lundi, juin 23, 2008

60e réunion plénière de la Commission baleinière internationale - introduction

La 60e réunion plénière de la Commission baleinière internationale (CBI) organisée à Santiago du Chili doit débuter aujourd'hui à 10 heures, heure locale (16h en France, 23h au Japon). Les débats seront intégralement diffusé (en anglais, français, espagnol ou japonais en fonction de la langue de l'intervenant) sur internet grâce au site Kujira Portal (cliquer ici pour accéder directement à la vidéo). Si la question de la chasse à la baleine vous intéresse, je vous invite à suivre les discussions de la CBI.

Cette 60e réunion est placée sous le signe de la réconciliation entre les deux blocs qui s'opposent au sein de la CBI. L'actuel président de la commission, l'Américain William Hogarth s'est donné pour mission durant son mandat qui prendra fin à l'issue de la 61e réunion, de remettre la CBI dans le droit chemin, la division actuelle l'empêchant d'adopter la moindre mesure de gestion du fait qu'aucun des deux camps en présence n'est capable d'obtenir la majorité des trois quarts nécessaire à cela.

Pour ce faire, une réunion intermédiaire avait été organisée au mois de mars dernier pour trouver des moyens de rétablir le dialogue. A cet effet, des spécialistes en négociations internationales tels que le Professeur Calestous Juma de la Harvard Kennedy School avaient été invités en tant que conseillers. A l'issue de cette réunion intermédiaire, une série de suggestions avaient été faites pour permettre de rétablir le dialogue telles que faire des efforts pour prendre des décisions par consensus, réduire l'usage du vote, créer de petits groupes de négociations, etc.

La situation actuelle de la CBI qui dure depuis l'adoption du moratoire sur la chasse commerciale à la baleine en 1982, n'est en aucun cas favorable aux deux camps. La chasse à la baleine continue d'être pratiquée en dehors du contrôle de la CBI. En outre, le Japon menace de quitter la commission si cette dernière ne peut pas remplir son mandat qu'est la conservation des espèces de baleines et la gestion de la chasse. Selon Kyodo News (et Bloomberg), a la différence des années précédentes, il a désormais fixé un ultimatum, n'écartant pas la possibilité de quitter la CBI ou de reprendre unilatéralement la chasse commerciale si aucun progrès ne devait être fait d'ici la fin de la 61 réunion qui doit se tenir à Madeira au Portugal. Cela dépendrait de la création d'un groupe de travail sur la chasse côtière au Japon.

Toutefois, les récentes déclarations de pays opposés à la chasse à la baleine tels que l'Australie, la Nouvelle Zélande ou l'EU laissent plutôt penser qu'aucune avancée ne sera faite lors des discussions de la CBI cette année. En fait, le Brésil, l'Argentine et d'autres pays sud-américains semblent préparer une proposition de sanctuaire baleinier dans l'Atlantique sud. Cette proposition inutile (aucune chasse à la baleine n'est pratiquée dans cette partie du monde) devrait à coup sûr démontrer la volonté des pays anti-baleiniers de continuer de détourner la CBI de son mandat et donc nuire aux efforts du président Hogarth.

A ce sujet, je vous invite à lire la tribune d'Eugène Lapointe, ancien secrétaire général de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction) et actuel président de l'IWMC World Conservation Trust. Son analyse me semble pertinente. Ce documentaire donne aussi un bon aperçu de la situation de la Commission baleinière internationale. Vous pouvez également consulter les documents de la CBI, dont l'agenda de la réunion, ici.
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samedi, juin 21, 2008

グリーンシーフ逮捕祝い!

Pour célébrer l'arrestation de deux membres d'ONG pseudo-écologique pour vol, je me suis préparé un plat de bacon de baleine et de petits pois. Voilà ce que ça donnait en japonais :



Et dans la langue de Shakespeare :



Je tiens à préciser que tous les aliments ont été consommés et qu'il n'y a pas eu de gâchis. De même, le bacon de baleine a été acheté et pas volé. :)
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vendredi, juin 20, 2008

Petits pois et bacon de baleine - épilogue

Le scoop de la journée, c'est l'arrestation ce matin de deux membres de Greenpeace Japan par la police japonaise pour suspicion de vol. Cette information est reprise en boucle à la télévision depuis ce matin. Les deux activistes de Greenpeace arrêté sont Jun.ichi Satô et Tohru Suzuki. La police conduit des perquisitions aux domiciles des deux suspects et dans les bureaux de Greenpeace Japan depuis la matinée.

Ces arrestations ont été effectuées dans le cadre de l'enquête menée par la police du département d'Aomori sur le vol d'un colis dans un dépôt de la compagnie de transport Seinô le 16 avril 2008. Ce colis a été subtilisé par des membres de Greenpeace Japan pour obtenir une preuvre à conviction quant à un soi-disant détournement et traffic de viande de baleine organisés par des membres d'équipage du Nisshin-maru, le navire-usine appartenant à la flotte ayant pris part au programme japonais de recherche sur les cétacés en Antarctique.

Greenpeace Japan a porté plainte contre 12 membres d'équipage du Nisshin-maru pour ce qu'il considère être un détournement et traffic de viande de baleine auprès du parquet de Tokyo, après avoir tenu une conférence de presse le 15 mai dernier lors de laquelle ils ont présenté le colis subtilisé et contenant 23,5 kilos de bacon de baleine (unesu). Le parquet de Tokyo a reçu la plainte de Greenpeace et commencé l'enquête le 20 mai. Dans le même temps, les médias japonais ont vivement critiqué la manière de laquelle des membres de Greenpeace Japan ont obtenu leur preuve, cela s'apparentant à du vol. L'ONG a rétorqué qu'il s'agissait là du seul moyen d'obtenir une preuve et qu'il ne s'agit donc pas de vol. Le même jour, la compagnie de transport Seinô a porté plainte auprès de la police d'Aomori pour le vol du colis.

A l'occasion de sa conférence de presse du 15 mai, Greenpeace a émis un rapport (en japonais et anglais) dénonçant le soi-disant détournement-traffic de viande de baleine. Selon ce rapport, un informateur, anciennement employé de la compagnie Kyôdô Sempaku à laquelle le Nisshin-maru appartient, donne le détail de ce traffic. Il me semble intéressant de se pencher un peu sur ce rapport.

Tout d'abord, il y a une différence entre les versions japonaise et anglaise, cette dernière étant plus courte de deux pages. Il pourraît s'agir d'un problème de langue (l'anglais prenant moins de place que le japonais), mais après examen détaillé du rapport, j'ai constaté que l'interview de l'ancien employé de Kyôdô Senpaku avait été abbrégée en anglais. On compte en effet 79 séries de questions-réponses en japonais, contre seulement 29 en anglais. J'ai demandé à un membre de Greenpeace s'il y avait une raison à cette omission. Il m'a répondu que non, qu'il s'agissait d'un choix des personnes ayant préparé le rapport.

L'information manquante en anglais est pourtant intéressante. En effet, face aux accusations de Greenpeace, la compagnie maritime Kyôdô Senpaku a déclaré qu'il était de coutume d'offrir de la viande de baleine à l'ensemble des membres d'équipage qui passent cinq mois en mer, dans un environnement hostile et loin de leurs familles. Ce fait est confirmé par l'informateur de Greenpeace. Voici le passage correspondant, suivi d'une traduction personnelle français :

調:先ほどその、個人で持ち帰られるっていう肉があるっておっしゃいましたけど、その中に「お土産」もあるということを聞いたことがあるんですけども。
Q: Vous avez dit tout à l'heure qu'il y avait de la chair [de baleine] que chacun ramène chez soi, mais j'ai également entendu dire qu'il y avait également des "cadeaux".
情:はい。あの、船側である程度お土産はくれますね。それは、赤肉1キロブロックが6個くらい、あと畝須の塩漬けが5キロくらいですね。それはお土産でくれますね。あと、個人で買うものもあります。だいたい1人最低4キロ、1キロブロック4個くらいは買いますね。
R: Oui. La compagnie maritime (NDT: Kyôdô Senpaku) nous offre des cadeaux dans une certaine mesure. C'est environ 6 blocs d'un kilo de viande rouge et aussi environ 5 kilos de bacon de baleine. Ensuite, on peut aussi en acheter personnellement. On achète environ 4 kilos par personnes au moins, soit 4 blocs d'un kilo.

調:それは、具体的に買うというのはどういう風に?現金で払って買う?
Q: Vous achetez ça comment exactement ? En payant en liquide ?
情:いえ。給料引きですね。
R: Non. C'est déduit du salaire.

調:後々、給料から…ですか?
Q: Déduit ensuite du salaire ?
情:そうですね。給料から引かれます。
R: Oui. C'est déduit du salaire.

調:それらはどのようにして個人宅に配達されるんでしょうか?
Comment tout ceci est-il envoyé au domicile de chacun ?
情:そのお土産品ですか?
R: Les cadeaux?

調:はい。
Q: Oui.
情:冷凍品はみんな宅急便ですね。
R: Les produits congelés sont tous envoyés par colis express.

調:クール宅急便?
Q: Par colis express réfrigérés ?
情:クール宅急便ですね。冷凍品は。
R: Oui, par colis express réfrigéré, pour les produits congelés.


