés par la production de différents types de viande que la consommation de viande de baleine était plus écologique que celle d'autres viandes.
L'étude de HNA se base sur l'utilisation de carburant par les navires baleiniers norvégiens, concluant qu'un kilo de viande de baleine ne produit que 1,9 kg de gaz à effet de serre contre 15,8 kg pour le bœuf, 6,4 kg pour le porc et 4,6 kg pour le poulet. "Les émissions de gaz à effet de serre causées par un plat de viande de bœuf sont équivalentes aux émissions causées par huit plats de viande de baleine", explique Rune Frovik, le secrétaire de l'association.
Les poissons et les fruits de mer auraient une "empreinte carbone" comparable à la viande de baleine avec des émissions relativement faibles. L'ONG Greenpeace a répondu à cette étude en affirmant que "la menace d’extinction de ces espèces de baleines était encore trop importante pour qu’on puisse se permettre de les chasser". Il faut cependant souligner que le rorqual de Minke (balaenoptera acutorostrata) que les pêcheurs chassent au large des côtes norvégiennes ne sont pas du tout menacés d'extinction.
Les nations baleinières que sont la Norvège, l'Islande et le Japon ne désirent aucunement exterminer les différentes espèces de baleine, mais pouvoir conduire la chasse baleinière de manière durable et contrôlée dans le cadre de la CBI...lire la suite>>
dimanche, février 03, 2008
Lock, Stock et viande de baleine
Certains opposants à la chasse à la baleine prétendent depuis quelques années que les stocks de viande de baleine sont en augmentation, démontrant le dédain des consommateurs pour ce produit au Japon. Ces déclarations se basent uniquement sur le volume total de viande de baleine et ignorent complètement les mouvements des stocks. Grâce aux données fournies (format pdf ; excel) tous les mois par le ministère japonais de l’Agriculture, des Pêches et des Forêts et aux graphiques que David@Tokyo a généreusement mis à ma disposition, je suis en mesure de démontrer que les déclarations en question sont sans fondement.
Avant d’entrer dans le détail, il est important de rappeler d’où provient la viande de baleine. L’Institut japonais de recherche sur les cétacés (ICR) est mandaté par le gouvernement japonais pour conduire des programmes de recherche sur les populations de cétacés dans le Pacifique Nord-ouest (JARPN et JARPN2) et dans l’Antarctique (JARPA et JARPA2). Les termes (article VIII) de la Convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine, texte fondateur de la Commission baleinière internationale (CBI), précisent que "toute baleine capturée dans le cadre de ces permis spéciaux devra autant que faire se peut, être exploitée et les produits ainsi obtenus devront être traités conformément aux directives émises par le gouvernement signataire qui a accordé le permis". Cela signifie que la vente de la viande de baleine obtenue lors de ces programmes de recherche est tout à fait légale. Les bénéfices ainsi générés vont exclusivement au financement des prochaines campagnes de chasse scientifique ; l’Etat japonais ne tire aucun profit de la chasse à la baleine.
Disposant des données pour les années 2004 à 2007, voici le détail des baleines capturées lors des programmes de recherche japonais correspondant à cette période.
JARPN2 – Pacifique Nord-ouest, mi-mai/juin à mi-août/septembre (environ trois mois) :
JARPA (jusqu’ en 2004/2005) – Antarctique, fin novembre/début décembre à début mars (environ trois mois) :
JARPA2 (à partir de 2005/2006) – Antarctique, début décembre à mi-mars (environ cent jours) :
Il est important de prendre en compte les périodes de ces programmes pour comprendre les mouvements des stocks de viande de baleine. Les mois d’avril et d’août/septembre marquent le retour des navires au Japon et donc l’arrivage de la viande de baleine issue des programmes JARPA/JARPA2 et JARPN2. En outre, il faut noter que le programme JARPA2 marque également une augmentation importante de la quantité de viande obtenue du fait du doublement du quota de rorquals de Minke capturés et l’introduction d’un quota pour le rorqual commun, second plus grand cétacé par la taille. Par ailleurs, la campagne 2006/2007 a été marquée par un incendie à bord du Nisshinmaru qui a provoqué la mort d’un membre d’équipage et forcé le retour de la flotte au Japon à la mi-février.
Commençons par l’entrée de viande dans les stocks. Voici deux graphiques, l’un montrant le volume cumulé et l’autre le volume entrant tous les mois.

S’il ne devait pas y avoir de consommation de viande de baleine, le volume total des stocks de viande de baleine devraient être croissant et son évolution devrait ressembler au graphique de gauche. A noter, que le volume annuel de viande de baleine est passé d’environ 6000 tonnes en 2004/2005 à près de 9000 tonnes en 2006, notamment du fait du nouveau programme JARPA2. L’année 2007 n’est vraiment représentative du fait de l’incendie qui a interrompu le programme de recherche en Antarctique (seuls 505 rorquals de Minke antarctiques et 3 rorquals communs ont été capturés cette année-là).