Ce que je déduis de ce passage, c'est que la compagnie Kyôdô Senpaku offre effectivement de la viande de baleine congelée et du bacon de baleine (conservé dans le sel) à ses employés en remerciement de leurs efforts comme elle l'a annoncé dans un de ses communiqués de presse. Il se trouve que Greenpeace a découvert 23,5 kilos de bacon de baleine conservé dans le sel dans le colis qu'il a dérobé dans le dépôt d'Aomori. Les aliments conservé dans le sel ne nécessitant pas forcément d'être congelé. En outre, l'employé qui a envoyé ce colis à destination de son domicile à Hokkaidô a expliqué avoir reçu les parts de trois de ses collègues. J'ai demandé aujourd'hui, lors d'une conférence de presse, au secrétaire général de Greenpeace Japan, Jun Hoshikawa si le colis qui a été subtilisé par les deux activistes arrêtés ne pouvait pas correspondre aux "cadeaux" dont il est fait mention dans le rapport de Greenpeace. Il m'a répondu que non.

Une autre chose qui m'interpelle dans le rapport de Greenpeace, c'est la quantité de viande de baleine qui serait détournée. D'après leur informateur, entre 120 à 130 membres d'équipage du Nisshin-maru emporteraient chacun de 200 à 300 kilos de viande de baleine. Ca fait entre 24 et 39 tonnes en tout! Je ne sais pas où ils mettent tout ça, mais les chambres du Nisshin-maru ne permettent certainement pas de cacher 200 kilos de chair de baleine. En outre, si on considère qu'un colis contient en moyenne 25 kilos, Greenpeace aurait dû observer entre 960 et 1.560 colis. Seuls 47 colis ont été constatés lors du retour du Nisshin-maru au port de Tokyo, le 15 avril 2008.

J'ai fait remarquer cette différence à M. Hoshikawa, mais sa seule explication a été que cette année, la flotte n'ayant pu prélever que 551 rorquals de Minke, il devait y avoir moins de viande de baleine détournée. Certes, mais 551 rorquals de Minke représentant environ la moitié de ce qui était prévu, il y aurait dû y avoir entre 480 et 780 colis contenant la soi-disante viande détournée. On est encore loin du compte.

Selon le quotidien Nikkei Shinbun, le parquet de Tokyo a annoncé aujourd'hui avoir annulé les plaintes contre les 12 membres d'équipage du Nisshin-maru en l'absence d'éléments à charge. Cette annonce vient clore cette affaire en ce qui concerne les baleiniers japonais, mais ce n'est que le début pour Greenpeace. La police japonaise enquête actuellement sur l'organisation du vol commis à l'encontre du dépôt de la compagnie Seinô à Aomori. Greenpeace pourrait aussi se voir accuser de diffamation. Autrement dit, les "petits pois" sont cuits. Il est sans doute temps que cette ONG se détache de la question de la chasse à la baleine et se préoccupe de sujets plus importants sur le plan écologique. En tout cas, ils ont perdu le peu de crédibilité qu'ils avaient au Japon...lire la suite>>

jeudi, juin 19, 2008

La tradition religieuse des « chrétiens cachés » préservée sur l’île d’Ikitsuki

J'avais déjà évoqué les chrétiens cachés (kakure kirishitan 隠れ切支丹) d'Ikitsuki lorsque j'avais présenté la traduction d'un article sur l'œuvre "Kujiragami". Le site FujiSankei a récemment publié un article sur un office religieux tenu par des descendants des chrétiens cachés et lors duquel il était de coutume d'offrir de la viande de baleine bouillie. Cela permet d'envisager un peu mieux la relation entre les chrétiens cachés et le kujiragumi du clan Masutomi. Voici une traduction de cet article.

La tradition religieuse des « chrétiens cachés » préservée sur l’île d’Ikitsuki
FujiSankei, le 18 juin 2008

Dans une petite et sombre pièce à plancher de bois, cinq hommes vêtus de kimonos entonnent une sorte d’incantation en joignant les mains. "Gururiyôza dômino." Les voix graves résonnent avec la mélodie du chant grégorien hérité des liturgies de l’Eglise catholique romaine. Il s’agit de l’ "oratio", des prières où se mèlent le latin et le portuguais au japonais.

Sur le mur de la pièce voisine est accroché une peinture représentant une femme pure vêtue d’un kimono. Bien qu’elle ressemble avant tout à une Japonaise, il s’agit d’une image de la Vierge que ces hommes appellent une "relique sacrée". Devant sont posés du saké dans une petite coupe et de la viande de baleine bouillie dans une assiette. Ces offrandes flottent dans la lumières des bougies.

Malgré l’interdiction durant la période d’Edo, les "chrétiens cachés" n’ont pas renoncé à leur foi. Sur l’île d’Ikitsuki (commune de Hirado, département de Nagasaki), quelques 500 croyants ayant hérité de ces traditions continuent ces offices environ dix fois par an, plus de 130 ans après la levée de l’interdiction au début de l’ère Meiji.

De la sériole et de la seiche

"Autrefois, il était coutumier de consommer les offrandes après avoir executé l’oratio, mais cette pratique a quasiment disparu," explique avec tristesse Kawasaki Masaichi dont la famille se transmet le rôle d’ "oyaji" chargé de préserver la relique sacrée de génération en génération.

Avec la succession de jours fériés du mois de mai, des touristes sont également venu assister à l’office ce jour-là et l’offrande traditionnelle de viande de baleine bouillie a été faite pour ainsi dire de manière exceptionnelle. "Ces dernières années, il est difficile et coûteux de se procurer de la viande de baleine. Nous utilisons donc souvent du sashimi de poisson comme la sériole ou encore de la seiche pour les offrandes," précise M. Kawasaki.

Le saké et la nourriture des offrandes sont des substituts au vin et au pain qui sont utilisés lors des offices chrétiens comme symboles du sang et du corps de Jésus. Autrefois, on utilisait principalement de la viande de baleine en lieu du pain parce qu’on en trouvait facilement.

La technique de chasse consistant à capturer des baleines à l’aide de filets et de harpons s’est établie sur l’île d’Ikitsuki à partir du deuxième tiers de la période d’Edo. Le clan Masutomi qui y dirigeait un "kujiragumi", une organisation de chasse à la baleine, a prospéré durant 140 ans et bâti son immense fortune en extrayant l’huile de baleine selon une méthode qu’il lui aurait été transmise par les Hollandais.

Les baleines étaient également utilisées efficacement pour la nourriture. La viande était salée et envoyée à Fukuoka, le blanc à Saga, le couteux lard des sillons à Nagasaki où le commerce avec l’étranger était florissant, ... De récentes données indiquent que Nagasaki est encore de nos jours la région où la consommation annuelle de viande de baleine est la plus élevée, mais elle ne dépasse pas 170 grammes par habitant. La quantité de viande de baleine en distribution est a ce point rare.

Accrochages

Le navire de protestation de l’organisation écologiste américaine Sea Shepherd se déplace parallèlement, tout près du Nisshin-maru, le navire usine de la flotte de recherche japonaise. Il se rapproche, ignorant les avertissements répétés en anglais par l’équipage japonais lui ordonnant de garder ses distances.

"Distance cinq mètres. Des bouteilles contenant ce qui semble être de l’acide butyrique viennent d’être lancées. Il y a des blessés." Un garde-côte japonais hausse la voix sur le pont du navire pour faire un rapport de la situation. Il s’agit des accrochages qui se sont produits en Antarctique autour de la chasse à la baleine et dont les images ont été diffusées plusieurs fois lors des journaux télévisés au début de cette année.

La Commission baleinière internationale (CBI) a adopté une interdiction de la chasse commerciale à la baleine en 1982. Bien que la chasse scientifique dont le but est d’éclaircir les paramètres biologiques des baleines ait été approuvée à partir de 1987, l’opposition entre les pays baleiniers comme le Japon et la Norvège et les ONG et nations opposées à la chasse à la baleine tels que les Etats-Unis et le Royaume-Uni ne disparaît pas.

"Ce qui pose problème, c’est que les baleiniers capturent des baleines d’espèces menacées d’extinction sans en connaître le nombre exact. Cette pratique n’a de scientifique que le nom et est en réalité commerciale," commente un responsable des relations publiques de Greenpeace Japan.

De son côté, Okada Hideaki de l’Agence pour la pêche rétorque que, de même que pour les poissons, il est nécessaire de prélever des baleines des espèces dont les populations augmentent. "Il existe au Japon une tradition de manger de la baleine depuis les temps anciens et contrairement aux pays occidentaux, on utilise tout dans la baleine," souligne-t’il.

Produit de la recherche

Les pays qui s’opposent actuellement à la chasse à la baleine la pratiquaient autrefois, rejetant la carcasse après en avoir extrait l’huile. Au Japon, l’utilisation alimentaire était centrale et on pense que les habitants de l’archipel consommaient déjà de la viande de baleine à la période Jômon. A l’époque où la chasse commerciale était la plus active après la Seconde Guerre Mondiale, plus ou moins 200.000 tonnes de viande de baleine circulaient annuellement et on en servait même lors des repas scolaires.

La quantité actuelle de viande de baleine est actuellement d’environ 4000 tonnes (données 2007). La viande de baleine est vendue en tant que "produit" de la chasse scientifique que l’Institut japonais de recherche sur les cétacés (Tokyo) conduit sous mandat de l’Agence japonaise pour la pêche et le volume total distribué ne représente qu’un pourcent de celui du thon. Les recettes servant à couvrir les frais de recherche de l’année suivante, un kilogramme de viande de baleine coûte près de 2000 Yen, soit plus du double du prix du thon obèse (Thunnus obesus).

Le nombre de baleines diffère en fonction des espèces. Bien qu’il y ait des craintes que les baleines bleues disparaissent, la CBI a certifié qu’il y avait près d’un million de rorquals de Minke. Malgré cela, les pays baleiniers et ceux opposés à la chasse à la baleine n’arrivent pas à trouver un terrain d’entente.

Tenace est l’opinion observant la valeur de la baleine comme source de nourriture qui pourrait remplacer les poissons tels que le thon dont les ressources ne suffisent pas du fait de la forte demande internationale due au succès des sushi et sashimi. "Je souhaite que les frictions émotionelles et les actions contre la chasse scientifique cessent et qu’un débat puisse avoir lieu dans le calme." Telle est la prière de M. Kawasaki, héritier des croyances de chrétiens cachés à Ikitsuki.
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samedi, juin 14, 2008

Des baleines, des hommes et la mer - 1

Le moratoire sur la chasse commerciale à la baleine adopté en 1982 par la CBI est entré en vigueur au Japon en 1987/88. Récemment, un utilisateur a posté sur Youtube un reportage réalisé par la télévision japonaise sur la dernière croisière commerciale de chasse à la baleine conduite par le Japon en Antarctique en 1986/87. Ce reportage est très intéressant mais uniquement en Japonais. J'ai donc décidé de le sous-titrer en anglais pour permettre à plus de gens de pouvoir appréhender les conditions de travail des baleiniers et l'attachement des Japonais à cette activité.

Le reportage étant assez long, il a été découpé en sept parties. En voici les deux premières. Elles montrent l'organisation du travail dans la flotte baleinière. Soulignons qu'il s'agit de chasse commerciale. L'organisation des opérations diffèrent de celles de la chasse scientifique que le Japon conduit actuellement en Antarctique. Je posterai les autres vidéos lorsque j'en aurai terminé le sous-titrage.

Des baleines, des hommes et la mer (1/7)


Des baleines, des hommes et la mer (2/7)


A suivre...
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lundi, juin 09, 2008

L'histoire de la chasse à la baleine au Japon - 8

Aujourd'hui, poursuivons notre récit de l'histoire de la chasse à la baleine au Japon. Nous avons précédemment vu le développement de la chasse industrielle côtière, penchons-nous cette fois sur le début de la chasse pélagique.

En 1904, alors que les Japonais réussissent enfin à mettre la main sur les nouvelles techniques de chasse à la baleine, les Norvégiens portent leur regard vers le dernier océan que les baleiniers n’ont pas encore ouvert : l’Océan Antarctique. Cette année-là, le Norvégien Carl Anton Larsen (photo 1) ouvre une station baleinière sur l’île de Géorgie du Sud à l’aide de capitaux d’une société de pêche argentine. Les opérations de chasse à la baleine à partir de cette île vont se développer rapidement, mais des limitations imposées par le Royaume-Uni à qui appartient ce territoire, vont conduire les Norvégiens à mettre au point un plan incliné appelé slipway à l’arrière d’un navire-usine en 1924. Cette invention révolutionne la chasse puisqu’elle donne aux opérations baleinières une totale liberté de mouvement.

Dès lors la chasse à la baleine en Antarctique va connaître un véritable boom avec quelques 30.000 cétacés capturés en 1930-31. Néanmoins, cette forte activité, associée à la crise économique de 1930, va provoquer une chute des prix de l’huile de baleine et conduire les baleiniers à réduire leurs flottes. A cette occasion, en 1934, Nihon Hogei rachète un navire-usine, l’Antarctic, et cinq baleiniers aux Norvégiens. Malgré quelques difficultés - de nombreux baleiniers avaient peur de ne pas être capables de rentrer au Japon, et ceux désireux de s’engager dans la chasse en Antarctique devaient préalablement obtenir l’autorisation de leurs pères -, Nihon Hogei engage quelques techniciens scandinaves et envoie la flotte de ce navire-usine renommé Tonan-maru en Antarctique où elle capturera 213 cétacés en deux mois. Il s’agit là de la première expédition de chasse pélagique japonaise et quelques marins mourront du beri-beri durant celle-ci.

La voie ouverte par Nihon Hogei va permettre le développement de la chasse en Antarctique pour les baleiniers japonais, et ainsi en 1938-39, les trois grandes compagnies armeront six flottes composées de six navires-usines, 49 baleiniers et huit bateaux de transport. L’année suivante, Nissui envoie pour la première fois le Tonan-maru dans le Pacifique nord. Entre 1934 et 1941, les baleiniers japonais captureront un peu plus de 30.000 cétacés en Antarctique, ce qui ne représente qu’environ 12% des prises dans cette zone à la même époque. Il est néanmoins intéressant de se pencher sur les raisons qui ont permis ce développement très rapide de la chasse pélagique.

En effet, les campagnes de chasse à la baleine en Antarctique ont été dès le début appuyées par l’Etat et surtout par l’armée japonaise. Ainsi, considérant l’intérêt stratégique et militaire que peuvent constituer ces bateaux, la marine impériale a soutenu la fabrication des navires-usines japonais. Par ailleurs, lors des expéditions de chasse en Antarctique entre 1934 et 1941, les baleiniers japonais ont rejeté en grande partie la viande des cétacés, et ont concentré leurs efforts sur la production d’huile de baleine destinée à être vendue sur le marché européen et ainsi à apporter des devises qui serviront à l’expansion militaire nipponne. Durant la Seconde Guerre Mondiale, la totalité des navires-usines et des baleiniers japonais seront réquisitionnés par l’armée, et finalement détruits par les Alliés lors des combats.
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mercredi, juin 04, 2008

Petit point sur l'actualité baleinière avant la 60e réunion de la CBI

La 60e réunion plénière de la Commission baleinière internationale (CBI) aura lieu du 23 au 27 juin prochains à Santiago du Chili. En fait le comité scientifique de la CBI est déjà réuni depuis le 1er juin, et ce jusqu'au 13. C'est généralement durant les semaines qui précèdent la plénière que les pro- et anti-chasse baleinière se lancent dans une confrontation médiatique. Outre les accusations de Greenpeace selon lesquelles des marins du Nisshin-maru détourneraient de la viande de baleine (l'enquête est en cours), voyons quelles ont été les récentes informations relatives à la chasse à la baleine.

Selon le Mainichi shinbun, la composante côtière du programme de recherche japonais sur les cétacés dans le Pacifique nord-ouest (JARPN2) au large du port d'Ishinomaki (département de Miyagi) s'est conclue le 18 mai dernier avec la capture de 60 rorquals de Minke communs (balaenoptera acutorostrata). L'Institut japonais de recherche sur les cétacés (ICR) a rendu public (en japonais) un rapport sur les premiers résultats de ces recherches. Selon le professeur Katô Hidehiro, responsable du programme, la découverte de lançons du Pacifique (Ammodytes personatus) immatures dans les estomacs des rorquals de Minke juvéniles serait une première, ces animaux se nourrissant généralement de lançons adultes.

Le quotidien local Chûgoku shinbun rapporte que le départ de la flotte de recherche du Nisshin-maru pour le Pacifique nord-ouest initialement prévu au 30 mai a été retardé par le suicide d'un membre d'équipage à bord du navire-usine ce jour-là. L'homme aurait à plusieurs reprise fait part à ces collègues d'une maladie chronique qui le faisait souffrir. Les gardes-côtes suivent cette piste.

Le ministère de la pêche islandais a annoncé le 19 mai dernier avoir fixé un quota commercial de 40 rorquals de Minke communs pour ses baleiniers. Ces derniers espéraient un quota de 100 rorquals de Minke ainsi que de quelques rorquals communs, mais le ministère a préféré établir un quota viable économiquement. L'année dernière, l'Islande avait mis un terme à la saison de chasse baleinière de crainte que la viande de baleine ne se vende pas. Cette décision a été critiquée à la fois en Islande, notamment par le ministère de l'Environnement, et à l'étranger par divers pays comme les Etats-Unis qui ont accusé l'Islande de miner les efforts de réconciliation qui sont actuellement faits au sein de la CBI. Etrangement, ces pays n'ont pas critiqué la Norvège lorsqu'elle a établi un quota de plus de 1000 rorquals de Minke plus tôt cette année.

Les deux pays scandinaves mentionnés ci-dessus ont récemment annoncé qu'ils avaient exporté de la viande de baleine à destination du Japon pour la première fois depuis près de 18 ans. Le ministère japonais de l'Agriculture, des pêches et des forêts a déclaré qu'il n'avait pas connaissance de demande d'autorisation d'importation, procédure nécessaire pour importer de la viande de baleine. La cargaison comporterait 60 tonnes de viande de rorquals communs capturés en Islande en 2006. Une fois encore les Etats-Unis ont critiqué la décision des pays baleiniers. Notons également que les journalistes de Reuters ne semblent pas savoir de quoi ils parlent puisqu'ils annoncent que la réunion plénière de la CBI aura lieu en Chine !