Comme vous pouvez le voir sur le graphique de droite, la quantité de viande de baleine stockée fait généralement un bon aux mois d’avril et août/septembre. Par conséquent, en fonction du mois sur lequel on se base, on peut donner une image assez différente de la consommation de viande baleine au Japon.
Passons maintenant aux sorties de stocks. Voici deux autres graphiques, l’un montrant le volume cumulé et l’autre le volume mensuel de viande sortant du stock.

On peut constater facilement que le graphique de gauche ressemble beaucoup à celui présenté à celui présenté un peu plus haut. Autrement dit, la quantité de viande de baleine sortant des stocks est croissante au cours de l’année. De même, cette quantité est croissante entre 2004 et 2006, passant d’environ 4900 tonnes en 2004 à quelques 5900 tonnes en 2005 et un peu plus de 8500 tonnes en 2006. Bien que les chiffres de décembre 2007 ne soient pas encore disponibles, on peut estimer que total de cette année sera à peu près égal à celui de 2006.
Le graphique de droite permet de remarquer qu’il y a un pique de consommation en été, aux alentours du mois de juillet. Personnellement, je ne sais pas à quoi cela correspond, mais j’essaierai de me renseigner. De même, la période de fin/début d’année est marquée par des sorties de stocks un peu plus importantes que les autres mois. Ceci est probablement dû à la coutume de consommer de la baleine à cette période dans certaines régions du Japon.
Si l’on compare les mouvements des stocks, cela nous donne le graphique suivant.
On constate aisément que les quantités de viande de baleine entrant et sortant des stocks sont relativement similaire d’année en année. Cela signifie que la demande et l’offre sont plus ou moins identiques. On expliquer ceci par le fait que les programmes de recherche japonais sur les cétacés ne sont pas conduit dans un but commercial. Un récent article du quotidien Asahi fait état d’une baisse d’environ 20% des prix de la viande de baleine en 2006 suite à l’augmentation du quota en Antarctique (JARPA2). Ceci est dû au fait que la vente de la viande de baleine obtenue lors de la recherche scientifique japonaise à principalement d’en couvrir les frais. Selon le même quotidien, le montant total de la vente est d’environ 5,5 milliards de Yen (environ 36 millions d’Euros).
Une partie de la viande de baleine est vendue aux communautés locales qui la servent lors de repas scolaires. Selon le quotidien Mainichi, cette vente se fait au tiers du prix habituel et représentait 160 tonnes l’année dernière, soit une quantité infime. De la viande de baleine est également distribuée gratuitement lors de fêtes ou autres événements ponctuels, mais là aussi, il s’agit de quantité assez insignifiante par rapport à la demande privée.
Concernant la consommation de viande de baleine au Japon, il est également important de prendre en compte que les habitudes alimentaires japonaises diffèrent beaucoup en fonction des régions. Autrement dit, la consommation de produits baleiniers à Tokyo n’est pas représentative du reste du pays. La cuisine baleinière japonaise est bien plus répandue dans l’Ouest et le Nord de l’archipel en général et dans les régions où la chasse à la baleine est ou a été pratiquée. D’ailleurs, les chiffres des stocks présentés ici concernent plusieurs entrepôts frigorifiques de diverses régions. Les plus importants sont ceux d’Ishinomaki (département de Miyagi), Tokyo, Kushiro (département de Hokkaidô), Ôsaka, Hakodate (Hokkaidô), Shimonoseki (département de Yamaguchi), Nagasaki, etc.
Il faut également garder en mémoire que le moratoire sur la chasse commerciale à la baleine adopté par la CBI en 1982 et entrée en vigueur au Japon en 1988 a forcément eu un effet important sur le marché de la viande de baleine au Japon. Avant 1988, les baleiniers nippons capturaient environ 2700 baleines (principalement des rorquals de Minke antarctiques) et achetaient également de la viande de baleine à l’URSS. La consommation de produits baleiniers était donc bien plus importante que maintenant.
Pour conclure, on peut dire que les déclarations de certains opposants à la chasse à la baleine selon lesquelles les Japonais ne veulent pas de la viande de baleine et que les stocks continuent d’augmenter sont fausses. La situation actuelle est celle d’un marché contrôlé du fait d’une activité à but non commerciale, la recherche sur les cétacés. A la fin novembre 2007, le volume total de viande de baleine stocké était de 3510 tonnes. Il sera bien moindre à la fin du mois de mars, juste avant que la flotte japonaise rentrera de l’Antarctique...lire la suite>>