Pour finir, la société Kyôdô Senpaku qui affrete les navires baleiniers utilisés lors des programmes de recherche sur les cétacés a rendu public un rapport concernant la consommation annuelle de viande de baleine au Japon. Selon ce rapport, le département de Nagasaki arriverait en tête avec 177,4 grammes par personne, suivi des départements de Miyagi, Saga, Yamaguchi et Fukuoka. La moyenne nationale serait de 50,2 grammes par personne. L'Agence japonaise pour les pêches aurait commenté que ces chiffres démontraient qu'"il existait des régions où la consommation de viande de baleine restait fortement ancrée dans les coutumes." L'ONG Greenpeace déclare de son côté que la consommation est très faible et qu'il n'y a quasiment aucune demande dans l'ensemble du pays.
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vendredi, mai 30, 2008

Le plus grand squelette complet de baleine franche

Aujourd'hui, je me suis rendu sur le campus de Shinagawa de l'Université de sciences et technologies marines de Tôkyô (Tôkyô kaiyô daigaku 東京海洋大学). Là se trouve une galerie consacrée au squelette d'une baleine franche du Pacifique nord (Eubalaena japonica). Il s'agit d'un mâle de 17,1 mètres de long pour un poids de 67,2 tonnes (sans les fluides corporels), en faisant le plus grand squelette complet de baleine franche au monde. Il a été capturé le 22 août 1961 au large de l'île Kodiak (Alaska) dans le cadre d'un programme de recherche sur les baleines franches du Pacifique nord conduit par l'Institut japonais de recherche sur les baleines en accord avec l'article 8 de la Convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine.

Le programme a été conduit entre 1956 et 1968, et vu la capture de 13 spécimens. En 1961, trois baleines ont été prélevées avec la coopération de la flotte du Kyokuyô-maru appartenant à la compagnie baleinière Kyokuyô Hogei. Les squelettes de deux des trois baleines ont été offert par l'Institut japonais de recherches sur les baleines à l'Université des pêches de Tôkyô (actuelle Université de sciences et technologies marines de Tôkyô) et au Smithsonian National Museum of Natural History en 1965. L'actuelle galerie où est esposé le squelette a été ouverte en avril 2006 lorsque l'Université de sciences et technologies marines de Tôkyô a changé de statut. Il s'agit d'une annexe du Musée des sciences de la pêche de l'université qui en libre accès au publique.

Pour l'anecdote, dans son livre Kujira wo otte hanseiki 「クジラを追って半世紀」 (Un demi-siècle à la poursuite des baleines), Ohsumi Seiji qui a participé au programme de recherche en 1961, explique que les testicules du mâle exposé sur le campus de Shinagawa pesaient respectivement 520 kg (gauche) et 452 kg (droite). Il précise également que du sperme gouttait du pénis de l'animal, laissant penser que les baleines franches du Pacifique nord se reproduisent aussi en été. Il existe trois espèces de baleines franches : la baleine franche de l’Atlantique Nord (Eubalaena glacialis), la baleine franche australe (Eubalaena australis) et la baleine franche du Pacifique nord. Elles sont protégées depuis 1936, mais seules celles de l'hémisphère sud montrent des signes de recouvrement. Les résultats des recherches conduites par l'Institut japonais de recherche sur les baleines ont été présentés dans un rapport publié en 1969.

Cette galerie est la même que celle visitée par les deux membres du "Whale-love Wagon".
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dimanche, mai 18, 2008

La Convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine - 3

Je vous propose de continuer notre examen de la Convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine (CIRCB), texte fondateur de la Commission baleinière internationale (CBI). Nous avons vu précédemment l'introduction et les deux premiers articles ainsi que les articles 4 et 3. Cette fois, je vous propose une traduction des articles 5, 6 et 7.

Les articles 6 et 7 sont d'importance mineure, mais l'article 5 est probablement le plus important de la Convention puisqu'il régit les règles concernant la chasse telles que les moratoires, sanctuaires, etc. Ces règles sont inscrites dans l'annexe de la Convention appelée ici Réglement ("Schedule" en anglais). Il important de noter les conditions entourant la mise en place de ces règles.

Article 5
1. La Commission pourra, de temps à autres, amender les dispositions du Règlement en adoptant des règles relatives à la conservation et à l’utilisation des ressources baleinières, désignant (a) des espèces protégées et des espèces non protégées ; (b) des saisons durant lesquelles la chasse est ouverte ou fermée ; (c) des eaux où la chasse est permise ou interdite, y compris des zones de sanctuaire ; (d) des limites de tailles pour chaque espèce ; (e) des périodes, des méthodes et l’ampleur de la chasse (y compris le nombre maximal de baleines qui pourra être pris au cours d’une saison) ; (f) des types et spécifications des équipements, appareillages et dispositifs qui pourront être utilisés ; (g) des méthodes de mesure ; et (h) des informations sur les captures et autres rapports statistiques et biologiques.

2. Ces amendements du Réglement (a) seront ceux nécessaires à la mise en œuvre des objectifs et buts de cette Convention et pour permettre la conservation, le développement et l’utilisation optimale des ressources baleinières ; (b) seront basés sur des conclusions scientifiques ; (c) n’induiront pas de restrictions sur le nombre ou la nationalité des navires-usines ou stations terrestres, ni n’alloueront de quotas spécifiques à aucun navire-usine ni aucune station terrestre ni groupe de navires-usines ou de stations terrestres ; et (d) prendront en considération les intérêts des consommateurs de produits baleiniers ainsi que ceux de l’industrie baleinière.

3. Chacun de ses amendements devra prendre effet à l’égard des Gouvernements contractants quatre-vingt-dix jours après sa notification par la Commission à chacun des Gouvernements contractants, excepté que (a) si un Gouvernement présente à la Commission une objection à un amendement avant l’expiration de cette période de quatre-vingt-dix jours, l’amendement ne prendra pas effet à l’égard des Gouvernements contractants pour quatre-vingt-dix jours supplémentaires ; (b) un autre Gouvernement contractant pourra alors présenter une objection à l’amendement avant l’expiration de la période supplémentaire de quatre-vingt-dix jours, ou bien avant trente jours suivant la date de réception de la dernière objection reçue durant cette période supplémentaire de quatre-vingt-dix jours, laquelle des deux dates sera la date à échoir ; et (c) par la suite, l’amendement prendra effet à l’égard de tous les Gouvernements contractants qui n’ont pas présenté d’objection, mais ne prendra pas effet à l’égard de tous Gouvernement qui a ainsi objecté avant la date à échoir et ce tant que l’objection n’aura pas été retirée. La Commission notifiera à chaque Gouvernement contractant chaque objection et retrait immédiatement à sa réception et chaque Gouvernement accusera réception de chaque notification d’amendement, d’objection ou de retrait.

4. Aucun amendement ne prendra effet avant le 1er juillet 1949.

Article 6
La Commission pourra de temps à autres faire des recommandations à l’un, plusieurs ou l’ensemble des Gouvernements contractants sur toutes questions relatifs aux baleines ou à la chasse à la baleine et aux objectifs et buts de cette Convention.

Article 7
Les Gouvernements contractants assureront la prompte transmission au Bureau internationale de statistiques baleinières à Sandefjord en Norvège, ou à tout autre organisme que la Commission pourra désigner, des notifications et informations statistiques ou autres nécessaires à cette Convention selon les formes et la manière préscrites par la Commission.


Nous avions vu qu'une majorité des trois quarts était requise pour qu’une décision puisse être adoptée en vertu de l’article 5 (cf. article 3). L'article 5 précise qu'il faut également que les amendements soient "basés sur des conclusions scientifiques" (§ 2.b) et qu'ils prennent "en considération les intérêts des consommateurs de produits baleiniers ainsi que ceux de l’industrie baleinière" (§ 2.d). Il se trouve que le moratoire et le sanctuaire de l'océan du Sud actuellement en vigueur ne respectent pas ces deux conditions. Je reviendrai sur les circonstances dans lesquelles ces amendements ont été pris une autre fois.

A suivre.....lire la suite>>

vendredi, mai 16, 2008

Petits pois et bacon de baleine

Malgré le titre, il ne s'agit pas d'une recette de cuisine. Le scoop de la semaine c'est Greenpeace Japan portant plainte contre 12 membres d'équipage du Nisshin-maru, navire-usine de la flotte de recherche japonaise sur les cétacés qui est rentrée d'Antarctique le mois dernier, pour traffic de viande de baleine. Pour prouver cela, des membres de l'ONG ont subtilisé un colis dans un entrepôt d'une société de transport à Aomori, dans le nord de l'île principale de Honshû.

L'Agence des pêches japonaise a demandé à la société Kyôdô Senpaku à laquelle appartiennent les 12 membres d'équipage de mener une enquête sur cette affaire. Cette dernière aurait cependant declaré qu'il était de coutume d'offrir aux membres d'équipage de la viande de baleine gratuitement en remerciement de leurs efforts. En fait, cette pratique existe depuis longtemps puisque bien avant la mise en place du moratoire, les employés des sociétés baleinières recevaient de la viande de baleine qu'ils offraient ensuite à des proches ou amis en échange de dons sous forme d'alcool. Cette coutume permettait de lier les baleiniers à leurs communautés.

Toutefois, il est possible que des membres d'équipage aient profité de ce système pour vendre de la viande de baleine au marché noir. Dans ce cas là, les responsables devront être punis. Cela souligne aussi l'effet néfaste du moratoire qui crée une demande plus forte que l'offre. Si la chasse commerciale à la baleine était réautorisée, cela empêcherait les fraudes.

Greenpeace Japan risque d'avoir des ennuis du fait de la façon dont ils se sont emparés de leur "pièce à conviction". Ils sont en effet entrés par effraction dans l'entrepôt de la société de transport Seinô et ont subtilisé l'un des colis après l'avoir ouvert. L'un de leurs responsables aurait même reconnu avoir goûté de la viande de baleine pour vérifier. Ceci s'apparente à du vol et la société Seinô a porté plainte auprès de la police. Greenpeace Japan considère que ce n'est pas du vol car leur but était d'obtenir une preuve, mais plusieurs juristes japonais ont déclarés que cet acte n'était pas légal. Affaire à suivre.

("Greenpeace" et "petits pois" se disent de la même manière en japonais : guriinpiisu グリーンピース)
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mercredi, mai 14, 2008

La nécessité de conduire des recherches sur les cétacés en Antarctique et définition d’une nouvelle chasse à la baleine

Suite à l'opinion de Morishita Jôji, un nouvelle article a été publié dans la rubrique "geiron-tôron" du site Kujira portal. Il s'agit cette fois de l'opinion du Professeur Ohsumi Seiji, cétologue japonais et, jusqu'à l'année dernière, membre de la délégation scientifique japonaise à la Commission baleinière internationale.
Né en 1930, Ohsumi (Kitamura) Seiji a commencé à s'intéresser à la cétologie dans les années 1950 et est titulaire d'un doctorat en biologie obtenu à l'Université de Tokyo en 1958. Il a travaillé pour l'ancien institut de recherche sur les cétacés et d'autres organismes scientifiques, participant à de nombreux travaux et études sur les cétacés, notamment sur les méthodes de détermination de l'âge des cétacés.

La nécessité de conduire des recherches sur les cétacés en Antarctique et définition d’une nouvelle chasse à la baleine
Ohsumi Seiji (conseiller, Institut japonais de recherche sur les cétacés), 10 avril 2008

« Pourquoi le Japon a-t-il besoin de conduire des recherches sur les cétacés jusqu’en Antarctique ? » – C’est une question qui revient souvent, non seulement de la part des organisations opposées à la chasse à la baleine, mais aussi de gens qui s’intéressent sérieusement à ce problème. Pour y répondre, il est d’abord nécessaire de savoir que les mers autour de l’Antarctique sont la réserve mondiale en ressources baleinières.
Ce fait devient évident lorsqu’on additionne les chiffres des statistiques baleinières internationales quant aux nombres de cétacés capturés dans les océans du monde à l’aide de techniques modernes entre 1933 et 1978, époque d’or de la chasse à la baleine malgré la trêve qu’a offert la Seconde Guerre Mondiale.
En tout 1.909.000 baleines ont été capturées, parmi lesquelles 57% dans l’océan Austral, 19% depuis des stations installées sur les côtes de l’hémisphère sud, c’est-à-dire les mêmes ressources que dans l’océan Austral, 22% dans le Pacifique nord et 2% dans l’Atlantique nord. Il est alors clair que les captures effectuées dans l’hémisphère sud représentaient 76% des prises mondiales. Les cétacés de l’hémisphère sud étant plus grands que ceux de l’hémisphère nord, la proportion est d’autant plus importante si on considère la biomasse des baleines capturées.
(Note : biomasse = quantité indiquant en poids ou en énergie la quantité globale des matières organiques existant dans un espace arbitraire)

Au fur et à mesure que les épaisses glaces recouvrant le continent antarctique se déplacent vers la mer, une profusion de sels nutritifs transportés dans l’eau lorsque les glaciers effritent les rochers, et la vive lumière qu’émet le soleil lorsqu’il commence à apparaître au printemps, permettent au phytoplancton de se propager rapidement et au zooplancton tel que le krill qui s’en nourrit de proliférer, rougissant l’océan. A cette saison, les cétacés devenus maigres après avoir élevé leurs petits sans se nourrir dans les mers chaudes migrent en grand nombre vers l’océan Austral en quête d’importante quantité de nourriture. Ils grossissent alors en avalant de grands volumes de nourriture et se préparent à la période de reproduction hivernale.
Ainsi, les mers entourant l’Antarctique qui sont les plus productives en vie marine parmi les océans du monde, étaient autrefois et sont encore de nos jours où les principales ressources baleinières ont recouvré leurs niveaux, la réserve mondiale en cétacés.

On craint de nos jours que les ressources pétrolières ne s’épuisent au cours de ce siècle. Contrairement aux ressources minérales qui, comme le pétrole, diminuent au fur et à mesure qu’on les utilise, les ressources vivantes comme les cétacés sont renouvelables, et si exploitées dans la limite de leur reproductivité, peuvent être utilisées à long terme sans les épuiser. En outre, les ressources minérales peuvent être préservées si on ne les utilisent pas, mais négliger les ressources vivantes en ne les utilisant pas revient à ne pas exploiter le potentiel de renouvellement de la nature et donc à du gâchis.
Les baleines qui sont gigantesques et fournissent de la viande et de la graisse de bonne qualité font partie des ressources vivantes marines. Le moratoire sur la chasse à la baleine que la CBI maintient depuis une vingtaine d’année est une mesure extrêmement illogique et inacceptable d’un point de vue de l’utilisation du potentiel de la nature.

En 1948, la Commission baleinière internationale (CBI) a été établie en tant qu’organe exécutif de la Convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine (CIRCB). A ses débuts, le comité scientifique (CS) dont les travaux de recherche sur les ressources baleinières étaient encore à un stade préliminaire, était dans l’incapacité de fournir des recommandations claires quant aux mesures de gestion des populations de baleines. Pour cette raison, il est certain que la CBI a longtemps maintenu des mesures à courtes vues et que les principales ressources baleinières ont remarquablement diminué.
Cependant, avec le développement des recherches sur les populations de cétacés, le CS a été en mesure de faire des recommandations avec assurance à partir des années 1960. Malgré cela, la CBI a ignoré l’avis du CS et adopté un moratoire sur la chasse à la baleine commerciale en 1982 pour des raisons politiques. La CBI a alors invoqué « le manque de connaissances sur les populations de baleines » comme raison.

Le gouvernement japonais a lancé en 1987 un programme de recherche sur les cétacés dans l’océan Austral pour approfondir les connaissances sur les ressources baleinières et ainsi faire lever le moratoire. Si le Japon cherchait à faire lever le moratoire en limitant ses recherches à ses propres eaux, il ne fait aucun doute que le camp anti-baleinier rétorquerait que le moratoire étant global, il ne peut être levé tant que la situation des cétacés des mers autour de l’Antarctique, réserve mondiale des ressources baleinières, n’a pas été mise au clair.

De nos jours où l’explosion démographique mondiale continue et où le réchauffement planétaire reste une source d’inquiétudes, laissant prévoir une prochaine crise alimentaire mondiale, grandes sont les attentes quant au potentiel de renouvellement des organismes vivant dans les océans qui couvrent trois quarts de la surface terrestre. La nécessité d’utiliser globalement et de façon durable les différents constituants d’un écosystème est désormais signalée.
Dans ce contexte, on ne peut accepter de ne pas utiliser et de négliger les cétacés qui se trouvent au sommet des écosystèmes marins, et la situation internationale rend inévitable de reprendre la chasse à la baleine en Antarctique, réserve en ressources baleinières, en préparation d’une crise alimentaire mondiale.
Par conséquent, le camp anti-baleinier qui essaie de prévenir ceci devrait être dénoncé au nom des peuples qui souffrent de la famine.

Les hommes ont la responsabilité de restaurer l’écosystème de l’océan Austral qu’ils ont eux-mêmes modifié.
Seuls le Japon et l’Union soviétique ont pratiqué la chasse à la baleine en Antarctique jusqu’au bout, mais l’ancien régime soviétique s’étant effondré, le Japon qui conserve les équipements de chasse et de dépeçage ainsi que les des techniciens expérimentés nécessaires à la mise en œuvre de programmes de recherche efficace incluant la capture d’animaux, est l’unique pays capable de conduire des recherches et études pour contrôler les populations de baleines.

Heureusement, le Japon qui désire reprendre la chasse à la baleine joue un rôle important dans l’intérêt international en conduisant actuellement des recherches létales sur les cétacés. Le fait que la CBI soit en mesure de poursuivre son programme international d’observation des cétacés depuis 1978 et de donner des résultats scientifiques est aussi dû à la mise en place par le Japon d’un programme scientifique comportant la capture de spécimens. Sans cela, le Japon serait incapable de fournir d’excellents navires et équipages, et un programme de l’envergure de celui de la CBI n’aurait pas vu le jour.

Nous avons jusqu’à maintenant mûrement réfléchi aux erreurs de la chasse commerciale du passé et pris les mesures nécessaires. La chasse à la baleine qui devrait être autorisée ne sera en aucun cas un retour à la chasse commerciale d’autrefois. Cette nouvelle chasse baleinière sera conduite selon une procédure gérant de manière sûre l’ensemble de l’écosystème marin et utilisera pleinement les baleines pour l’alimentation. Elle devra être une chasse de gestion des ressources conduite en même temps que des programmes de recherche semblables à ceux décrits par l’article VIII de la CIRCB. Si cette nouvelle chasse à la baleine devait commencer, les ressources baleinières de l’océan Austral, réserve mondiale, serait utilisées comme patrimoine commun de l’humanité, et les produits et profits de cette chasse contribueraient grandement à l’amélioration du bien-être des humains.

Voici ce que je propose concrètement concernant la manière dont devrait être conduite cette nouvelle chasse baleinière en Antarctique.
Tout d’abord, l’actuelle CIRCB serait abrogée et une organisation internationale de gestion des ressources baleinières en Antarctique (IAEMO) serait créée. L’organisme scientifique (SSO) qui en dépend calculerait les quotas de chasse pouvant être supportés par les cétacés sur la base de la théorie des écosystèmes et présenterait ses recommandations à l’IAEMO. L’IAEMO déterminerait alors les quotas de chasse par espèces et par stocks sur la base des recommandations du SSO et les mettrait aux enchères entre les pays membres. Les pays ayant obtenus les quotas auraient pour devoir de conduire la chasse à la baleine en Antarctique, et en respect des réglementations établies par l’IAEMO, auraient également pour devoir de conduire les recherches définies par le SSO tout en opérant de façon à exploiter entièrement les carcasses des baleines capturées, et ce principalement pour l’alimentation. L’IAEMO mandaterait et enverrait des inspecteurs internationaux auprès de chaque opérateur baleinier. L’IAEMO utiliserait les fonds recueillis grâce à la mise aux enchères des quotas à la fois pour l’envoi des inspecteurs internationaux et aussi pour le bien-être des hommes comme en soutenant des programmes alimentaires.(...)
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mercredi, mai 07, 2008

Programme de recherche international IDCR/SOWER

J’ai précédemment évoqué le départ d’un bateau japonais, le Shônan-maru No.2 du port de Fremantle (Australie) en décembre dernier pour conduire un programme de recherche sur les cétacés de la CBI. Il me semble nécessaire de préciser un peu en quoi ce programme consiste et quelle est son importance dans les travaux de la Commission baleinière internationale.

En 1972, les Etats-Unis ayant réussi à faire passer une résolution de moratoire de 10 ans sur la chasse à la baleine lors de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement à Stockholm, ils ont fait pour la première fois la même proposition lors de la réunion plénière de la CBI. Toutefois, le comité scientifique de la Commission baleinière internationale a alors jugé que cette proposition de moratoire n’était pas justifié scientifiquement et a donc plutôt recommandé que les pays membres coopèrent à un programme de recherche intensive sur les cétacés de dix ans. La proposition américaine de moratoire fut par conséquent rejetée par la CBI et des discussions quant à un plan de recherche commencèrent.

Cette période correspond également avec le début de la chasse des rorquals de Minke dans l’océan Austral par le Japon (1971/1972) et l’URSS (1972/1973). Il est donc normal que cette espèce, dont les populations n’étaient pas bien connues, se soit retrouvée au centre des discussions. Prenant ces problématiques en considération, le scientifique américain P. B. Best a mis au point un programme de recherche international lors de la réunion de la CBI en 1978. Ce programme fut nommé IDCR (International Decade for Cetacean Research) et soutenu par le gouvernement du Japon.

Le programme IDCR consiste principalement à observer les baleines rencontrées par des navires baleiniers (sans canon lance-harpon) mis à la disposition de la CBI par le Japon (et l’URSS entre 1980/81 et 1986/87) afin d’en évaluer le nombre. Les croisières ont lieu durant l’été austral et successivement dans l’une des six zones définies par la CBI autour du continent antarctique (voir image), en dessous du 60e parallèle Sud. Il faut donc six ans pour en faire le tour, c’est-à-dire pour compléter une croisière circumpolaire (CP). A bord de chaque navire se trouvent l’équipage du pays d’origine et une équipe internationale de chercheurs.

Le programme IDCR a débuté en 1978/1979 et a été renommé programme SOWER (Southern Ocean Whale and Ecosystem Research) en 1996, incluant de nouveaux éléments dont notamment l’observation des baleines bleues. Trois croisières circumpolaires ont déjà été effectuées : CPI (1978/1979 – 1983/1984), CPII (1985/1986 – 1990/1991) et CPIII (1991/1992 – 2004/2005). En 1990, le comité scientifique de la CBI a calculé une estimation des populations de rorquals de Minke dans l’hémisphère sud sur la base des résultats des observations faites lors de l’IDCR/SOWER. L’estimation approximative était d’environ 761.000 animaux (entre 510.000 et 1.140.000 avec un taux de confiance de 95%).

Cependant, comme je l’ai évoqué lors de mon compte-rendu des débats de la 58e réunion plénière de la CBI, le comité scientifique a trouvé une grande différence entre les estimations basées sur la première et la seconde croisières circumpolaires d’une part, et la troisième croisière d’autre part. Les estimations obtenues en combinant deux méthodes de calcul sont respectivement 594.000 (CPI), 769.000 (CPII) et 362.000 (CPIII). Il faut également prendre en compte le fait que les navires du programme IDCR/SOWER ne vont pas au nord du 60e parallèle Sud et ne peuvent pas accéder aux zones au-delà de la banquise autour du continent antarctique. Les observations sont donc négativement biaisée.

Après avoir beaucoup travaillé sur les raisons de cette différence, le comité scientifique de la CBI devrait donner de nouvelles estimations pour les populations de rorquals de Minke antarctiques dans l’hémisphère sud lors de la prochaine réunion si l’on en croit les récentes déclarations d’un quotidien australien. Les opposants déclareront sans doute que le rorqual de Minke antarctique est menacé, mais il ne s’agit aucunement d’une diminution brutale du nombre d’animaux.

En fait, ces écarts montrent une chose. Le programme IDCR/SOWER basé principalement sur l’observation des cétacés ne suffit pas à donner une vision précise de l’état des stocks de baleines. Les programmes japonais JARPA2 (Antarctique) et JARPN2 (Pacifique nord-ouest) permettent d’obtenir bien plus de paramètres biologiques sur les cétacés. A noter que le Japon contribue grandement à la recherche sur les cétacés par le biais des programmes IDCR/SOWER, JARPA2 et JARPN2.
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lundi, mai 05, 2008

L'histoire de la chasse à la baleine au Japon - 7

Les succès de Tôyô Gyogyô vont amener d’autres entrepreneurs à se lancer dans l’industrie baleinière. Ces nouvelles sociétés vont d’abord se tourner vers les anciennes communautés baleinières, profitant de l’existence de savoir-faire et d’une tradition entourant la consommation de produits issus des cétacés. Ainsi, la ville de Taiji qui a essayé à plusieurs reprise de redonner vie à sa tradition de chasse à la baleine après la tragédie de 1878, va accueillir avec ferveur l’installation de bureaux par Tôyô Gyogyô en 1905, bientôt suivie par d’autres sociétés telles que Teikoku Suisan 帝国水産 ou Daitô Gyogyô 大東漁業. En mars 1906, s’intéressant au potentiel qu’offre le littoral faisant face à l’Océan Pacifique, Tôyô Gyogyô ouvre des bases à Chôshi et Tateyama (préfecture de Chiba), ainsi qu’à Ayukawa (Miyagi) qui deviendra plus tard le port de chasse côtière le plus important du Japon.

Cependant, cette fièvre de la chasse à la baleine va avoir des inconvénients. En effet, on compte 12 sociétés et 28 bateaux opérant au Japon en 1908, et cette situation menace directement le prix des produits baleiniers. Pour remédier à ceci, un syndicat de l’industrie baleinière, le Nihon Hogeigyô Suisan Kumiai 日本捕鯨業水産組合, va être fondé en 1908 à l’initiative de Tôyô Gyogyô. L’année suivante, par un ordre du ministère de l’Agriculture et du Commerce est établie la Loi de réglementation de la chasse à la baleine (geigyo torishimari kisoku 鯨漁取締規則) qui rend nécessaire l’obtention de permis de chasse et limite le nombre total de navires à trente. La loi déterminant également les secteurs et les saisons de chasse, ainsi que la taille des cétacés pouvant être capturés, on peut dire qu’il s’agit là des premières mesures visant à réglementer l’industrie baleinière et à protéger les populations de baleines au Japon.

L’effet de cette loi ne se fait pas attendre, et dès 1909, les quatre plus grandes sociétés que sont Tôyô Gyogyô, Nagasaki Hogei 長崎捕鯨, Dainihon Hogei 大日本捕鯨 et Teikoku Suisan fusionnent et absorbent deux autres compagnies (Tôkai Gyogyô 東海漁業 et Taiheiyô Gyogyô 太平洋漁業) pour former Tôyô Hogei 東洋捕鯨. Celle-ci monopolise deux tiers des baleiniers et opère depuis une vingtaine de stations baleinières, ce qui lui permet d’obtenir de très bons résultats dès la première année avec 897 cétacés tués. Bien que la majorité des postes de canonniers sera occupée par des Norvégiens jusqu’au début des années 1920, les méthodes de chasse moderne sont désormais bien assimilées par les compagnies baleinières japonaises et le rayon d’action de ces dernières va considérablement s’étendre.

Ainsi, les secteurs de chasse situés au large du Hokuriku, de Hokkaidô et de Sakhaline sont ouverts entre 1911 et 1915. Cependant, les activités des baleiniers ne seront pas sans créer quelques frictions avec les pêcheurs de ces régions du fait de croyances populaires assimilant les baleines tel qu'en 1911 dans le port de Same (aujourd'hui ville de Hachinohe). Les sociétés baleinières réussiront néanmoins à s’intégrer et à exploiter le très fort potentiel qu’offre le nord de l’archipel nippon. En effet, dès les années 1930, le Hokuriku et Hokkaidô représenteront les trois quarts des prises de cétacés.

Outre le nord, les baleiniers japonais vont également ouvrir les zones de chasse en Mer Jaune (mer située entre la Chine et la péninsule coréenne), au large de la côte ouest de la péninsule coréenne, autour de Taiwan ainsi que dans les îles Ogasawara entre 1915 et 1920. Cette avancée des baleiniers nippons n’est d’ailleurs pas sans relation avec la volonté stratégique du gouvernement japonais d’étendre son influence sur les pays voisins. Il s’agit sans aucun doute de la même politique que celle qui avait permis à Oka Jûrô de créer sa compagnie de chasse à la baleine en 1899.

Avec le début des opérations de chasse dans l’archipel des Kouriles à la fin des années 1920, les baleiniers japonais bénéficient d’un terrain de chasse immense qui s’étend sur plus de 4000 kilomètres du nord au sud. Celui-ci permet de changer de secteur tout au long de l’année, faisant de la chasse à la baleine une activité ne connaissant pas de trêve annuelle. L’été, les compagnies chassent dans le nord, alors que l’hiver, les activités se concentrent dans le sud.

Les baleines ne connaissant pas de répit, il n’est pas étonnant que certaines populations, notamment les rorquals bleus et les rorquals communs, aient commencé à décliner, bien que le nombre moyen de cétacés capturés tous les ans soit resté stable. Le nombre total de navires pouvant opérer sera d’ailleurs réduit en 1934, passant de 30 à 25, mais cette limitation finira par être levée en 1937. Les années 1930 voient l’émergence de trois grandes compagnies baleinières qui détiennent le monopole de la chasse côtière aux grands cétacés (CCGC) : Nihon Suisan 日本水産 (Nissui 日水) qui est issue de la fusion de Nihon Hogei 日本捕鯨 (elle-même issue d’une fusion entre Tôyô Hogei et Nihon Sangyô 日本産業 en 1934) avec une grande compagnie de pêche, Kyôdô Gyogyô 共同漁業 ; Taiyô Hogei 大洋捕鯨 ; et Kyokuyô Hogei 極洋捕鯨.

Cependant, moins de quarante ans après l’introduction des méthodes de chasse norvégienne, le terrain de chasse autour du Japon est devenu trop petit pour l’appétit des baleiniers nippons, et c’est une nouvelle révolution technique qui va donner l’occasion à l’industrie baleinière japonaise de continuer son expansion.

A suivre...
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vendredi, mai 02, 2008

Patrimoine spirituel baleinier de Kayoi

Je me suis récemment rendu dans le port de Kayoi situé sur l'île d'Omijima, dans la ville de Nagato (département de Yamaguchi). Là se trouvent divers vestiges, à la fois tangibles et intangibles, de la chasse à la baleine qui était pratiquée à Kayoi jusqu'à la fin du 19e siècle. J'ai d'ailleurs évoqué les chants baleiniers transmis aux élèves de l'école primaire locale dans un précédent article. Intéressons-nous d'abord à l'histoire de la chasse à la baleine à Kayoi.

Bien avant que la chasse à la baleine ne s'organise, les villages de la région de Kitaura, au nord de la province de Nagato, se disputaient déjà les bénéfices des baleines échouées sur la côte. C'est en 1616 que la chasse à la baleine pratiquée à l'aide de harpons aurait commencé dans la baie de Setozaki (aujourd'hui Senzaki, ville de Nagato). Les bénéfices de cette chasse aurait été taxés par les autorités du fief de Nagato à hauteur de 10% selon un document de 1657. Ce type de chasse a duré jusqu'en 1671, soit 55 ans, avant d'évoluer vers une forme de chasse baleinière utilisant à la fois harpons et filets.

Cette nouvelle technique sera d'abord pratiquée à Setozaki et Kayoi, profitant des particularités géographiques de l'île d'Omijima, à l'aide de filets en cordes de paille. Cependant, ces derniers étant souvent déchirés par les baleines, ils seront remplacés en 1677 par des filets en cordes de chanvre avec le soutien du fief de Nagato. Notons que cette innovation technologique semble s'être faite indépendamment de l'introduction de filets dans la chasse à la baleine à Taiji à la même période.

Cette forme de chasse à la baleine va petit à petit s'étendre à d'autres villages de la région de Kitaura tels que Kawajiri à l'Ouest d'Omijima. Cependant, les kujiragumi vont connaître de plus en plus de difficultés à partir du milieu du 19e siècle, probablement du fait des opérations de nombreux baleiniers occidentaux au large des côtes du Japon à cette époque. Le kujiragumi de Kayoi se voit ainsi forcé d'emprunter de l'argent au fief de Nagato dans les années 1860 pour maintenir ses activités. Bien que ce dernier ait souvent apporté son soutien au kujiragumi de Kayoi, il ne pourra fournir qu'un tiers de l'argent demandé en 1867 du fait de son engagement contre le shogounat pour restituer le pouvoir de l'empereur. Les kujiragumi de la région mettront progressivement un terme à leurs activités dans les années 1890.

L'un des aspects les plus intéressants de la chasse à la baleine au Japon est sa dimension spirituelle, et ceci est particulièrement flagrant à Kayoi. L'influence du bouddhisme, notamment celui de la secte Jôdô-shû y est importante. Le bouddhisme interdit de tuer des animaux, mais reconnaît toutefois la nécessité de se nourrir de la chair de poissons (et de baleines) pour survivre. Pour absoudre ce péché, les gens de Kayoi ont donc commencé à organiser des rituels et à ériger des monuments pour le repos des âmes des baleines et des poissons. C'est ainsi qu'en 1679, le prêtre du temple Kôganji, San.yo Shônin V décide de se retirer de ses fonctions et de s'isoler dans un ermitage appelé Seigetsu-an où il s'adonne à des prières pour le repos des âmes des baleines capturées.

Plus tard, en 1692, il demandera aux dirigeants du kujiragumi d'ériger une tombe en granite, kujira-baka, où seront enterrés les foetus retrouvés dans le ventre de baleines capturées par les gens de Kayoi. Sur la tombe, on peut lire les inscriptions "南無阿弥陀仏 (Namu Amida-butsu)" en prière au Bouddha, et "業尽有情 雖放不生 故宿人天 同証仏果 (Gô-tsukishi ujô hanatsu to iedomo shôsezu, yueni ninten ni yadoshite onajiku butsuka wo shôseshimen)". Cette dernière exprime le regrets des pêcheurs : "Vos vies de baleines se sont terminées en même temps que celles de vos mères par notre faute, mais il n'était pas dans notre but de capturer des foetus. Nous aimerions vous laisser retourner à la mer, mais il vous y serait impossible de survivre seuls. Nous prions pour que vous puissiez, pauvres enfants, obtenir la charité de Bouddha en compagnie des hommes selon nos coutumes, renoncer à la vanité de toutes choses et atteindre l'éveil." La tombe est orientée vers la mer, en direction de l'Ouest, pour permettre aux baleines qui y sont enterrées de contempler l'endroit où elles auraient dû naître et grandir.

Il existe également une tablette funéraire, kujira-ihai 鯨位牌 où figurent les mêmes inscriptions que sur la tombe, et un registre funéraire en quatre volumes dit keigei-kakochô 鯨鯢過去帖 dédié aux baleines où sont inscrits leurs noms posthumes (kaimyô 戒名), la date de leur capture, l'espèce, le nom des pêcheurs. La pratique consistant à donner des noms posthumes était généralement réservée aux hommes. Il s'agit donc là d'un cas rare, si ce n'est unique pour la période d'Edo. Parmi les noms donnés aux baleines, on trouve entre autres "鯨誉大音" ou "正誉鯨覚", le caractère "鯨" signifiant "baleine". Le caractère "誉" est considéré comme le plus digne dans les pratiques de la secte Jôdô-shû. Ceci témoigne du fort sentiment, à la fois de péché et de respect, que les gens de Kayoi ont pour les baleines.

Ces reliques sont conservées au temple Kôganji, situé non loin de la tombe des baleines. Là, un office funéraire dit kujira-ekô 鯨回向 est donné tous les ans pour le repos des âmes des baleines. J'ai pu y assister cette année. La cérémonie a été précédée par des allocutions du prêtre du temple et du maire de la ville de Nagato qui a notamment évoqué les récents incidents en Antarctique et rappelé la nécessité de défendre la culture baleinière du Japon. Les membres de l'Association de préservation des chants baleiniers de Kayoi ont ensuite entonné deux de ces chants, avant que les prières ne commencent. Dans l'enceinte du temple se trouve une statuette de Bodhisattva dite Geigei-gyorin gunrei-jizô 鯨鯢魚鱗群霊地蔵. Elle a été érigée en 1863 par le 13e chef du clan Hayakawa parce que les gens de Kayoi pensaient que la diminution du nombre de baleines s'approchant des côtes était de leur faute.

Plus tard, j'ai eu la chance d'assister à une représentation donnée par l'Association de préservation des chants baleiniers de Kayoi dans la demeure Hayakawa. Cette maison est celle où vivaient les dirigeants (amigashira 網頭) du kujiragumi et enregistrée au patrimoine culturel national japonais en 1974 Les chants eux-mêmes (voir vidéo ci-dessous) sont désignés patrimoine culturel de la ville de Nagato. Notez que ces chants ne sont pas entonnés en tapant des mains, comme il est généralement de coutume pour les chants de célébrations, mais en les frottant, par respect pour les baleines.



On trouve également à Kayoi un petit musée de la chasse à la baleine où sont exposés entre autres 140 harpons et autres outils de chasse utilisés autrefois par les gens du kujiragumi local et désignés comme patrimoine culturel national. Bien qu'il ne parle que japonais, le directeur du musée, M. Fujii fait preuve de beaucoup de passion dans ses explications de la culture baleinière de Kayoi. Je tiens d'ailleurs à le remercier pour sa gentillesse puisqu'il m'a montré tous les lieux relatifs à la baleine dans ce petit port. Bien que la chasse à la baleine ne soit plus pratiquée à Kayoi, tous ces vestiges de cette pratique ancienne me semble former un patrimoine culturel et spirituel important. Tout comme l'indique Kumi Katô dans un article publié dans le International Journal of Cultural Property, l'éthique et la spiritualité en tant que patrimoine culturel intangible peuvent jouer un rôle important dans le débat sur l'utilisation durable des ressources naturelles.
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mardi, avril 22, 2008

La Convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine - 2

Je vous propose de poursuivre notre examen de la Convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine, texte fondateur de la Commission baleinière internationale (CBI). Je vous propose cette fois une traduction des articles 3 et 4 qui définissent la CBI et ses fonctions.

Article 3
1. Les Gouvernements contractants s’engagent à établir une Commission baleinière internationale, ci-après désignée sous le nom de Commission, qui sera composée d’un membre représentant chaque Gouvernement contractant. Chaque membre disposera d’une voix et pourra être accompagné d’un ou de plusieurs experts et conseillers.

2. La Commission élira parmi ses membres un Président et un Vice-président, et fixera son propre réglement intérieur. Les décisions de la Commission seront prises à la majorité simple des membres votants ; toutefois, une majorité des trois quarts sera requise avant qu’une décision puisse être adoptée en vertu de l’article 5. Le règlement intérieur pourra prévoir que des décisions soient prises autrement qu’à des réunions de la Commission.

3. La Commission pourra nommer son propre Secrétaire et son personnel.

4. La Commission pourra constituer parmi ses propres membres, experts et conseillers, tous comités qu’elle jugera utile de créer pour remplir telles fonctions qu’elle pourra autoriser.

5. Les frais de chaque membre de la Commission et des experts et conseillers qui lui sont adjoints seront fixés et payés par son propre Gouvernement.

6. Reconnaissant que des institutions spécialisées reliées aux Nations Unies seront concernées par la conservation et le développement de la chasse à la baleine et des sous-produits qui en résultent, et désirant éviter des duplications de fonctions, les Gouvernements contractants conviennent de procéder à un échange de vues, dans les deux ans qui suivront l’entrée en vigueur de la présente Convention, afin de décider si la Commission doit rentrer dans le cadre d’une institution reliées aux Nations Unies.

7. Dans l’intervalle, le Gouvernement du Royaume-Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord prendra des dispositions, après avoir consulté les autres Gouvernements contractants, pour convoquer la première session de la Convention, et provoquera l’échange de vues visé au paragraphe 6 ci-dessus.

8. Les sessions subséquentes de la Commission seront convoquées au gré de cette dernière.

Article 4
1. La Commission pourra, soit en collaboration avec des organismes indépendants des Gouvernements contractants ou avec d’autres organismes, établissements ou organisations publics ou privés, ou par leur intermédiaire, soit indépendamment ; (a) Encourager, recommander ou, s’il y a lieu, organiser des études et des enquêtes relatives aux baleines et à la chasse à la baleine ; (b) Recueillir et analyser les renseignements statistiques concernant la situation et la tendance courantes des populations de baleines, ainsi que les effets produits sur celles-ci par les activités relatives à sa chasse ; (c) Etudier, évaluer et disséminer des informations concernant les méthodes propres à maintenir et à accroître les populations de baleines.

2. La Commission prendra les dispositions nécessaires pour la publication de rapports sur ses travaux, et pourra publier, indépendamment ou en collaboration avec le Bureau international des statistiques baleinières à Sandefjord, en Norvège, et avec d’autres organisations ou agences, tous rapports qu’elle jugera appropriés, ainsi que tous renseignements statistiques et scientifiques, et toutes autres informations pertinentes relatifs aux baleines et à la chasse baleinière.


Notons tout d'abord que l'article 3 ne précise aucunement la nécessité pour les pays membres de pratiquer la chasse à la baleine pour participer aux travaux de la Commission baleinière internationale. La majorité des membres de la CBI étaient des pays baleiniers dans les premières années, mais petit à petit des nations ne pratiquant pas la chasse à la baleine rejoindront cette organisation, avec un pic notable en 1978 et 1982, juste avant l'adoption du moratoire sur la chasse dite commerciale.

Comme expliqué au paragraphe 4 de l'article 3, la CBI peut créer des comités. On en compte trois, le Comité scientifique, le Comité technique et le Comité administratif et financier. Il y a également plusieurs sous-comités placés sous la tutelle de l'un des trois comités. Le Comité scientifique est probablement le plus important, comptant près de 200 membres qui sont soit nommés par les pays membres ou invités. Le Comité scientifique est notamment chargé d'analyser les données et l'état des populations de baleines, et de conseiller la CBI quant aux décisions relatives à la réglementation de la chasse à la baleine.

La CBI publie régulièrement deux rapports : le Rapport annuel de la CBI (The Annual Reports of the IWC) et le Journal de la recherche et la gestion des cétacés (The Journal of Cetacean Research and Management), tous deux en anglais, langue officielle de la Commission. Le second regroupe des articles prtésentés au Comité scientifique.

La prochaine fois, je présenterai l'article 5 qui définit les règles concernant les décisions sur la gestion de la chasse.

A suivre.....lire la suite>>

jeudi, avril 17, 2008

Retour du Nisshin-maru au Japon - premiers résultats

Le Nisshin-maru, navire-usine de la flotte japonaise ayant participé à un programme de recherche sur les cétacés en Antarctique est rentré au port de Tokyo mardi 15 avril dernier, après cinq mois passé en mer. Le navire devait originalement se rendre au port de Kagoshima, mais des attaques subies par le Nisshin-maru et deux autres bateaux japonais qui ont causé les blessures de 4 membres d'équipage ont modifié les plans pour permettre aux gardes-côtes et à la police de mener une enquête sur ces événements.

L'Institut japonais de recherche sur les cétacés (ICR) qui est chargé par le gouvernement japonais de conduire ces programmes scientifiques, a présenté un premier bilan de l'expédition dans lequel il annonce que seuls 551 rorquals de Minke antarctiques (balaenoptera bonaerensis) ont pu être prélevés sur le quota prévu de 850 rorquals de Minke (+/-10%) et 50 rorquals communs, notamment du fait de l'obstruction de deux ONG anti-baleinières en haute mer. Ce rapport présente également les premiers résultats de ce programmes de recherche. En voici quelques uns.

Fig.1 Zone de recherche JARPA2 2007/2008
(rouge)limite nord-sud, (bleu)banquise



- Le nombre de rorquals de Minke antarctiques observés cette année (926 groupes, soient 1.961 individus) est environ inférieur de moitié à celui du nombre d'observations faites il y a deux ans dans la même zone (1.848 groupes, soient 4.917 individus). Cette différence ne seraient pas due à une diminution du nombre de rorquals de Minke, mais au fait que les baleines à bosse auraient été plus nombreuses (1.433 groupes, soient 2.753 animaux) dans la zone de recherche et à la constitution de la banquise (pack ice) au sud de cette même zone. Cette année, les polynies (zones ouvertes au milieu de la banquise), inaccessibles aux navires, auraient en effet été nombreuses dans la baie Prydz où les rorquals de Minke se regroupent généralement.

- Le programme de recherche japonais a également permis de mettre en avant la relation entre la banquise et la répartition des rorquals de Minke antarctiques, les femelles matures se trouvant plutôt à l'intérieur des polynies alors que les immatures et les mâles se concentrent en bordure de banquise.

Fig.2 Répartition des observations de rorquals de Minke antarctiques


- Les baleines à bosse (megaptera novaeangliae) ont été les baleines les plus observées (1.433 groupes, soient 2.753 animaux), et ce dans l'ensemble de la zone de recherche, continuant d'appuyer l'hypothèse selon laquelle les populations de cette espèce sont en augmentation. Le programme de recherche JARPA2 a pour objectif de mettre au jour les facteurs concernant les changements de répartition et d'interactions entre espèces pour l'alimentation (krill) des rorquals de Minke antarctiques et des baleines à bosse.

Fig.3 Répartition des observations de baleines à bosse


- Le nombre de rorquals communs (60 groupes, soient 172 individus) observés cette année a été très inférieur au nombre d'observations d'il y a deux ans dans la même zone (224 groupes, 936 animaux). Le fait que les navires d'observation (Kyôshin-maru No.2 et Kaikô-maru) aient observé un grand nombre de rorquals communs au nord de 60° Sud laisse penser que cette espèce s'est concentré plus au nord cette année. Le peu d'animaux croisés dans la zone de recherche et les obstructions de deux ONG anti-baleinières ont empêché la capture de 5O individus.

- Le programme JARPA2 comprend également des moyens de recherche dits non létaux (observation, photographie et prélèvement par biopsie), notamment pour les espèces rares comme la baleine bleue ou la baleine franche australe. Le nombre d'individus de ces deux espèces observés dans la zone de recherche est plus important que les années précedentes. (Baleine bleue : 49 groupes, 92 animaux. Baleine franche australe : 75 groupes, 101 animaux)

Fig.4 Répartition des observations de baleines bleues (), rorquals communs (), baleines franches australes () et des cachalots ()


L'ICR a également fait un rapport concernant les attaques et obstructions dont les navires de la flotte de recherche ont fait l'objet. Il précise entre autres que les deux ONG anti-baleinières ont eu connaissance de la position du Nisshin-maru car ce dernier navire s'est vu demander par le Centre australien de coordination (RCC Australia) des secours de participer à la recherche d'un navire de pêche naufragé le 7 janvier 2008, et donc de communiquer ses coordonnées.

(Source figures : ICR)
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